Extérieurement, tout les sépare. A commencer par leur longueur. Car, si tous deux appartiennent à la catégorie des grands monospaces, le Voyager dépasse l'Evasion de 35 cm. Cela se remarque, mais pas tant que la différence de leur dessin, vraiment aux antipodes l'un de l'autre. Le Voyager, commercialisé depuis ce printemps, n'évolue pourtant pas beaucoup dans ses grandes lignes. Il n'en reste pas moins très dynamique et très voyant. On se retourne sur son passage.
Ce n'est pas le cas avec l'Evasion. Plutôt du style « boîte à chaussures », ce dernier joue la discrétion, et il continue son petit bonhomme de chemin en attendant son remplaçant qui devrait arriver en fin d'année. Il est démuni de barres de toit, mais il arbore, en finition Exclusive, des jantes en alliage, comme le Voyager, essayé ici dans sa finition LX, la plus riche si l'on omet la version Limited réservée au Grand Voyager.
Mécanique
Construit en Autriche, comme son prédécesseur, le nouveau Voyager a droit à un nouveau Diesel turbo baptisé Detroit Diesel. Il est pourtant fabriqué en Italie, comme l'ancien moteur 2.5 VM, Chrysler faisant désormais partie du groupe Daimler Chrysler. Si ce moteur conserve la cylindrée de son prédécesseur, il reçoit une distribution à deux arbres à cames en tête et seize soupapes, et il adopte une alimentation au goût du jour : l'injection directe à rampe commune. Par rapport à l'ancienne version, la puissance augmente de 22 % pour atteindre 140 ch, et le couple maximal passe de 280 Nm à 312 Nm, toujours à 1800 tr/min.
Chez Citroën, l'Evasion diesel reste fidèle au deux-litres HDI de 110 ch, également doté, depuis le mois de janvier, de seize soupapes. C'est le seul HDI 110 du constructeur à bénéficier d'une telle distribution, car l'Evasion, à cause de son poids important, en avait besoin pour passer les nouvelles normes antipollution. Dans l'opération, le couple maximal gagne 20 Nm, pour atteindre 270 Nm, au régime inchangé de 1 750 tr/min.
Bruyant à froid, le moteur 2.5 CRD du Voyager se montre ensuite plus discret que l'ancien moteur, même s'il reste bien audible au ralenti et quand on le sollicite à haut régime, jusqu'à ce qu'il coupe, à 4 700 tr/min. Il se fait d'autant plus oublier en vitesse stabilisée que les bruits d'air prennent rapidement le dessus. Vigoureux, il entraîne le Voyager avec entrain dès qu'il s'éloigne des 2 000 tr/min, grâce à ses fortes valeurs de couple et de cylindrée, tout à fait bienvenues dans un véhicule de 2 tonnes ! A bas régime, en revanche, il peine à prendre de l'élan, et il ne faut pas hésiter à rétrograder pour retrouver de la nervosité. Sa cinquième, très longue, ne favorise pas les reprises, et n'empêche pas non plus la consommation moyenne de dépasser de 1 litre celle de l'Evasion.
De ce point de vue, le Citroën bénéficie de son poids et de sa cylindrée inférieurs pour se montrer moins gourmand à la pompe. Et, comme son réservoir contient 5 litres de plus, il peut revendiquer une autonomie plus grande. Sa plus faible masse ne peut cependant compenser sa motorisation plus modeste, et il s'incline logiquement en performances. Il prend toutefois le dessus en agrément de conduite, grâce à une meilleure réactivité à l'enfoncement de l'accélérateur et à la douceur des commandes. La pédale d'embrayage s'enfonce avec beaucoup moins d'effort que dans le Voyager, et la commande de boîte fonctionne en douceur, comparée à la fermeté des verrouillages constatée sur son rival américain. Mais en insonorisation, l'Evasion ne fait pas mieux. Les bruits d'air sont simplement moins audibles.
Châssis
Plus imposant, plus lourd, le Voyager n'est pas le mieux placé pour faire preuve d'agilité. Il se manie cependant avec facilité, tient bien la route et ne demande en fait que plus de vigilance en virage en cas de survitesse, à cause de son poids sur l'avant qui peut décontenancer un conducteur habitué à un véhicule plus léger. Dans ces conditions particulières, on pourra regretter que les suspensions ne maintiennent pas mieux la caisse, mais, dans les autres cas de figure, on appréciera leur confort contribuant à rendre tous les déplacements, y compris les plus longs, très agréables. Dynamiquement, il faut aussi signaler le freinage efficace et la bonne progressivité à la pédale, mais aussi la sensation de flou ressentie au point milieu qui nuit à la tenue de cap.
Plus léger et plus rigoureux dans ses liaisons au sol, l'Evasion a un comportement plus proche de celui d'une voiture. Il se contrôle mieux, réagit avec plus de vivacité et de précision en donnant une grande confiance au conducteur. En contrepartie, il est moins confortable, surtout à vide. Et puis, le freinage n'est pas parfait, suite à une pédale un peu longue retardant l'efficacité. De plus, on peut s'étonner de trouver des tambours à l'arrière sur un véhicule aux qualités dynamiques avérées affichant 1 600 kg à vide. D'autant que l'Evasion 2.0 à essence a droit à des disques.
Vie à bord
Bien plus grand que l'Evasion, le Voyager le domine intérieurement par sa largeur, faisant de l'habitacle un espace où l'on est d'autant plus à l'aise dans la version LX que les six places sont réparties sur trois rangées. Les passagers ne peuvent donc pas se gêner, et disposent de sièges munis d'accoudoirs, dont le confort au niveau de l'appui-tête est cependant un peu décevant.
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la place pour les jambes n'est pas si généreuse que cela, et c'est la longueur du coffre - pleinement utilisable quand on dépose les sièges installés tout à l'arrière - qui profite de la grande longueur du Voyager. En n'enlevant qu'un seul de ces sièges - assez lourds mais montés sur roulettes -, on conserve cinq places, et l'on peut partir en vacances avec un volume important de bagages.
Côté pratique, le point fort du Voyager vient de l'ouverture électrique des portes coulissantes. Cela peut ressembler à un gadget, mais, à l'usage, on s'y habitue aussi rapidement qu'à des vitres électriques. Les boutons de commande sont placés à l'avant au centre du pavillon, et dans chaque montant, à disposition des passagers - avec un verrouillage pour les enfants. Une sécurité empêche la porte de se fermer si un obstacle survient, et il est toujours possible d'actionner ces portes manuellement. Cette innovation plaira, mais supprime malheureusement l'ouverture des vitres de portes.
A l'avant, des sièges très confortables accueillent les occupants, rendant tous les déplacements, même les plus longs, très agréables. Mais seul le siège du conducteur est équipé de réglages électriques. Quant à la nouvelle planche de bord, elle devrait séduire par l'élégance de son dessin et la qualité des matériaux employés. Répartis un peu partout, les rangements ne manquent pas, et le nombre de porte-gobelets impressionne !
En aménagement intérieur, l'Evasion reste fidèle à ce que l'on en connaissait. Les trois sièges arrière amovibles, dont celui du centre, plus étroit et muni d'une ceinture ventrale, laissent suffisamment de place derrière pour partir à cinq avec tous les bagages. Les grandes portes coulissantes se manoeuvrent à la main, mais sont équipées de vitres électriques. Bien agencée, avec le levier de vitesse implanté dessus, la planche de bord paraît toutefois bien basique par rapport à celle du Voyager. Et l'on remarque qu'aucune console ne vient embarrasser l'espace entre les sièges avant, dont le confort est loin d'égaler celui offert par le Chrysler.
Equipement
Nettement amélioré en sécurité grâce à une coque plus rigide et à une partie avant spécialement renforcée, le Voyager reçoit des airbags frontaux à déploiement variable en fonction du choc, et des airbags latéraux, indisponibles, les uns comme les autres, sur l'Evasion. Contrairement à ce dernier, le Chrysler a également droit en série à une sellerie en cuir à des sièges chauffants, des lave-phares et des jantes de seize pouces. Chez Citroën, on a préféré monter un système d'air conditionné automatique, en plus du système audio à chargeur de CD et du régulateur de vitesse également présents sur le Voyager.
Très différents, le Voyager et l'Evasion ne seront pas choisis pour leur moteur, mais pour leur esthétique et leur habitacle. Chacun aura tôt fait son choix en fonction de sa personnalité.






















