Alfa Romeo Spider 2.2 JTS
- Lancement en septembre
- Nouveau modèle
- Moteur à essence de 185 ch
- Deux places
- 12 CV
- Surtaxe de carte grise : 42 €
- A partir de 36 500 €
Dans la mémoire de l'automobile, les spiders évoquent la légèreté, l'impertinence, la gaieté, voire l'inconfort. L'espèce est hélas en voie d'extinction. Alors, Alfa Romeo a choisi d'infléchir le cours d'une histoire marquée par le spider Giuletta (1955) ou l'inusable Duetto (1966-1993).
Le nouveau venu exprime et amplifie un changement d'orientation déjà sensible sur son prédécesseur, né en 1995 : il pèse 1 530 kg. Et frôle les 1 700 kg dans son exécution V6 3.2 à transmission intégrale. L'allègre moteur 2.2 JTS, malgré son punch (92,5 ch au litre), ne parvient pas à masquer cette surcharge : 8,8 secondes de 0 à 100 km/h, c'est 1,7 s de plus qu'un BMW Z4 2.5i, proche en puissance.
Dès lors, l'Alfa Spider ne saurait être une sportive. Elle s'inscrit sur un autre terrain, plus paisible : le plaisir des sens. Du spider elle a gardé la pureté des lignes et du concept : capote en toile, deux places. Mais par la taille, le poids, la qualité de finition, l'équipement et le confort, elle s'apparente davantage à la version découvrable d'une berline familiale. Ce qu'elle est d'ailleurs puisqu'étroitement dérivée de la 159 et de son coupé Brera.

Ce positionnement peut paraître ambigu. Pourquoi reprendre les longues portes du Brera et des sièges à dossier basculant puisqu'il n'est que deux places à bord ? Pourquoi se priver de la possibilité d'accueillir deux passagers supplémentaires et un toit rigide escamotable alors que sa taille le lui permet, comme l'atteste l'espace laissé vide derrière les sièges ? Par souci d'économie peut-être, le groupe Fiat ayant traversé des temps difficiles. Alfa Romeo préfère parler de « choix philosophique ». Une fois le conducteur au volant, l'argument ne sonne pas creux à ses oreilles, tout comme le 2.2 JTS, plein et mélodieux. Les suspensions sont fermes mais filtrent bien les aspérités de la route, le train avant s'inscrit avec vivacité et précision dans les courbes serrées, le châssis ne bronche pas dans les courbes rapides. L'espace derrière les sièges s'avère pratique pour poser une veste ou garder un petit sac à portée de main. Et puisque la vitesse est devenue un plaisir illicite, rouler à deux, cheveux au vent, sous un soleil complice console de bien des sensations enfuies. C'est bien ainsi qu'il faut comprendre et apprécier l'Alfa Spider : à le regarder comme à le conduire, il apporte la joie de vivre.


























