En matière d'automobiles, chaque continent développe ses spécificités. Pour l'américain, la démesure et l'opulence priment. L'européen, lui, recherche plutôt un produit homogène de taille moyenne. Quant à l'asiatique, il cultive un intérêt pour les minis. Rien d'étonnant. Lorsqu'un kilomètre carré du sol des Etats-Unis abrite 29 habitants, 334 s'entassent sur l'équivalent au Japon. Le bonsaï, la miniaturisation, est donc passé de l'art à la nécessité, et il touche depuis longtemps toutes les industries.
Ainsi, le parc d'automobiles japonais s'est enrichi, ces trente dernières années, d'une catégorie florissante bien particulière, les K-cars. Fiscalement avantageux, ce segment regroupe tous véhicules de moins de 3,3 m et de moins de 660 cm3. Un marché représentant 23 % des immatriculations japonaises, la poule aux oeufs d'or !
Si bien que chaque marque y va de son « microspace », et le décline pour d'autres marchés, en version allongée ou élargie et motorisée différemment. Le nouveau Daihatsu Move suit ce mouvement. Il fait comme le Suzuki Wagon R qui, en passant du Japon à l'Europe, a gagné « + » de volume et de puissance.
Le Move européen est plus long de 10 cm, et il a gagné 12 ch. Le tarif aussi a subi cette inflation. En contrepartie, la finition « X » propose un équipement très complet. Il dispose en effet de la direction assistée, de deux airbags, de quatre vitres et de deux rétroviseurs électriques et de la climatisation. Seul l'ABS manque à l'appel. Il est disponible en option groupée avec la boîte automatique.
Il faudra donc, pour avoir un freinage plus sécurisant, passer à côté de cette boîte de vitesses mécanique à l'étagement judicieux et à la commande douce. Passer à côté du plaisir de pouvoir profiter au mieux du bon vouloir du moteur. Portée à 989 cm3, la cylindrée du petit bloc à trois cylindres permet de dégager une puissance de 55 ch. Bien assez pour un ensemble de 890 kg.
Malgré un cinquième rapport un peu long, les performances du Move sont satisfaisantes. Mais, plus que la vitesse de pointe, c'est sa vivacité sur les premiers rapports, ses prestations en utilisation urbaine, qui sont à saluer. Les montées en régime sont franches, avec, en prime, la sonorité de turbine à gaz du trois-cylindres. Le Move se faufile avec agilité dans le flot citadin où sa suspension trépidante n'est pas trop pénalisante, où sa direction très assistée et son gabarit modéré sont des avantages.
Grâce à la large surface vitrée et à la position surélevée des passagers arrière, tout le monde est aux premières loges. Tous peuvent prétendre voyager dans des conditions acceptables.
L'habitabilité proposée à chacun est très satisfaisante. L'espace a été utilisé dans ses moindres recoins. Notamment pour proposer une multitude de - petits - bacs de rangement, même sous les sièges arrière. Grâce à un astucieux système de rails, ces derniers s'effacent pour offrir une capacité de chargement de plus de 1 000 litres.
A moins d'opter pour la position couchette. Une spécificité japonaise présente sur bon nombre de véhicules de cette catégorie. A croire que les automobilistes nippons s'y sentent si bien qu'ils veulent même dormir dans leur auto !















