Les monospaces de poche soignent avant tout leur côté pratique, leur volume intérieur généreux, leur modularité arrière et leur facilité d'accès à bord. A ces valeurs, Lancia ne voit pas d'incompatibilité à associer celles dont il crédite traditionnellement ses voitures, à savoir le chic et l'esthétique.
De cette union est née la Musa. Sur la base de la Fiat Idea, Lancia a réalisé un travail de dix-huit mois et a investi 60 millions d'euros pour draper la voiture d'un certain luxe à l'italienne. A l'extérieur, on retrouve donc les traits de style des Thesis et de la récente Ypsilon, avec la calandre chromée, les phares effilés et les rondeurs bien remplies. L'habitacle s'habille de matériaux plus chaleureux, et la finition est à l'avenant. « Nous avons voulu créer une ambiance intérieure de bon goût et de raffinement, de sorte que les passagers aient l'impression d'être traités comme des invités », explique Lucas di Meo, directeur de la marque Lancia.
La Musa partage 72 % de ses éléments avec la Fiat Idea, mais le profond travail de maquillage lui permet de dégager une personnalité à part. Du moins en la regardant car, au volant, on retrouve les avantages et les inconvénients de la cousine Fiat. Au rang des atouts, le niveau de confort, la légèreté de la direction en manoeuvre et le niveau de performances du 1.9 JTD de 100 ch sont à souligner. Les mauvais points ont trait à l'imprécision de la direction en virage, à une prise de roulis assez marquée et à la faiblesse de la motorisation à essence 1.4 16V de 95 ch. Il est d'ailleurs regrettable de noter qu'aucun moteur à essence d'une puissance respectable ne vienne chapeauter la gamme pour tirer vers le haut l'image de la Musa et rappeler que Lancia est une marque huppée.
Le petit Diesel 1.3 16V Multijet de 70 ch n'est pas non plus très performant, mais il fait illusion grâce à son couple. Il peut recevoir en option la boîte mécanique robotisée DFN (700 €) pour répondre au mieux à la vocation urbaine de la voiture. L'association est globalement réussie, même s'il faut composer avec des à-coups encore assez prononcés entre chaque rapport.
Au chapitre des déceptions, le niveau d'équipement surprend aussi. La finition de haut de gamme Platino n'oublie pas les éléments d'ambiance, tels que le double toit ouvrant électrique et la sellerie en partie recouverte de cuir, mais elle fait l'impasse sur le système ESP, la climatisation automatique, le régulateur de vitesse ou encore le radar de recul. Un peu gonflé pour une version qui veut jouer les hauts de gamme !
D'autant qu'elle sera facturée 18 500 € avec le moteur 1.3 JTD, et plus de 21 000 € avec le 1.9 JTD. Le luxe à l'italienne a, semble-t-il, ses limites, et la Musa sera quelque peu désarmée face à une nouvelle Mercedes Classe A, qui sera lancée un mois avant elle (en septembre). La Musa est chatoyante, mais sa notoriété inexistante, et le fait qu'elle peut être assimilée à une Idea à la sauce Lancia ne devrait pas aider à son éclosion.































