- Audi :
Disponible
Nouveau V8 TDI 275 ch
Prix 88 600 ¤
- BMW :
Disponible
V8 Diesel 258 ch
PRIX : 88 550 ¤
La catégorie des berlines de luxe n'a pas échappé à l'intérêt économique des moteurs diesels, bien au contraire. Dans cette niche, celui-ci est devenu un laboratoire d'essais à qui l'on doit des V8 et V10 aux mensurations et capacités impressionnantes. Mais plus que l'intérêt technique, ce type de motorisation dans ce segment représente pour les constructeurs une manne non négligeable. Adoptant à plus de 70 % ce type de motorisation, la berline de luxe ne peut se concevoir en Europe sans un panel de moteurs performants fonctionnant au gazole. Mercedes l'a bien compris, BMW également, et Audi emboîte le pas en dotant sa nouvelle A8 d'un inédit diesel. De quoi transformer ces berlines cossues en d'infatigables vaisseaux au long cours.
MECANIQUE. La gestation du moteur diesel pour la nouvelle A8 aura duré près de neuf mois. Une période qui a permis à d'autres concurrentes de s'émanciper, notamment la BMW 740d.
A sa décharge, Audi a voulu bien faire les choses. Pour son nouvel étalon d'aluminium, il a concocté un moteur inédit reléguant au musée l'ancien bloc V8 3.3i de 224 ch. Désormais, le V8 Audi mesure 4 litres, développe 650 Nm de couple et 275 ch. Une remise à niveau qui lui permet d'être le plus puissant de sa catégorie. Le 400 CDI Mercedes lui rend 25 ch, quant au 4.0d BMW qui profite d'une légère augmentation de puissance, il ne développe « que » 258 ch.
Plus légère grâce à sa coque en aluminium, plus puissante aussi, l'Audi prend très logiquement la tête de la catégorie en termes de performances. D'une courte tête certes, mais le principal est d'être devant. Pour le commun des mortels, la différence n'est pas notable. Les sensations d'accélération sont équivalentes : oppressantes. Que ce soit avec l'Audi ou la BMW, les occupants sont calés au fond de leur siège à chaque pression sur l'accélérateur. Une montée en puissance imperturbable dégageant une inertie folle. Le couple est un atout de poids, il permet des relances efficaces dès les plus bas régimes.
Il est donc délicat de départager ces deux berlines hors chronos. Même chose quant à la consommation qui est dans les deux cas comparable, procurant une autonomie record et un budget de fonctionnement réduit. Reste pour les départager le subjectif, à savoir une sonorité un peu plus caverneuse pour le moteur Audi, plus feutrée pour le BMW.
Côté boîtes de vitesses, elles font la part belle à l'automatisme. Toutes deux comptent six rapports et un mode séquentiel. Si pour la BMW les commandes sont obligatoirement au volant, chez Audi les palettes sont une option à 130 euros. Un équipement qui permet de tirer le meilleur parti du Tiptronic, le conducteur pouvant prendre la main à tout moment. Avec la Série 7, la conduite est moins instinctive. Déjà, l'absence du levier central perturbe. Ensuite, il faut appuyer trois fois sur un bouton situé sur le volant pour passer en mode manuel, et là elle ne reste pas bloquée sur le rapport choisi en accélération. Il est donc plus aisé de laisser faire l'électronique, d'autant qu'elle se charge assez bien de la manoeuvre, notamment en rapidité de changement de vitesses.
CHÂSSIS. De sa sveltesse, l'A8 tire son efficacité. L'emploi d'aluminium pour la carrosserie autorise entre autres l'utilisation d'une transmission intégrale sans pour autant la rendre plus lourde qu'une Série 7. Résultat, lorsque l'électronique musèle la puissance de la BMW pour éviter le dérapage du train arrière, celle de l'Audi la régule, la transmet à la route via quatre roues.
L'A8 aime donc bien les routes sinueuses, se satisfait des terrains gras. Elle joue même sur une partition sportive grâce à une direction peu assistée mais précise et une suspension pneumatique au confort plus ferme. Sortie de l'autoroute où elle fait étalage de son onctuosité, la BMW se laisse distancer. Malgré la possibilité - derrière un dédale de manipulation - de tarer la suspension plus fermement, la Série 7 est moins à son aise sur route secondaire. Direction très assistée, suspension souple et poids plus ressenti, la 740d est plus pataude dans les enchaînements.
VIE A BORD. Notre métier a beau nous habituer à sauter d'une voiture à une autre rapidement, la Série 7 demande toujours un temps d'adaptation. Déjà parce que le gabarit est imposant, mais aussi parce que l'univers est différent. L'i-Drive qui gère l'ensemble des données via une molette n'est pas réellement ergonomique.
De ce point de vue, l'A8 se montre plus accueillante. Si elle emploie, elle aussi, en grande part l'électronique, le dépaysement est moindre. Le conducteur peut donc mieux se concentrer sur la conduite.
Pour les passagers, les deux tableaux offrent les mêmes perspectives. L'habitabilité de l'Audi est comparable à celle de la BMW, soit généreuse. La qualité de fabrication est sans faille, on se sent bien notamment grâce à une insonorisation poussée. Reste que la BMW est plus cloisonnée. Entre la planche de bord massive et les accoudoirs proéminents, chacun est à sa place. Les passagers de l'arrière ont en revanche une meilleure vue sur la route grâce à une assise surélevée. Le dessin de la planche de bord de l'Audi est plus fuyant, libère de l'espace vers l'avant. L'ambiance est moins oppressante.
EQUIPEMENT. La version TDI de l'A8 est la plus onéreuse de la gamme. Mais même à ce niveau de prix, les options restent nombreuses. Et si l'on peut s'interroger sur la pertinence d'un pack à 10 100 ¤ comprenant les sièges avant et arrière massant et climatisés, ou encore une reconnaissance par empreinte digitale contre 1 800 ¤ permettant d'adapter automatiquement les divers réglages selon la morphologie et les envies climatiques et auditives des conducteurs enregistrés, ce n'est jamais qu'une question de goût et de moyen. Par contre, lorsque l'on voit fleurir parmi ces suppléments un allumage automatique des phares à 140 ¤ ou des rétroviseurs rabattables pour 180 ¤, cela frise l'incorrection, même pour une performante berline à quatre roues motrices.
Avec la BMW 740d, pas de fausse note. L'équipement se montre bien plus complet. Il offre entre autres la navigation, le téléphone, les rétroviseurs électrochromes et le rideau arrière électrique. Les passagers arrière sont d'ailleurs mieux soignés que dans l'Audi, tout du moins potentiellement, grâce à des options comme la télévision.
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