Les performances de Citroën sur le marché de l'utilitaire sont satisfaisantes en volume et bien équilibrées. Plus de 77 000 utilitaires Citroën ont été immatriculés en 2001, se répartissant ainsi : 31 % dans le segment des dérivés de VP (Saxo et Xsara Entreprise, essentiellement) ; 45 % dans celui des fourgonnettes (Berlingo et C 15) ; 9 % dans celui des petits fourgons (Jumpy) ; 15 %, enfin, dans le segment supérieur auquel appartient le Jumper 31M 2.8 HDi. Fruit de la collaboration avec Fiat et Peugeot, ce dernier est le navire amiral de la gamme Citroën.
Décliné en de nombreuses versions - fourgon, châssis à simple ou à double cabine, plancher cabine et minibus -, le Jumper réalise le principal de ses ventes en fourgon : les charges utiles sont comprises entre 1 000 kg et 1 600 kg, et les volumes entre 7,5 m3 et 14 m3. Le 31M se situe au coeur de la famille Jumper par ses caractéristiques utiles.
Le Mondial de l'automobile a été l'occasion pour Citroën d'introduire une nouvelle motorisation. Il s'agit d'un quatre-cylindres turbocompressé généreusement dimensionné (d'origine Sofim-Iveco), parfaitement adapté au rude monde de l'utilitaire. Par rapport à l'ancien 2.5 TDI d'origine PSA, le nouveau 2.8 HDi se caractérise, notamment, par son système d'injection à rampe commune (common rail), les prestations induites lui permettant de se mesurer à la dernière génération des Mercedes Sprinter, Iveco Daily et autre Renault Master. Puissance et couple sont bien au rendez-vous.
A vide, le Jumper fait la pige à la plupart des berlines. La montée d'une côte à 10 % a été particulièrement instructive pour mettre en évidence le couple du moteur : décoiffant ! Bien chargé, le Jumper reprend sagement sa place dans la file de droite tout en suivant allégrement le rythme du trafic. Routes accidentées et autoroutes sont les terrains privilégiés où il peut exprimer toutes ses qualités. Sur autoroute, à 120 km/h et à mi-charge, la consommation fut de 13 litres aux 100 km, et de 10 litres sur un parcours plutôt routier.
Trois empattements et trois hauteurs de flanc cohabitent dans la gamme Jumper. Le 31M, bâti sur l'empattement moyen, est doté de flancs bas. Cette version privilégie la longueur de chargement par rapport à la hauteur. La porte latérale coulissante, limitée en hauteur, est intéressante par sa largeur record. On accède ainsi sans restriction à la partie avant de la soute. A l'arrière, les deux portes battantes mettent bien en évidence, à l'ouverture, le caractère cubique du compartiment de chargement. Ces portes peuvent être à ouverture à 270° en option (2 000 F HT). L'adoption de la traction, par l'abaissement du plancher qu'elle autorise, présente deux avantages. D'abord, une faible hauteur de seuil de chargement. A vide, la marche à franchir pour pénétrer à l'intérieur du véhicule est de 54 cm seulement. Après avoir chargé par le côté une palette de 1 200 kg, la hauteur du plancher n'est plus que de 45 cm environ. A noter, au passage : le véhicule d'essai était équipé d'une cloison de séparation complète dont le déport vers l'arrière a tendance à gêner le chargement dans le cas d'une palette chargée en hauteur. Second avantage : le plancher du compartiment arrière se trouve surbaissé par rapport au plancher du poste de conduite. Ce décalage forme arrêt de charge et sécurise la marchandise en cas de freinage brusque.
Panneaux et ouvrants sont protégés jusqu'à mi-hauteur par des garnissages. Six anneaux permettent d'arrimer le chargement en cas de besoin. Le diamètre de braquage du Jumper 31M est relativement important, plus de 12 m. Les roues avant sont indépendantes à ressorts hélicoïdaux quand celles de l'arrière sont associées à un essieu rigide à suspension monolame. Rien que du très classique, efficace, mais de légers coups de raquette se font sentir à vide.
Les freins sont à disque à l'avant et à tambour à l'arrière. Ils sont francs, mais nous regrettons que l'ABS (en option à 6 500 F HT) dont était équipé notre Jumper ne soit pas encore un standard à ce niveau de gamme. Il s'agit là d'un élément de sécurité essentiel, en particulier par temps pluvieux.
Avec son levier de vitesse au tableau de bord, le Jumper faisait, en 1994, figure de précurseur. Depuis, d'autres ont repris l'idée. Elle n'est vraiment intéressante que pour les utilisateurs qui se déplacent à l'arrière de leur véhicule : marchands ambulants, livreurs, camping-caristes. Citroën en a profité pour placer le levier de frein à main à la gauche du siège conducteur. Les vitesses se montent ou se descendent facilement.
Pour le confort, les sièges du conducteur et du passager sont dotés d'un accoudoir. Du côté gauche, le conducteur trouvera la poignée de porte pour y poser son coude. La position de conduite est bonne, si ce n'est que le pédalier, à cause du passage de roue avant, est légèrement décalé vers la droite par rapport à l'axe siège et volant. Le tableau de bord est traité résolument utilitaire, dans des matériaux solides. Les interrupteurs sont largement dimensionnés. Sous la banquette du passager et sur la droite du siège du conducteur, des bacs en treillis métallique peuvent recevoir tout ce qui est utile à la vie à bord sans devenir automatiquement des nids à poussière.
En définitive, le Jumper HDi constituera sans doute une réponse pertinente pour qui cherche un outil performant et brillant pour satisfaire les exigences de sa profession plus qu'un utilitaire pur et dur.












