Tous les quinze ans, BMW se fait peur. La dernière fois, c'était lors du lancement de la K1, une sportive à quatre cylindres outrageusement carénée. Aujourd'hui, c'est avec le roadster R 1150 Rockster. Pour la marque, qui va fêter ses 80 ans, l'heure est à la diversification et au rajeunissement. « Nous disposons de 21 modèles ou versions dans la gamme, explique Jean-Michel Cavret, directeur de BMW Motorrad France. C'est une nécessité de présenter des produits un peu décalés si nous voulons séduire et fidéliser une nouvelle clientèle ».
Voici donc le terrible Rockster, version sportive du roadster R 1150 qui s'est vendu à plus de 800 exemplaires en 2002. Si le moteur ne change pas - un flat-twin à huit soupapes de 85 ch -, la partie cycle et l'habillage ont été modifiés. Avec ses coloris vifs - orange ici - alternant avec le noir mat du réservoir, du garde-boue et des tubes de fourche, la nouvelle BMW met en valeur ses formes trapues. A l'avant, le contraste entre la jante peinte et la nudité du double optique est saisissant. Il se dégage de l'ensemble une impression de puissance brute au service d'une efficacité redoutable. Et la présence de plastique, notamment pour la garniture des phares et le petit capot des compteurs, est contrebalancée par la noblesse du magnésium des carters moteur.
La suspension fait appel, à l'avant, au système de la 1100 S. Fourche et monoamortisseur Télélever sont donc d'origine plus sportive, ce qui change l'assise de la Rockster par rapport au roadster classique avec une chasse et un empattement légèrement réduits pour une hauteur de selle qui augmente de 35 mm et atteint 835 mm (une option gratuite permet de la redescendre à 795 mm). Egalement issue de la 1100 S, la jante arrière change de section pour recevoir un pneu large.
Ces nouvelles données, pour un poids similaire de 219 kg, ne sont pas sans effet sur le comportement de la moto. Si la tenue de route reste un point fort, le Rockster gagne en maniabilité et en vivacité. Le couple naturel du moteur boxer s'épanouit au fil des virages. Inutile de jouer de la boîte à six vitesses pour relancer la mécanique en sortie de courbe, on trouve toujours de la puissance disponible, même à bas régime. En revanche, les amateurs de brutalité seront déçus.
Question confort, hormis celui de conduite, la structure de la machine ne peut faire de miracles. Ce qui n'est pas une excuse pour avoir omis des poignées de maintien pour le passager. Sans carénage, point de salut pour les grands rouleurs. Mais les petits rouleurs ont aussi le droit de vivre, même chez BMW. Pour eux, le Rockster est une option sympathique. Pour 800 € de plus que le roadster classique, il présente une « vraie gueule » tout en conservant les qualités maison : fiabilité mécanique, transmission par cardan et consommation très modérée.












