- Essence
- V8
- 450 ch
- Malus de 2 600 €
- 215 000 €
Présentée en 2007, la 8C Competizione est une oeuvre d'art sur quatre roues. L'une de ces créations qui fait s'accélérer le coeur de tous les passionnés d'automobile. A peine notre souffle repris, Alfa Romeo en rajoute encore : en perdant le haut, la 8C Spider devient un cabriolet d'une rare beauté. Nous voilà à nouveau haletants, surtout que la mise à feu du V8 de 450 ch est suivie d'une sonorité grave et envoûtante à provoquer des palpitations incontrôlées !
Poids idéalement réparti
Mais gardons notre calme pour analyser le travail accompli sur ce modèle qui n'est pas qu'une 8C Competizione à laquelle on a juste retiré le toit en sciant la coque en fibre de carbone. Pour conserver la rigidité du coupé, les ingénieurs Alfa ont dû élaborer des renforts sur le châssis acier et mettre au point des barres transversales de soutien au niveau du train avant. Au point de vue équilibre, la répartition idéale du poids 50/50 entre l'avant et l'arrière a été conservée grâce au nouvel emplacement du réservoir de carburant (derrière les sièges) et au choix de la capote souple qui limite le poids sur l'essieu arrière. Concernant cette capote, Alfa a fait simple avec un système semi-automatique qui oblige à la verrouiller au niveau de la baie de pare-brise.
C'est avec la toile rangée dans son logement que nous avons apprécié la belle italienne. Surtout qu'en cet après-midi d'été, le circuit d'essai du groupe Fiat à Balocco (près de Milan) est baigné par un chaud soleil. Une petite pichenette sur la palette de droite qui commande la boîte robotisée et me voilà parti dans un grondement inimaginable. Les tubes qui font office de sortie d'échappement manifestent leur joie dans une incroyable pétarade et le V8 « glougloute » à tout va.
Ligne droite en vue, je décide de faire respirer le V8 d'origine Maserati à pleins poumons. Le déferlement de puissance ne tarde pas à venir, et la 8C s'envole d'un virage à l'autre. Mais rapidement, je comprends que cette Alfa n'est pas une sportive radicale. L'inertie du V8 dans les bas régimes ou la boîte robotisée qui n'a pas la rapidité de celle d'une Ferrari en sont les premiers signes. La confirmation vient des enchaînements de virages sur le long circuit d'essai. Le train avant n'est pas très vif dans les parties sinueuses, le freinage pourrait offrir plus de mordant et la belle italienne ne vire pas à plat.
GT de tempérament
Attention, ces appréciations sont à mettre en rapport des qualités hors normes des autres ténors de la catégorie car, prise à part, la 8C demeure une GT au tempérament exceptionnel. Par exemple, la mobilité de son train arrière permet de s'amuser, en reprenant progressivement de l'adhérence pour le plus grand plaisir du conducteur. L'italienne est aussi capable d'avaler la grande courbe du circuit à plus de 220 km/h en vous remuant quelque peu, mais en gardant imperturbable sa trajectoire. Sacrée expérience... toutefois, c'est certainement sur la route avalée à bon rythme que la 8C s'appréciera le plus.
Entre le confort étonnant et le chant du V8, voilà une GT irrésistible. Reste que pour s'offrir cette belle cantatrice, il faut être célèbre ou gagner au Loto car la diva fait un énorme caprice côté prix : 215 000 €, soit 53 000 € de plus que le Coupé et encore 35 800 € plus cher qu'une Ferrari California. Osé !
Bilan. Une beauté à couper le souffle, une mécanique à rendre l'audition à un sourd et un agrément hors norme : la 8C Spider est aussi exceptionnelle que son prix est prohibitif. A plus d'un titre, elle fera date dans l'histoire d'Alfa Romeo.












































