- Chrysler :
Disponible
Moteur : v6 de 218 ch
Prix : 38 300 ¤ - BMW :
Disponible
Moteur : 6 cyl. en ligne de 192 ch
Prix : 35 500 ¤
Très porté sur le style, Chrysler est champion pour étonner, même émouvoir. La démentielle Viper et l'incomparable PT Cruiser sont là pour le démontrer. Aujourd'hui, la marque de Detroit commercialise un nouvel exercice de style : la Crossfire, un coupé deux places au physique de star. Il suffit de quelques kilomètres à son volant pour s'en rendre compte. Motards interloqués, piétons bouche bée, automobilistes qui vous laissent toutes les politesses... Circuler avec elle, c'est un peu comme descendre les Champs-Elysées un 14 juillet. Mais on n'est pas seul dans la parade. La Z4 y pointe son museau de requin, non sans succès. Le graphisme compliqué de sa carrosserie a plongé certains dans la perplexité, mais, lorsqu'elle est à vos côtés, la Z4 est une furieuse séductrice.
Bien entendu, une version coupé serait plus à même de donner la réplique à la Crossfire, mais BMW a hélas écarté cette déclinaison pour la Z4, contrairement à la Z3. Pour rapprocher la découvrable bavaroise du coupé américain, on peut puiser un hard-top au rayon des accessoires BMW (3 000 ¤). Ainsi coiffée, la Z4 rejoint sa rivale au niveau du prix : 38 500 ¤, contre 38 300 ¤ pour la Crossfire.
MECANIQUE. Suite à l'accueil enthousiaste réservé au concept car exposé au Salon de Detroit de 2001, Chrysler a mis la Crossfire en production en un temps record. Un exploit qui n'aurait pas été possible sans les synergies qui existent au sein du groupe Daimler Chrysler. C'est en effet en utilisant la base technique de la Mercedes SLK, vieille de sept ans, que Chrysler a pu tenir les délais et démontrer la viabilité économique d'un véhicule destiné à n'être fabriqué qu'à 20 000 exemplaires par an.
Certains diront que Chrysler tente de faire du neuf avec du vieux. En attendant, la Crossfire bénéficie des qualités du V6 3.2 Mercedes. Au-delà de la noblesse de cette mécanique, c'est sa réserve de puissance (218 ch) qui donne des ailes à l'américaine. Elle flirte ainsi avec les 250 km/h et passe de 0 à 100 km/h en 6"5 ! Et l'américaine y ajoute la manière. La souplesse de son moteur ravira les adeptes du cruising, et la sonorité soignée à l'échappement plaira aux mélomanes.
L'univers de la BMW Z4 2.5i est tout autre. Handicapée par sa cylindrée inférieure, elle ne propose pas des relances aussi pleines que celles de la Crossfire, et sa mécanique est bien moins volontaire dans les bas régimes. Mais, avec 192 ch derrière le museau, la BMW ne laisse pas filer sa proie aussi facilement. D'abord, ses performances sont aussi de haut niveau (235 km/h et 7" pour passer de 0 à 100 km/h). Ensuite, son six-cylindres en ligne démontre plus d'aisance dans les hauts régimes. Les sportifs apprécieront et, si cela ne leur suffit pas, ils pourront passer en mode sport, via une touche située sur la console centrale. Cela modifie la cartographie de l'accélérateur et se traduit par une réponse plus prompte lors de l'enfoncement de la pédale. Enfin, la Z4 n'a pas recours à l'artifice de l'échappement pour chanter sa joie. C'est les entrailles de son moteur qui s'en chargent, et ce dès que le compte-tours dépasse les 4 000 tr/min.
CHASSI. En utilisant la plate-forme de la SLK, la Crossfire bénéficie d'une base éprouvée, à défaut d'être enthousiasmante. La forte adhérence de ses gros pneus (19 pouces à l'arrière !) et la bonne répartition de ses masses assurent l'essentiel. La tenue de route ne prête pas le flanc à la critique, et la suspension plutôt souple favorise le confort. En accélérant le rythme, l'américaine contrôle moins ses émotions. La direction trop légère n'offre pas la précision attendue pour soigner les trajectoires, et la caisse manifeste quelques mouvements de mécontentement. Enfin, à haute vitesse, une certaine instabilité incitera à la prudence.
Pour les adeptes des placements « sur les freins » et des virages au cordeau, la Z4 fait preuve de talent. Plus précise à l'inscription et plus agile sur ses changements d'appuis, elle vire à plat grâce à un amortissement plus ferme. C'est plus sportif, mais moins confortable. Seul regret, la pédale de frein manque de sensibilité et elle pâtit de la comparaison avec le puissant freinage de la Crossfire.
VIE A BORD. Pas de surprise en « descendant » à bord de la Crossfire, on retrouve les traits de la planche de bord de la SLK. Si Chrysler a voulu ajouter sa touche personnelle, notamment avec un plastique brillant sur la console centrale, l'aspect clinquant de cette partie n'est pas du meilleur effet. Quant aux rangements, ils sont quelque peu bannis, comme dans la BMW. Pour le reste, la finition est sans fausse note et on profite de sièges confortables et enveloppants.
Avec sa capote entièrement automatisée, la Z4 offre évidemment le grand air. C'est agréable, mais reconnaissons que dans nos contrées c'est avec le toit fermé que l'on circulera le plus souvent. Dans cette configuration, on appréciera la bonne isolation phonique de la capote au point que le niveau sonore à bord de la Z4 n'est pas vraiment supérieur à celui de la Crossfire. L'espace intérieur y est plus confiné que dans la Chrysler, et la finition ne fait pas la différence. La position de conduite plus allongée et le petit volant à trois branches forment toutefois une ambiance plus sportive.
EQUIPEMENT. Avec un seul niveau d'équipement et pas d'options, la Crossfire fait les choses simplement. Elle n'oublie pas l'essentiel pour honorer son standing (sellerie en cuir, climatisation automatique, système audio CD performant...). Dommage toutefois de ne pas pouvoir agrémenter l'ensemble d'un système GPS ou d'un toit ouvrant.
La Z4 offre, elle, davantage de possibilités de personnalisation, mais la liste des options est longue (voir tableau ci-contre). Et il faut y puiser pour étalonner son équipement sur celui de la Crossfire. La sellerie en cuir, la climatisation automatique (manuelle en série), le régulateur de vitesse, le rétroviseur électrochrome, l'alarme, les antibrouillards et la peinture métallisée font gonfler la facture de 3 820 ¤ ! Et, pour disposer des belles jantes de 18 pouces qui équipaient notre modèle d'essai, il faudra ajouter 2 050 ¤. Sur ce chapitre, la Chrysler Crossfire souligne la pingrerie de la BMW Z4.

























