L'assurance n'est pas le plus lourd des postes de la dépense automobile des ménages. Cependant, chaque année, ce contrat est reconduit tacitement et il est rarement remis en question. Pourtant, une simple renégociation peut générer une économie qui est loin d'être négligeable.
Votre prime d’assurance auto évolue plus souvent à la hausse qu’à la baisse. Véhicule qui vieillit, changement d’usage, déménagement… sont autant de raisons pour revoir son contrat et, par conséquent, faire baisser sa prime.
Rares discussions
Le hic, c’est que rares sont les assurés qui pensent à revoir leur couverture d’assurance. Tout aussi rares sont les assureurs qui contactent spontanément leurs clients pour leur proposer de renégocier. Ces derniers reconnaissent d’ailleurs enregistrer un avenant environ tous les quatre à cinq ans, tous motifs de modifications confondus, souvent à l’initiative du client.
L’assuré doit donc retourner ses manches pour alléger sa cotisation.
Une relecture s'impose
Renégocier sa prime auto se prépare préalablement à l’échéance anniversaire du contrat. Avant d’aller chez son agent ou son courtier, il faut faire le point sur ses besoins en termes de couvertures. Par exemple, un contrat «tous risques » n’est pas indispensable pour un véhicule de plus de cinq ans, même chose si vous décidez de quitter la métropole parisienne pour la Creuse.
En regard de l’état et du prix de votre voiture, ou d’une limitation de son usage, un contrat de base peut suffire. Pour une prime minime, il couvre la responsabilité civile (indemnisation de tous les tiers, hors conducteur). Cette assurance a minima est obligatoire.
Si votre auto est un peu ancienne, il peut aussi être judicieux de voir si votre assureur propose des contrats à bas prix et pour un usage peu fréquent, savoir s’il offre des conditions avantageuses aux « petits rouleurs ». Sachez aussi que ces contrats au kilomètre sont parfois contraignants (boîtier électronique pour facturation, déclaration annuelle, restrictions d’usages, horaires…).
Des besoins qui évoluent
Connaître le contenu de son contrat évite de se faire « promener » par son agent ou son courtier. Pour faciliter la renégociation, il est utile de comprendre ce qu’est la couverture d’un risque, une franchise, les exclusions ou encore un plafond d’indemnisation.
Pour vous aider, depuis plusieurs années, la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA) et le Groupement des entreprises mutuelles d’assurance (GEMA) proposent sur leurs sites respectifs des glossaires qui « traduisent » le jargon des assureurs.
Comparer dans le détail
Une fois le contrat décrypté, il faut le comparer à ceux des concurrents. Dans un premier temps, il suffit d’obtenir des devis sur des sites Internet d’assureurs traditionnels ou directs (uniquement en ligne), mais
aussi sur des sites de comparateurs. Ensuite, il n’y a plus qu’à valider* les devis reçus pour avoir une proposition d’assurance comprenant une fiche d’information sur les tarifs et les garanties, ainsi qu’une notice
d’information détaillée. Ces documents renseignent sur les limites des garanties, la législation et les instances compétentes en cas de litige. Des termes à opposer à l’offre en cours de votre assureur.
Pour gagner plus...
Si, malgré un effort financier de votre assureur, la prime reste conséquente, demandez un geste commercial sur les options si, bien sûr, elles existent (dommages corporels conducteur, protection juridique…). Il en est de même avec l’assistance, en essayant, par exemple, d’obtenir le niveau « premium » (prise en charge au kilomètre zéro, voiture en prêt jusqu’à réparation…) au tarif de l’assistance de base.
S'adapter à l'interlocuteur
Si votre assureur est un agent traditionnel : il suffit de prendre rendez-vous à son bureau pour discuter avec lui couverture et tarification, offres concurrentes en mains. Il est alors possible de lui demander de décrypter ce que vous ne comprenez pas. Avec un assureur direct, les démarches sont les mêmes, en ligne ou par téléphone. Avec des frais de structure limités, ces derniers peuvent faire profiter de tarifs plus avantageux. Pour les filiales de grands assureurs (Direct Assurance - AXA, Eurofil - Aviva) ou de mutuelles (Nexx - Maaf), si les primes sont moins chères, il convient de bien lire les conditions générales (franchises, seuils d’intervention…) afin de voir si elles sont comparables à celles de votre assureur.
En ligne ou en agence, la mise en « autoconcurrence » peut permettre de bénéficier de tarifs « plancher » réservés aux nouveaux clients.
(*) Valider une demande de devis en ligne ne vous engage pas. Seule la validation du devis vaut acceptation de l’offre d’assurance. ès lors, il est possible de se rétracter, sans motivation de cette décision, sous 14 jours par lettre recommandée avec AR.
Les 5 clés pour négocier
- - Connaître la date d’échéance de son contrat afin de renégocier dans les délais légaux.
- - Choisir les garanties correspondant le mieux à vos besoins (déplacements, âge du véhicule, stationnement...) et à votre expérience de la conduite.
- - Bien connaître les plafonds des franchises permet de les faire diminuer, voire de les supprimer.
- - À défaut d’obtenir une réduction conséquente de sa prime, négocier le niveau d’assistance le plus élevé (kilomètre zéro, voiture de remplacement…).
- - Ne pas résilier son contrat en cours avant d’en avoir souscrit un nouveau.
Résilier dans les règles
Lorsque la renégociation échoue, résilier son contrat pour souscrire à la concurrence se fait par courrier recommandé avec AR, deux mois avant la date anniversaire de la souscription (L113.12 du Code des
Assurances).
Il n’est pas nécessaire de motiver votre décision. Mais attention, en cours de contrat, résilier pour des raisons tarifaires n’est pas possible.
La tacite reconduction
Depuis 2006, la loi Chatel encadre la plupart des contrats qui se renouvellent automatiquement, par tacite reconduction, à leur date anniversaire (banque, assurance, téléphonie).
- L’assureur auto est obligé d’indiquer à l’assuré la possibilité de ne pas reconduire son contrat, au plus tôt trois mois et au plus tard 15 jours avant la date limite de résiliation.
- Si l’assuré reçoit son avis d’échéance moins de 15 jours avant la fin de la période de résiliation ou après cette date, il dispose d’un nouveau délai de 20 jours pour revoir ou résilier.
- Si l’avis n’est pas reçu avant la date anniversaire, il est possible de résilier à tout moment et sans pénalité.
- Attention, sans être une généralité, l’assureur peut signaler cette date anniversaire par un courrier autre que avis d’échéance, précisant les délais et les dates en petits caractères, souvent au bas de la page.
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