Le Chrysler Voyager est un poids lourd de sa catégorie. En dix-sept années d'existence, il a été vendu à 9 millions d'exemplaires à travers le monde. En France, ses adeptes disposeront, à partir du 15 mars prochain, de la dernière évolution en date, commercialisée aux Etats-Unis depuis l'automne 2000.
Avec son museau plus imposant, ses passages de roue marqués et sa ligne de toit fuyant vers l'arrière, le Voyager gagne en prestance. L'ensemble fait appel à des arrondis plus doux, que l'on retrouve dans l'habitacle. Sur la planche de bord, par exemple, qui propose le meilleur comme le pire. Le meilleur, à l'image de la superbe instrumentation à cadrans chromés inspirée des Chrysler 300 M. Le pire, avec la partie centrale dont le traitement clinquant des plastiques jure avec le raffinement ambiant des versions de haut de gamme.
Le nouveau style du Voyager lui donne une silhouette plus massive, qui se traduit par des cotes extérieures allongées - de 4 cm en largeur et de 8 cm en longueur. Le Chrysler émarge désormais à 4,8 m, soit 1 cm de plus que le Grand Espace de Renault. Avec ce gabarit imposant, le monospace de Chrysler frôle les 5,1 m dans sa version longue !
Ce sumo est monté sur les bases mécaniques de la version précédente. Chrysler a toutefois retravaillé la rigidité de la structure (+ 20 %), a affermi l'amortissement et a redimensionné les freins, au profit du comportement routier. Mais c'est les moteurs qui profitent des évolutions les plus marquantes, surtout les Diesel, une motorisation qui totalise, en France, 71 % des ventes de Chrysler Voyager en 2000.
Le motoriste italien VM a, en effet, entièrement revu sa version de 2,5 l. Ce moteur est désormais doté d'une culasse à double arbre à cames et à seize soupapes, et d'une injection directe à rampe commune. Baptisé CRD, cette version passe de 115 ch à 140 ch qui font du Voyager le monospace diesel le plus puissant de sa catégorie. Le couple voit aussi sa valeur progresser, à 312 Nm (+ 13 %). La vitesse maximale et la sobriété profitent pleinement des nouvelles techniques employées. Le Chrysler pointe désormais à 185 km/h (un gain de 10 km/h), et ses consommations moyennes baissent de 9 % selon le constructeur.
Pour supporter le gain de couple du 2,5 l CRD, un nouvel embrayage et une nouvelle boîte de vitesses manuelle y sont associés. Cette transmission équipe également le bloc à essence de 2,4 l, dont les évolutions portent principalement sur la réduction des émissions de gaz d'échappement. Le travail est plus profond sur le V 6 de 3,3 l qui voit sa puissance passer de 158 ch à 180 ch. Accouplé uniquement à une boîte automatique à quatre rapports, il marque la fin du V 6 de 3,8 l et de 178 ch.
Mieux motorisé et embelli, le Voyager en profite également pour revoir son équipement. Ainsi, la dotation de base propose les quatre airbags et l'ABS à répartiteur de freinage sur tous les modèles (lire l'encadré).
Le Chrysler inaugure aussi de l'équipement inédit. A commencer par les portes latérales qui coulissent automatiquement grâce à un moteur électrique intégré. La mise en mouvement se fait à partir de la télécommande ou d'une touche située sur le montant central.
En série, à partir du niveau LX, ce dispositif est couplé à un système de détection d'obstacles. Le hayon est également à ouverture et à fermeture assistées depuis la télécommande (niveau Limited). Autres nouvelles fonctions, la volumineuse console centrale escamotable. Placée entre les sièges de la rangée centrale, elle peut prendre place entre les sièges avant. Enfin, le Voyager dispose d'un chargeur de 4 CD idéalement placé en façade de la planche de bord.
Après cette salve de bonnes nouvelles, la lecture des tarifs déçoit quelque peu... Ainsi, le premier prix en Diesel - pour la version 2.5 CRD SE - s'affiche à 192 900 F contre 178 500 F auparavant. Cette inflation vaut pour toutes les versions.
Reste que le nouveau Chrysler Voyager présente une palette d'équipements de série plus complète qui nuance cette hausse. Si bien que, au final, face à un Renault Espace dont Chrysler France fait sa cible prioritaire, cette nouvelle édition du Voyager conserve, en termes de prix, une meilleure compétitivité.




















