
Carburant de remplacement : le GNV bientôt à la pompe
Des Renault GNV en vente dès 2002
Pour beaucoup, le GNV semble être le carburant propre de l'avenir. Disponible quasiment partout, même en Europe, le gaz possède un certain nombre d'atouts. Malheureusement, pour l'instant, aucune offre n'existe chez les constructeurs. Jean-Pierre Fouquet, chef de projet GPL et GNV de Renault, nous dévoile la politique de la marque au losange.
L'argus. Quand proposerez-vous un véhicule roulant au GNV aux particuliers ?
Jean-Pierre Fouquet. Renault a produit depuis 1996, avec sa filiale Somac, une gamme de véhicules au GNV, il est vrai essentiellement destinée aux flottes captives et aux communautés urbaines. A ce jour, près de 2 500 véhicules Renault GNV ont été immatriculés, c'est-à-dire plus de la moitié du parc roulant en France. Afin de poursuivre la conquête des marchés de flottes, nous avons aujourd'hui décidé de centrer la gamme GNV sur les Kangoo utilitaires et VP. Nous commercialiserons, dans le courant du premier semestre de 2002, une nouvelle version à bicarburation de Kangoo GNV. Ce véhicule sera doté d'un moteur 1,4 développant 70 ch.
L'argus. Sera-t-il équipé d'un moteur spécifique ? Ou plutôt, comme pour le GPLc, d'un simple appendice rajouté sur un moteur à essence ?
J.-P. F. La motorisation 1,4 l est un moteur à essence déjà utilisé au sein de la gamme Kangoo. Le système d'alimentation GNV retenu est du type à injection gazeuse multipoint phasée Euro 3 et développé en partenariat avec la société italienne Métatron (joint venture entre Fiat et Tartarini). Nous travaillons également sur un nouveau système d'injection développé à partir de notre injection gazeuse multipoint à pilotage séquentiel qui équipe aujourd'hui les véhicules GPL, et conçue dès l'origine pour être utilisée en GPL et en GNV. Ce système, développé avec Sagem, sera déployé sur nos futurs véhicules GNV. Il ne s'agit donc pas d'un simple appendice ! Mais bien d'un développement spécifique avec les mêmes contraintes de mise au point que les énergies traditionnelles.
L'argus. Sera-t-il possible de transformer, dans le réseau, un moteur pour qu'il accepte le GNV ?
J.-P. F. Non, pas du tout. Les motorisations adaptées au GPL ou au GNV subissent un développement ingénierie spécifique, avec des validations de performances, de prestations, d'endurance propres à ces carburants. L'intégration même dans le véhicule est également spécifique avec des validations par exemple en matière d'essais de choc. C'est d'ailleurs pour ces raisons que les véhicules GPL ou GNV que nous commercialisons bénéficient de la garantie du constructeur. Nous ne prévoyons donc pas que notre réseau puisse transformer, après coup, des véhicules à essence en GNV.
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