Alfa Romeo 159 SW 2.4 JTDm Selective
- Diesel
- 210 ch
- Malus de 750 euros
- disponible
- 36 150 euros
Saab 9-3 Sport-Hatch 1.9 TTiD Aero
- Diesel
- 180 ch
- Ni bonus ni malus
- disponible
- 36 100 euros
Les inconditionnels de la marque Saab peuvent se réjouir : la 9-3 revient aux fondamentaux. Il a suffi d'arrondir la calandre, d'effiler les feux avant et de ne pas lésiner sur le chrome pour retrouver ce petit supplément d'âme, perdu lors de son renouvellement en 2001. Question aspect, la sublime Alfa Romeo 159 a donc trouvé à qui parler... Plus élégants que les breaks français, tout en restant moins chers que les breaks allemands, ces deux fourgons de charme cultivent leur différence jusque dans les habitacles. Le suédois conserve sa planche de bord massive qui rappelle un séduisant cockpit d'avion. Le Neiman trouve toujours sa place entre les sièges avant, mais il n'est plus nécessaire d'engager la marche arrière pour enlever la clé de contact. Les puristes crieront au loup. Mais avouons que cet « oubli » améliore le quotidien, tout comme le moelleux des sièges , ou la qualité irréprochable du cuir. À bord d'une Saab, on se sent bien.
Tempérament latin oblige, l'Alfa est apparue plus « allumeuse » : ses compteurs ronds orientés vers le conducteur restent aguichants. Le placage en aluminium de la console centrale et le petit le levier aux débattements courts également. Mais elle oublie trop le confort : les sièges fermes et mal dessinés n'autorisent pas une bonne position de conduite. Même constat à l'arrière, où la banquette peu accueillante et l'habitabilité ridicule ne donnent pas le sentiment de rouler en familiale.
Paradoxe mécanique
Lorsqu'on soulève les capots, c'est pourtant l'Alfa qui bombe le torse. Cinq cylindres au lieu de quatre pour la Saab, trente chevaux supplémentaires et un couple maximal disponible plus bas. Mais, à l'usage, la noblesse supérieure ne fait pas tout... La 9-3, malgré son handicap de puissance, ne s'est jamais fait distancer en reprises par la 159 lors de notre essai.
C'est grâce à son moteur TTiD, qui s'appuie sur deux turbos : un petit souffle du ralenti à 1 500 tr/min, un gros au-dessus de 3 000 tr/min, et les deux dans l'intervalle. Il en résulte une belle souplesse et des montées en régime vigoureuses, tandis que la consommation reste raisonnable. Un point que l'Alfa ne maîtrise pas vraiment, puisqu'il n'est pas rare de dépasser les 10 l aux 100 km en conditions urbaines.
Seule solution, prendre la direction des routes secondaires, où la 159 plaît davantage : son poids élevé reste un peu handicapant dans les virages serrés, mais sa direction directe et son comportement très sain valent mieux que le châssis vieillissant de sa rivale. En virages, la 9-3 manque un peu d'efficacité, sa direction très légère n'arrangeant pas la précision de conduite. Mais, après tout, une Saab s'apprécie surtout pour son confort. Et l'image qu'elle véhicule, ce qu'elle a habilement retrouvé...
Bilan. Grâce à son nouveau moteur performant et sobre, sa ligne plus séduisante et son confort toujours soigné, la 9-3 retrouve de l'intérêt. Au point d'inquiéter sérieusement la 159 dont le budget, à l'achat comme à l'usage, est aussi plus élevé.
L'Alfa n'a toutefois pas dit son dernier mot : une version restylée devrait corriger ses principaux défauts (sièges redessinés, poids en baisse de 45 kg et possibilité d'ouvrir le coffre depuis... le coffre !).



























































































































