L'Audi A2 s'inscrit pile dans le standard moyen de la petite voiture d'aujourd'hui : 3,83 m de long et 75 ch avec moteurs à essence ou Diesel. Cependant, sa hauteur, sa forme apparentée aux monospaces et sa conception originale - sur la base d'une structure en aluminium - l'écartent de la moyenne. D'emblée, elle semble étroite, pour ne pas dire étriquée, elle souffre des mêmes maux qu'un monospace en termes de visibilité avec le montant de pare-brise en plein dans le champ visuel dans les virages serrés.
En outre, son prix semble largement faire payer le recours à l'aluminium. Il faudra, en effet, débourser environ 130 000 F pour la version à essence, et 10 000 F de plus pour la version diesel.
L'Audi A2 fait appel à une structure Space Frame en aluminium qui reprend les techniques utilisées pour l'A8. Toutes deux sont d'ailleurs fabriquées dans la même usine. Cette technique, que le constructeur allemand maîtrise parfaitement, permet d'obtenir une voiture très légère, rigide et conforme à ce qui se fait de mieux en matière de sécurité passive.
Pour faire bonne mesure, les airbags frontaux et latéraux sont montés en série, et les rideaux gonflables latéraux destinés à protéger la tête sont disponibles en option. En dépit de sa rigidité naturelle, l'aluminium impose tout de même une ceinture de caisse très haute pour présenter un flanc renforcé capable de résister aux chocs latéraux. Cette disposition pénalise la surface vitrée et, par conséquent, la visibilité, sans parler du style.
Typiquement Audi par certains aspects comme l'arcature de la cellule habitable ou les arches de roue qui rappellent le TT, l'A2 est conçue comme un monocorps. Il en découle une poussée en hauteur de dix bons centimètres qui lui donne un air étriqué, et des montants de pare-brise doubles qui pénalisent fortement la visibilité dans les virages en épingle et en ville.
Les vitres latérales se limitent au minimum de hauteur admissible et, à l'arrière, elles ne s'escamotent même pas complètement en position ouverte. Elles s'inscrivent comme des meurtrières dans ce qui ressemble plus à un ballon dirigeable qu'à une automobile. Plaisanterie mise à part, on ne ressent aucune émotion particulière à la vue de ces lignes. Pour une fois, la règle qui veut que tout ce qui est petit soit mignon ne joue pas ici.
En revanche, l'A2 mérite des éloges pour l'ouverture totale du hayon, une bonne habitude de la marque, des caractéristiques aérodynamiques record avec un Cx de 0,28, gage de sobriété, et une finition de grande qualité, tant en peinture qu'en accostage des panneaux. Seul regret, cette belle carrosserie est livrée sans protection aux agressions de la vie urbaine.
Audi nous avait habitués à une présentation intérieure luxueuse et raffinée quel que soit le niveau de gamme. Avec l'A2, il faut se contenter d'un standard bien ordinaire, même si le ciel de toit granité et le cerclage aluminium des cadrans restent dans la tradition maison.
Il faut, en outre, se contenter d'une modularité réduite au basculement des dossiers arrière par moitié, alors que la banquette optionnelle à trois places est monobloc. En cas de nécessité, il est possible de déposer les sièges individuellement. Seule originalité de l'A2, les dossiers arrière sont réglables en inclinaison, laissant alors un vide entre le dossier et le cache-bagages.
A l'avant, si les sièges offrent une assise assez longue et un bon maintien, ce n'est pas le cas des dossiers trop étroits et pas assez enveloppants. Quant aux rangements, il sont en nombre insuffisant sachant que les bacs de portière sont quasiment inutilisables. Audi livre, en option, une console centrale destinée à prendre place à l'arrière au milieu du plancher, ainsi qu'un bac et un coffre de plancher qui remonte les pieds si haut qu'un adulte se retrouve avec les genoux à hauteur des oreilles !
L'habitabilité, enfin, peut être considérée comme un bon point si on excepte le coffre. Une largeur de 1,36 m aux coudes et une hauteur sous pavillon de près de 1 m permettent à quatre adultes de tenir à l'aise. Mais vouloir promener cinq personnes tient de l'utopie, sauf s'il s'agit d'enfants. Quant au coffre, même dégagé de la roue de secours gonflable remplacée chez nous par une bombe anticrevaison, il affiche une capacité optimiste de 390 l. De plus, l'entrée de hayon reste limitée en hauteur et en largeur par rapport aux vrais breaks.
Taillée à l'emporte-pièce, l'A2 pourrait n'être qu'une bonne petite voiture de plus avec des qualités évidentes comme le comportement routier, le niveau d'équipement, les prestations et la sobriété, mais aussi quelques gros défauts comme l'inconfort, le niveau sonore et la mauvaise visibilité. Les tarifs envisagés mettent en évidence les incohérence de sa conception : esthétique dérangeante, modularité limitée, finition perfectible, absence de luxe et de singularité. Audi était jusqu'à maintenant synonyme d'une offre claire aux qualités bien définies. Pleine de contrastes, l'A2 devra bénéficier de bonnes explications des vendeurs, sinon elle risque de se heurter à l'incompréhension de la clientèle, et à celle des habitués de la marque en particulier.
L'A2 en version à essence sera commercialisée le 3 juillet prochain. La version diesel, pas avant janvier 2001.





















