- Cadillac :
Disponible
Moteur : 217 ch
Prix : 42 750 euros - Jaguar :
Disponible
Moteur : 204 ch
Prix : 44 300 euros

Cadillac contre Jaguar... attention aux stéréotypes ! Il est tentant, avant même de monter dans ces voitures, de se forger un jugement sur la simple perception du nom de la marque. Ou plus encore de son origine, avec des préjugés qui relèvent du racisme. Cadillac contre Jaguar, ce serait le pragmatisme yankee opposé au chic british, Jack Daniel's offrant une tournée à Johnny Walker. Entre la nouvelle CTS et la S-Type, force est de constater que ce manichéisme confortable n'est plus de mise. Chacune dans son genre, les deux berlines ne manquent pas de points communs : goût du luxe, moteurs, dimensions, prix. Et puis elles représentent le haut de gamme de leurs propriétaires respectifs - 100 % américains, cette fois - que sont General Motors et Ford. D'une certaine façon, la spectaculaire renaissance de Jaguar a privé la marque de son caractère élitiste, de son côté snob comme un majordome. Par ailleurs, Cadillac ne campe plus sur ses positions et prouve, à travers cette CTS, ses facultés d'adaptation. En optant par exemple pour des réglages de suspensions et un correcteur d'assiette spécifiques au marché européen. La conjonction de ces tendances rend la confrontation possible.
MECANIQUE. L'époque est raisonnable, les mécaniques le sont aussi. Donc V6 de bon aloi et 24 soupapes pour tout le monde. Dans la S-Type, le V6 de 2,5 l est la première motorisation. Pour la CTS, le bloc 3.2 vient coiffer un 2.6 un peu à la peine dans une voiture de 1 700 kg. L'avantage de cylindrée en faveur de la Cadillac transparaît moins dans la puissance (217 ch contre 204) que dans le couple (300 Nm contre 250), ce dernier étant obtenu dès 3 400 tr/min à bord de l'américaine. Tout le mérite de la S-Type 2.5 est de venir contredire dans les faits la réalité des chiffres. Alors que la mécanique de la CTS se distingue par un flegme que l'on ne qualifiera pas de britannique, le V6 Jaguar apparaît plus vif et plus réactif. Ses montées en régime sont plus franches et ses accélérations plus brillantes. Il n'y a qu'en reprises où le V6 Cadillac, fort de son couple de tracteur, s'impose. Il est en cela parfaitement adapté à une utilisation autoroutière, son rival se montrant plus joueur et plus polyvalent. 
Cette différence tient moins à la mécanique elle-même qu'à la transmission. La S-Type dispose d'une boîte automatique à six rapports qui dope les performances et s'adapte sans broncher au type de conduite. On ne peut en dire autant de la boîte de la CTS, et on le regrette d'autant plus qu'elle est construite par la division française de General Motors. Cette boîte à cinq rapports dite « intelligente » est souvent prise en défaut, lente dans ses réactions et approximative dans sa gestion.

CHASSIS. Longueur, empattement et poids : à quelques centimètres ou kilos près, les similitudes entre ces deux berlines sont nombreuses. Une autre consiste à privilégier le confort. La CTS et la S-Type savent donc tenir leur rang et ne font pas mystère de leur peu de tempérament sportif.
L'anglaise, se souvenant de son passé, fait tout de même un peu mieux en ce domaine en adoptant une suspension plus ferme, conjuguée à une capacité de filtrage supérieure. Pas de mauvaise surprise à attendre au niveau de la tenue de route, d'autant que le contrôle électronique de trajectoire intervient à la moindre incartade. En revanche, on aurait apprécié un freinage plus agressif et nécessitant moins d'effort à la pédale. Vu ses origines, la CTS n'a pas à rougir de son comportement. Sans doute, la suspension reste-t-elle très souple, mais elle est suffisamment bien tenue pour éviter à la voiture de se coucher en courbe ou de piquer du nez au freinage. A vrai dire, lorsqu'on s'attend au pire, on est agréablement surpris de se retrouver au volant d'une berline qui inspire confiance et qui ne devrait pas dépayser un possesseur de Mercedes Classe E par exemple.
VIE A BORD. Il ne faut pas confondre berline familiale et berline de luxe. Les deux rivales font cause commune pour illustrer cet adage. Il est toujours surprenant de constater que ces grandes voitures de 4,9 m n'offrent pas davantage de place à l'arrière qu'une Laguna. Sans parler du volumineux tunnel central qui rend la place centrale pratiquement inutilisable. A ce niveau, la Cadillac et la Jaguar font jeu égal. Leur habitabilité à l'arrière est inversement proportionnelle à leur prix.

A l'avant en revanche, c'est la vie de château. Manoir anglais pour la S-Type avec cuir rembourré, teintes neutres, placages de bois et design sobre. Villa hollywoodienne pour la CTS avec décor plus tape-à-l'oeil, mélange des genres et matériaux, confort Pullman de la sellerie et quelques boiseries pour tenter de se donner un style. Pour la décoration, les clichés ont fini par reprendre le dessus. Dans les deux voitures, la qualité de l'insonorisation est impressionnante, avec un petit avantage pour la Cadillac. Il est vrai qu'à son volant, on ne pousse jamais le moteur dans ses régimes les plus bruyants. Dans la vie à bord, il y a aussi le regard des autres. A ce niveau, la CTS attire tous les regards par l'originalité et la modernité de ses lignes, nerveuses comme une « Batmobile » sous tension. Sans être vraiment belle, la Cadillac a pour elle une « vraie gueule ».
BUDGET. Les fameuses économies d'échelle et le luxe ne font pas bon ménage. Et cela fait sursauter quand vous découvrez à bord d'une Jaguar ou d'une Cadillac les commodos en plastique d'une Ford Mondeo ou d'une Opel Vectra. On a beau le savoir, en ricaner depuis belle lurette, impossible de s'y faire. La réaction d'humeur passée, il faut convenir que la CTS et la S-Type méritent leur titre de berline de luxe. Qualité des matériaux et richesse des équipements font partie de leur standing.
Toutes deux disposent naturellement d'une climatisation automatique séparée, d'un régulateur de vitesse ou d'un réglage électrique des sièges avant. La Cadillac prend cependant l'avantage en offrant ceci de plus que sa rivale : des jantes de 17 pouces, des phares au xénon ainsi qu'un système audio de première qualité avec huit haut-parleurs Bose et un chargeur de CD. On ne parlerait même pas de ce dernier équipement si la Jaguar n'en était dépourvue, le chargeur de 6 CD étant facturé 510 ¤ en option. A ce niveau de gamme, c'est de la pingrerie !

































