La définition d'une voiture de sport peut reposer sur deux notions bien différentes. La plus communément admise fait référence aux sensations que procure un engin d'une puissance élevée en regard de son poids. L'autre, de conception plus ancienne mais appelée à revenir au premier plan, s'adresse aux sportsmen - par opposition aux sportifs. Il s'agit de jouir d'un bel objet, le plus possible en communion avec la nature donc, forcément, cheveux au vent.
Les premières versions du Boxster répondaient parfaitement à cette seconde définition et paraissaient même sous-motorisées en regard de l'équilibre naturel remarquable de la voiture. Les évolutions successives de sa mécanique lui ont permis d'atteindre un niveau de performances en rapport avec sa marque. Le Boxster S allie aujourd'hui les plaisirs d'un cabriolet confortable et des sensations de conduite dignes du label Porsche.
Le joli tour de force est d'être parvenu à marier ces qualités dans un équilibre subtil, plaisant à déguster en toutes circonstances. Jamais le cabriolet n'altère les prestations sportives ; jamais la force mécanique n'empêche d'apprécier le voyage. D'un poids raisonnable, le Boxster S affiche une rigidité étonnante matérialisée par l'absence totale de vibrations ou de torsion de la caisse. Et pourtant, les contraintes sont sévères, tant celles imprimées par la mécanique que celles dues à la formidable adhérence latérale.
Sur sol sec, il est quasiment impossible d'en trouver les limites, du moins sur route ouverte. La netteté de la prise de trajectoire est autant à mettre au crédit de la précision de direction qu'à la rigueur des suspensions. Rien ne peut perturber la géométrie des trains roulants mettant ainsi, et à juste titre, le conducteur en pleine confiance. Il peut à loisir apprécier les envolées du 3,2 litres en enchaînant les six rapports parfaitement étagés. Il n'y a guère que le contact de la pédale de freins pour venir réfréner les ardeurs. Dans un premier temps seulement : passé une courte période d'accoutumance, on retrouve l'impressionnante puissance du freinage typique de Porsche. Bref, rien que du bonheur, surtout quand le climat permet de jouir du Boxster décapoté, ce pour quoi il est fait.
Sous la pluie, c'est une autre histoire. Le petit habitacle confiné sous la capote ne donne pas une vue très large sur l'environnement, surtout vers l'arrière, et ce malgré la nouvelle lunette en verre. Et puis, l'équilibre quasiment parfait de la voiture limite les remontées d'informations vers le conducteur qui n'est averti de la perte d'adhérence d'un des essieux que très tard, parfois trop. A moins de se faire greffer un oeuf sous le pied, l'option PSM, correcteur de trajectoire, est vivement recommandable. Ainsi équipé, le Boxster S peut être mis entre toutes les mains, un tant soit peu raisonnables, et assurer les services quotidiens d'une banale automobile. Un peu moins banale quand on s'aperçoit que, à ce niveau de prix, il faut encore remettre la main au porte-monnaie pour bénéficier de l'air climatisé, et même de la radio. Une Porsche, ça se mérite...




















