Inconditionnelle des concept cars bien avant son rachat par Daimler-Benz, Chrysler a conservé cette tradition qui consiste à multiplier les prototypes et à pousser les plus admirés jusqu'au stade de la commercialisation. Après les Viper et le Prowler, voici donc le Crossfire, un coupé de culture américaine taillé dans un gabarit très européen.
Le style collectionne tous les poncifs du coupé en vogue depuis une trentaine d'années. Des ailes avant en forme de crosses, toujours très flatteuses, forme en coin, épaules et arches de roue bien marquées, long capot, pare-brise incliné, tout est là, y compris l'échappement double central et les ouïes d'aération latérales. Afin de ne pas passer inaperçu, c'est réussi, et c'est d'ailleurs l'objectif !
Le moteur 3.2 V6 Mercedes de 215 ch propulse honorablement cette automobile compacte de 4,06 m de long pour un poids inférieur à 1 400 kg. La boîte mécanique à six rapports éclipse la transmission automatique dont la seule qualité est la douceur du passage des rapports. En conduite « tranquille », la souplesse du moteur permet d'ailleurs de limiter au maximum les changements de vitesse. Chaussé de pneumatiques « énormes », le Crossfire tient la route, et il s'accroche d'autant plus en virage qu'il bénéficie d'une répartition des masses favorable.
Revers de la médaille, les gros pneus pénalisent la stabilité à haute vitesse, alourdissent la direction, font craindre l'aquaplaning et une facture douloureuse lors de leur remplacement. Un freinage puissant enrichi d'une aide au freinage d'urgence, des suspensions confortables mais un peu trépidantes et une visibilité aléatoire s'ajoutent pour composer une voiture performante et saine, mais pas si facile ni si agréable à conduire.
Dépourvu des derniers perfectionnements d'agrément comme le détecteur de pluie, l'allumage automatique des phares, le volant réglable en hauteur, le cache-bagages, la roue de secours, le système de navigation ou les phares au xénon, le coupé Crossfire est un véhicule finalement assez rustique qui joue sur son physique et sa rareté pour s'imposer.




























