Depuis 1992, les enfants de moins de dix ans (moins de 36 kg et de taille inférieure à 1,35 m) doivent être installés dans un dispositif de retenue adapté à leur morphologie. Pourtant, chaque année, sept cents d'entre eux perdent la vie dans les accidents de voiture. Il faut savoir qu'un choc à 30 km/h correspond à une chute du deuxième étage, à 50 km/h du cinquième étage. Autre exemple lors d'un choc frontal à 40 km/h : un enfant de 25 kg est projeté en avant avec une force de une tonne ! Il faut donc impérativement qu'il soit bien maintenu dans son siège.
Suivant l'âge, mais surtout en fonction du poids, vous avez le choix entre plusieurs catégories de sièges (lire l'encadré). Il est très important de tenir compte du poids, l'âge étant donné à titre indicatif. Par exemple, si un bébé de neuf mois (catégorie 0) pèse 12 kg (catégorie 1), il faut choisir un siège dans la catégorie 1. En effet, structure et système de retenue seront mieux adaptés à l'enfant. Les enfants ont besoin d'être maintenus dans un siège approprié à leur morphologie. Comme le précise le docteur Jean-Yves Le Coz, directeur du Laboratoire d'accidentologie et de biomécanique (commun à Renault et à PSA Peugeot Citroën), « Jusqu'à l'âge de trois ans, la tête est proportionnellement plus grosse que le reste du corps. Chez le nouveau-né, elle représente 25 % du poids total du corps, contre 7 % chez l'adulte. En conséquence, si l'enfant est installé face à la route, même correctement sanglé, le choc va entraîner brutalement la tête vers l'avant. Mais le cou de l'enfant en bas âge n'est pas suffisamment musclé pour empêcher ce mouvement. Il y a donc des risques de lésions cervicales, mais aussi nerveuses, si la moelle épinière est atteinte. »
Cela démontre que l'utilisation d'un siège dos à la route est donc la plus sûre pour les très jeunes enfants. Tous les efforts dus au choc seront ainsi encaissés par son dos, et la tête ne sera pas soumise au dramatique coup du lapin. Côté pratique, certains de ces sièges sont classés dans une catégorie « bâtarde » 0-1 (de zéro à quatre ans et demi) et peuvent donc être installés au début en position dos à la route puis sont convertibles en face à la route. Mais, côté sécurité, ils ne sont pas vraiment un modèle du genre. « La structure d'un siège dos à la route n'est pas la même qu'une version face à la route. On ne peut donc pas offrir un niveau de sécurité similaire pour les deux positions dans un même siège, indique Jeff Wenlock, directeur commercial de la société Britax. En outre, les sièges de la catégorie 0-1 ne conviennent parfaitement ni aux bébés ni aux plus grands. En effet, le système d'attache composé de boucles et de harnais n'est pas adapté aux petites tailles et, une fois placé face à la route, le siège est souvent trop petit. »
Même si cela revient plus cher, il est donc conseillé d'acheter un siège pour chaque tranche d'âges. De même, il ne faut jamais installer dans l'autre sens un siège prévu dos à la route.
De deux à quatre ans, le point le plus sensible est la tête, qui risque de venir heurter le siège avant si le bambin n'est pas bien sanglé sur son siège. Dans le cas d'un enfant âgé de trois à douze ans, le manque d'ossification du bassin diminue l'effet de retenue de la ceinture de sécurité, ce qui favorise le sous-marinage (le passager passe sous la ceinture).
Une fois que le siège est correctement positionné dans la voiture, il faut installer l'enfant. Jusqu'à la catégorie 1, il est attaché au siège grâce à un harnais. Il est important de préférer une version à cinq points : bretelles, ceinture et brin entre les jambes. Ce dernier l'empêche de glisser sur son siège. Lorsque vous attachez votre enfant, il est important de vérifier le passage correct des brins et de bien ajuster le harnais au corps. Il faut également contrôler que la sécurité du harnais est verrouillée correctement pour que le chérubin ne risque pas de l'ouvrir pendant le trajet. Pour augmenter encore son confort, les fabricants proposent de nombreux accessoires adaptables aux sièges : tablette, coussin appui-tête, protecteurs en mousse pour les ceintures, etc.
Pour les sièges de catégorie 2 ou 3, ceux qui sont attachés avec la ceinture de sécurité, il faut bien veiller à ce que l'enfant ne passe pas son bras par-dessus la ceinture. Les risques de lésions internes en cas de choc seraient alors très importants. Les sièges rehausseurs possèdent généralement un point de guidage de la ceinture de sécurité sur leur partie supérieure, ce qui permet de l'ajuster correctement. Mais, quelle que soit la catégorie, vous devez impérativement choisir un siège homologué, portant la mention ECE R44/03 (la dernière en vigueur), qui offre une garantie de sécurité pour l'enfant et signifie qu'il peut être utilisé dans tous les types de véhicules.
Si l'âge minimal autorisé pour ne plus installer votre enfant sur un siège adapté est dix ans, il est toutefois conseillé de continuer à le placer sur un rehausseur jusqu'à ce que sa tête dépasse du dossier de la banquette lorsqu'il est assis « normalement ».
Pour approfondir les connaissances dans le domaine de la protection des enfants, Renault a créé, en 1990, une task force internationale qui s'est attachée à recueillir un maximum d'informations dans les pays impliqués dans la sécurité des enfants (Allemagne, Australie, Etats-Unis, Suède...). Cela s'est transformé en un programme européen, le Crest (child restraint system for car) en 1996.
D'autre part, les mannequins utilisés pour les essais de chocs ont évolué pour correspondre au plus près à la réalité. Aujourd'hui, les constructeurs installent non plus un seul mannequin, mais toute une famille à bord des véhicules testés. Enfin, pour protéger les enfants dès le plus jeune âge, Volvo vient de mettre au point un mannequin virtuel d'une femme enceinte. Reste, pour que ces travaux ne soient pas vains, que les parents attachent correctement leurs enfants, même pour un court trajet.
















