Premier, et encore, unique 4 x 4 d'un constructeur généraliste européen, l'Opel Frontera a été défini pour répondre à un usage convivial et orienté vers les loisirs. Il s'accommode peu du tout-terrain pur et dur, contrairement à ce que laisse penser son séduisant style de baroudeur.
Polyvalence d'un grand break, position haute d'un monospace et capacité routière de bon aloi sont ses premières armes. Elles ont d'ailleurs visé juste puisque le Frontera a su conquérir une clientèle habituellement adepte des berlines. Des clients qui peuvent tout de même s'adonner aux joies du tout-terrain car il possède tous les attributs d'un véritable 4 x 4. Seul handicap, mais pas des moindres, sa garde au sol est insuffisante et un point bas, la boîte de transfert, l'éloigne du franchissement.
Toujours dans le peloton de tête européen au milieu de ses rivaux japonais, le Frontera a rempli ses objectifs commerciaux. En France, au cours du premier semestre de 1999, il a même réalisé une de ses meilleures performances depuis son lancement : 1 859 immatriculations, soit une progression de 120 % !
Et il n'y a pas que les ventes de modèles neufs qui sont à la fête. La carrière déjà longue de ce 4 x 4 donne accès à de nombreux modèles en occasion. Moteurs à essence et Diesel, versions courte ou longue, toit rigide ou cabriolet, le choix est large.
l Gamme. Apparu en mai 1992 en France, le Frontera est proposé en deux empattements et deux carrosseries. Lancée en premier, la version longue à cinq portes mesure 4,48 m pour un empattement de 2,76 m. Vendue à partir de septembre 1992, la version courte à trois portes possède un empattement réduit à 2,33 m pour une longueur de 4,21 m. Particularité de ce Frontera court, baptisé Sport, sa partie arrière en matière composite est amovible. Disponible d'abord avec un moteur à essence de 2 l, cette version a dû attendre mai 1995, avec l'apparition du TDi de 2,8 l, pour recevoir un moteur Diesel turbo.
La première vague de modifications techniques remonte au printemps de 1995 (lire « Les évolutions de la gamme »). A cette date, le Frontera adopte une nouvelle suspension à ressort hélicoïdaux au lieu des ressorts à lames, ce qui le rend plus confortable et améliore sa tenue de route.
En octobre 1998, apparaît la seconde génération. Une mutation timide au plan esthétique, puisque le profil modernisé conserve un visage familier. Face avant, feux arrière, large baguette latérale et bas de caisse ont été légèrement redessinés alors que les évolutions techniques ont été plus franches (lire encadré).
l équipement. A son lancement, le Frontera long était correctement équipé avec, notamment, la direction assistée, les vitres teintées et à commande électrique, la fermeture centralisée, les rétroviseurs électriques et dégivrants et la radio K7 à façade amovible. Ensuite, Opel a choisi la politique des packs. L'équipement des Frontera d'occasion sera donc fonction de celui acheté par leur premier propriétaire.
Pour accéder aux ouvrants à commande électrique, au volant réglable en hauteur et gainé de cuir et à l'alarme - pour la version longue -, le véhicule doit être doté du pack Confort.
Plus visible et largement diffusé, le pack Phares regroupe un pare-buffle, des phares à longue portée et des antibrouillards. Idem pour le pack Elégance qui propose les jantes en alliage, les marchepieds, et la roue de secours montée à l'extérieur.
Pour les amateurs de tout-terrain, il est préférable d'opter pour un modèle avec le pack Nord. Il est composé du différentiel arrière à glissement limité, des sièges chauffants et des lave-phares.
l Extérieur et Intérieur. Le confort général du Frontera est satisfaisant dès lors que l'on s'habitue au flottement caractéristique des 4 x 4. Une sensation pas toujours agréable.
Conformément à sa vocation de véhicule de loisirs et polyvalent, il dispose d'un intérieur à double utilisation. Sa luminosité, son vaste espace vital et l'assise haute sont idéales lors des balades touristiques. Et, quand il s'agit d'emporter des objets encombrants, son espace de chargement est appréciable. Le Frontera long fait même mieux que la plupart des grands breaks, avec 1,86 m entre les dossiers des sièges avant et la paroi du hayon.
L'intérieur a connu une évolution importante en octobre 1996 avec l'adoption d'une nouvelle planche de bord plus harmonieuse (voir photo), qui sera encore redessinée avec l'apparition de la nouvelle génération de la fin de l'année 1998. D'une manière générale, la qualité des plastiques intérieurs est moyenne, et ils devraient connaître un vieillissement sans grande surprise.
l Moteurs. Quatre moteurs Diesel se sont succédé sous le capot du Frontera. Au lancement, le TD de 2,3 l et 100 ch animait la version longue. Trop nonchalant, il réclamait de jouer sans arrêt avec le levier de vitesse pour procurer, bruyamment, un semblant de vivacité. Le Tdi de 2,8 l apparu en avril 1995 pour le remplacer semble plus costaud. On révise quelque peu ce jugement à l'utilisation puisqu'il délivre des accélérations à peine meilleures et des reprises équivalentes à la version TD 2.3l. De plus, sa consommation est en hausse, à près de 12 litres aux 100 km et sa fiscalité grimpe à 11 CV.
Sacrifié sur l'autel de la lutte antipollution après dix-huit mois d'existence, il est remplacé en juillet 1996 par le VM italien de 2,5 l, celui-là même qui équipe la Jeep Cherokee. Ainsi motorisé, l'Opel se montre plus vigoureux en reprises, alors que la vitesse de pointe stagne à 150 km/h. Dans l'opération, la puissance fiscale descend de 11 CV à 10 CV.
Avec la nouvelle génération, le Frontera a hérité du moteur DTi de 2,2 l du défunt monospace Sintra. Plus silencieux et moins gourmand, il offre également un couple plus généreux dès les bas régimes.
Du côté des versions à essence, moins diffusées sur ce type de véhicules, le Frontera long a été lancé avec un moteur de 2,4 l et 125 ch alors que la version courte devait se contenter d'un moteur de 2 litres de 115 ch. En mai 1995, le moteur 16 V de 2,2 l et 136 ch de la génération Ecotec a pris place sous le capot. Maintenu lors du passage à la seconde génération, il est épaulé depuis le début de l'année par un gourmand, mais onctueux, V6 de 3,2 l et de 205 ch uniquement disponible sur le Frontera Long Limited.
Si beaucoup de Frontera d'occasion ont peu pratiqué le tout-terrain, d'autres sont soumis à des régimes plus sévères par leur propriétaire. En général, l'état de l'anneau de remorquage, des bas de caisse et du porte-à-faux arrière, surtout sur les versions longues, renseigne sur le traitement infligé au véhicule.












