Les inconditionnels des voitures à caractère sportif pourront se réjouir du retour en grâce des Alfa Romeo GTA. Ce sigle, si célèbre dans les années 70, renaît sous la forme d’une superbe 156 évoquant quelque peu les pistes du Championnat grand tourisme DTM où s’illustre cette GTA. Les galbes déjà expressifs de l’italienne sont ici rehaussés d’un important spoiler à l’avant, de légers bas de caisse latéraux, d’une jupe arrière enveloppante munie d’un extracteur d’air et de jantes en aluminium de 17 pouces très aérées. Mais, pour avoir le droit d’apposer le sigle GTA sur la malle arrière de la 156, il faut impérativement que siège le V6 de 250 ch sous le capot. Une puissance respectable qui met cette berline respectable en opposition directe avec une autre star de la compétition appartenant à une autre catégorie.
Une Subaru "à plat", mais pleine de chevaux
Né en 1958, le petit constructeur japonais Subaru a forgé sa
réputation sur les routes du Championnat du monde des rallyes grâce aux nombreuses victoires de l’Impreza WRC, symbole de la marque. Ce constructeur atypique cultive l’exception technique en optant pour des choix différents de ceux des autres constructeurs. Entre autres, les quatre roues motrices, la ligne de transmission rectiligne et le moteur... à plat. Enfin, pour ce qui est de l’architecture, parce qu’avec 265 ch, le quatre-cylindres de l’Impreza STI n’a pas à rougir. Une mécanique survitaminée, à l’image de la ligne de cette version limitée Prodrive.
Avec son aileron proéminent, ses jantes de 17 pouces dorées, son spoiler avant massif et sa prise d’air sur le capot, la Subaru a vite fait de ranger son conducteur dans la catégorie des mauvais garçons. Une bête de course lancée aux trousses d’une belle de route. Et si, dans cette confrontation, les deux font étalage de performances de haute volée et offrent des sensations enivrantes, dans les faits elles disposent de caractères très différents.
Tout d’abord, la 156 GTA possède un fabuleux moteur. Un V6 de 3,2 l à la sonorité envoûtante et à la disponibilité enthousiasmante. Souple à bas régime, il reprend sur un filet de gaz avec énergie, et voit rapidement rouge. La boîte de vitesses à six rapports à l’étagement judicieux et à la commande douce permet de tirer parti de cette bonne volonté. Un bloc homogène, un peu trop porté sur la bouteille soit, qui ne classe pas cette 156 GTA dans le clan des sportives outrancières. Utilisable au quotidien, elle est à la fois une berline de bonne famille et un exutoire pour pilote réfréné. La Subaru penche plutôt pour la seconde catégorie. Le quatre-cylindres de 2 l a été conçu comme un bon vieux moteur turbocompressé. Avec l’Impreza, c’est tout ou rien. En deçà des 4 000 tr/min, la japonaise est bien paisible. Passé ce cap, les seize soupapes se déchaînent. Le couple important de 343 Nm et la puissance de 265 ch propulsent d’un bond les 1 450 kg de la STI. Dès lors, le conducteur passe les vitesses comme le forgeron tape sur l’enclume : d’un coup sec et cadencé. Les montées en régime sont si violentes que la petite lumière sur le compte-tours et le « bip » annonçant l’approche du rupteur ne sont pas de trop pour réaliser qu’il faut passer le rapport supérieur.
Avec un tel caractère, l’Impreza se devait d’adopter une transmission bien calibrée. A l’image de sa cousine de Championnat WRC, la STI de route possède quatre roues motrices. Une architecture typée sport, avec une répartition de la puissance en majorité vers l’arrière, ce qui tend à faire ruer la Subaru en sortie de virage. Un comportement routier incisif, une suspension très sèche et une direction précise font de l’Impreza une redoutable avaleuse de sinuosités. Mais, prudence... Si la Subaru met en confiance, il faut la manier avec discernement. Les effets de couple entre les deux trains en virage peuvent troubler le conducteur néophyte. Bien que dotée de quatre roues motrices, la belle peut partir dans un sous-virage prononcé sur un sol mouillé. Sportive dans l’âme, elle reçoit tout de même un ABS trop sensible qui la transforme en luge sur les irrégularités.
L’Alfa Romeo joue, elle, sur un autre registre. Un peu moins dynamique, elle est aussi moins adepte des routes sinueuses. Sa suspension plus souple, et donc plus confortable, y est pour quelque chose. La 156 GTA est moins précise, les suspensions laissent plus d’emprise au roulis et trépident sur les irrégularités. Mais son principal inconvénient, c’est de ne compter que deux roues motrices. L’antipatinage doit donc souvent couper l’herbe sous les 1 000 « sabots » du moteur. La 156 GTA est en fait une redoutable autoroutière avec un dynamisme et un confort de grand tourisme.
A ce titre, l’intérieur est soigné, tendu de cuir et très bien équipé. L’Alfa accueille ses occupants dans une ambiance cossue, tandis que la Subaru continue d’affirmer ses prétentions. A l’image des sièges baquets en faux daim très enveloppants ou du bouton de commande qui permet de pulvériser de l’eau sur l’échangeur thermique de l’air d’admission pour le refroidir en vue d’obtenir le meilleur rendement possible. On ne se refait pas !














