- Essence
- 525 ch
- Malus de 2 600 €
- 146 800 €
Un petit coup d'oeil à travers la vitre qui sert de capot moteur et c'est le sourire. Tapis là, derrière les places arrière, on contemple la pièce maîtresse : le nouveau V10 de l'Audi R8, le même qui équipe la Lamborghini Gallardo LP560. Il développe ici 525 ch contre 560 ch sur l'italienne. Ainsi motorisée, la R8 entre dans une nouvelle galaxie : celle des supers sportives de plus de 500 ch !
Installé au fond du baquet, les jambes allongées vers le pédalier, je contemple l'ambiance. Les matériaux sont superbes, la finition est tirée à quatre épingles et chaque détail signe l'appartenance aux sportives d'exception. Pas le temps d'admirer l'habitacle plus longtemps : il faut partir. Sans délais, sans laisser le démarreur toussoter, le V10 rugit plus vite que prévu dans le dos. Premier frisson, ça promet. Et premier doute. Comment extirper cette impressionnante GT de l'étroit parking souterrain ou elle est garée ? Je ne vois pas grand-chose sur les côtés, presque rien derrière et je sais que le museau n'évolue qu'à quelques centimètres du sol. Panique bien inutile, la R8 se montre docile.
Mise à feu
La mécanique est très progressive et le gabarit n'est pas si imposant que ça. Même la direction ne réclame pas les bras de Popeye pour les manoeuvres ! Les premières - gentilles - accélérations sur les voies rapides autour de Strasbourg confirment que la R8 est facile à apprivoiser. Le bolide bondit à la demande et se cale sur sa voie d'un coup de volant net et franc. A vitesse stabilisée, le confort est réel et l'ambiance sonore limitée.
Le passage en Allemagne signifie l'arrivée sur des portions d'autoroutes où la vitesse est libre. Fini de rire. A la première occasion, j'écrase l'accélérateur et la mise à feu est terrible. Le hurlement du V10 est impressionnant et l'aiguille du compte-tours s'envole vers la zone rouge (8 500 tr/min). Entre l'accélération qui me colle dans le siège et le paysage qui se met à défiler à la vitesse d'un TGV, il faut soigner chacun de ses mouvements pour passer les vitesses et ouvrir grands les yeux.
En prenant la direction de la Forêt Noire avec ses virages serrés et ses portions tout en grandes courbes, la R8 démontre sa faculté à supporter la rage du V10. Sur la route sèche du parcours, la motricité est rarement prise en défaut (merci le système quattro) et le châssis encaisse sans broncher les coups du butoir du V10. Le freinage puissant et la précision du train participent à la mise en confiance, alors que l'adhérence latérale autorise des vitesses de passage en virage ahurissantes.
Docile, violente ou dynamique, l'Audi se plie à tous les désirs contre...146 800 €. C'est 36 600 € de plus que la V8, mais le tempérament mécanique est bien plus affirmé et les équipements de série de la V10 amènent l'écart à 18 240 €.
Bilan. Le V10 confirme l'exploit de la R8 : concurrencer les spécialistes du genre sans avoir la même expérience. Ce coup de maître valait bien un coup de folie. Cette année, 60 % des R8 vendues seront équipées du V10 et à regarder dans le détail, ce modèle n'est pas plus délirant en budget que la Porsche 911 turbo

































































