Plébiscitée à la fois pour son style et sa nouvelle approche de l'automobile, la Tigra a réussi à imposer un nouveau segment en Europe, celui des petits coupés sportifs. En France, plus de vingt mille modèles ont trouvé un acquéreur et, malgré des ventes qui s'essoufflent, l'Opel a tout de même coiffé la jeune Ford Puma sur le poteau au bilan de 1999.
Il ne faut pas s'y tromper, la Tigra n'est pas une voiture à part entière puisque, pour limiter les coûts, elle a été élaborée sur la base technique de la Corsa. Le coupé Opel possède toutefois sa propre personnalité grâce à son style ravageur et à son intérieur qui fait fi de toute notion d'habitabilité et de polyvalence.
Fermement amortie pour coller au tempérament sportif revendiqué par la marque, la Tigra ballotte ses occupants dès que la route se dégrade. Il n'en reste pas moins que la suspension ne présente pas de défaut criant. La direction est, quant à elle, moins adaptée à un usage sportif. Trop assistée, elle manque de précision au point milieu, et elle ne facilite pas le placement en virage.
- Moteurs
Depuis son lancement, à l'automne de 1994, la Tigra bénéficie de deux moteurs à essence de la famille Ecotec.
Le moteur 16V de 1,4 l de 90 ch constitue l'accès à la gamme. Sa puissance est modeste, mais le brio de ce petit moteur permet d'offrir un minimum d'agrément. Il propulse la Tigra à 190 km/h en vitesse de pointe, et ses accélérations ne sont pas ridicules : 11"5 de 0 à 100 km/h. Avec seulement 6 CV et une consommation mesurée, il a conquis une clientèle d'abord séduite par le concept de la voiture. Cette Tigra 1.4 16 V est la moins chère en occasion. Un modèle millésimé 1995 peut en effet se négocier à moins de 40 000 F.
Les Tigra 1.6 16 V seront plus à la mesure des conducteurs avides de performances. Avec 106 ch, une belle prestance dès les bas régimes et une accélération bien linéaire, ce moteur 16V de 1,6 l accroît les sensations au volant de la légère Tigra. Plus alerte dans les reprises, la petite Opel révèle un tempérament plus fougueux qu'il faudra veiller à modérer sur les routes mouillées.
- Intérieur
Présentée comme un coupé 2 + 2, la Tigra est en réalité un coupé 2 adultes + 2 enfants. Il suffit de s'installer sur les coussins arrière pour constater que la faible hauteur sous toit en fait uniquement des places d'appoint pour les adultes.
L'exiguïté de l'intérieur se ressent aussi aux places avant, surtout en largeur aux coudes et en hauteur. Mais la Tigra respecte là l'ambiance générale des petits coupés sportifs.
L'ambiance est beaucoup moins typée sur la planche de bord. Là, fini l'audace stylistique de l'extérieur puisque la Tigra a hérité de la planche de bord très conventionnelle de la Corsa.
En dépit de son intérieur où la place est chichement mesurée, la Tigra se révèle une compagne agréable au quotidien. La gêne la plus courante est le manque de rangements de première nécessité : il n'y a ni bacs de portières ni espace ouvert sur la planche de bord. Il faut aussi s'habituer à la faible vision arrière et à l'épais montant de pare-brise qui gêne la visibilité de trois quarts avant.
- équipement
La Tigra n'est pas avare en équipement. La version de base 1.4 16V comprend notamment les ouvrants électriques, la direction assistée, l'airbag du conducteur et la radio K7 à affichage déporté. La Tigra 1.6 16V est encore mieux lotie (lire ci-dessous) et quelques modèles sur le marché dispose de la climatisation optionnelle. En occasion, il ne faut pas hésiter à viser les séries spéciales. La version Edition Limitée, avec sa sellerie en cuir havane et sa belle livrée vert foncé métallisé est intéressante, tout comme la Coupe du Monde sur base de 1.4 16V. La Team, en revanche, outre des attributs esthétiques discutables, n'offre rien de particulier en termes d'équipement.
























