Lentement mais sûrement, ceux que le jargon du marketing appelle les SUV, ont ouvert une brèche dans le marché traditionnel des modèles de 4 x 4. Ce terme de SUV - de l'anglais sport utility vehicules - signifie un peu paradoxalement « utilitaires sportifs ». Une expression que l'on peut tolérer dans le cas d'un Grand Cherokee V8 mais qui semble tout de même un peu tirée par les cheveux quand elle s'adresse à de petits engins qui n'ont ni le volume d'un camion, ni la cavalerie pour épater les foules. Toutefois, il est vrai que certains moteurs de cylindrée moyenne s'arrangent pour faire preuve de dynamisme.
C'est le cas du moteur 2.0 DOHC - double arbre à cames en tête - de Kia qui, sous le capot du Sportage, n'a jamais démérité. Depuis le début de l'année, il est en charge d'animer une séduisante version décapotable qui, sans avoir le raffinement d'un véhicule coûteuse brille de tous ses charmes.
Le Sportage Cutback peut ainsi venir se frotter aux quelques cabriolets qui peuplent la catégorie des SUV. Car, si les 4 x 4 populaires sont devenus légion, leurs dérivés de plein air sont encore en petit nombre. On ne recense guère que la Jeep Wrangler, le Land Rover Freelander et le Suzuki Grand Vitara. Quant au Rav Cruiser, il arrive en fin de carrière, Toyota n'ayant pas encore introduit de cabriolet dans sa nouvelle gamme Rav 4.
Disponible en finition standard, et depuis peu en série spéciale Luxe, le Sportage Cutback n'est pas réalisé, comme on aurait pu le supposer, à partir d'une version break que les ateliers auraient décapitée à la scie à métaux. La transformation est plus profonde, et elle concerne toute la structure, puisque l'empattement a été raccourci de 29 cm.
L'encombrement hors tout a lui aussi diminué, dans des proportions moindres, mais qui donnent à l'engin un bon équilibre esthétique à travers une formule qui n'a rien de familiale. Le Cutback est avant tout un semi-décapotable qui, malgré les cinq places annoncées sur la carte grise, a plutôt la vocation d'un coupé 2 + 2 d'agrément. D'ailleurs, les dossiers arrière séparés ont été remplacés par une banquette rabattable. Dans ces conditions, la transformation du véhicule en solarium ou en pick-up de plage est à la portée de tous. Au premier niveau d'équipement, le Sportage Cutback est un honnête cabriolet conjugal, en finition Luxe, il devient un des points de mire des stations balnéaires à la mode.
Profil dynamique et confort du Sportage d'origine restent intacts. Les suspensions sont indulgentes et la discrétion du moteur fait merveille, qualité moins flagrante sur un cabriolet qui roule découvert. Plus court donc plus mobile autour d'un axe vertical, le véhicule semble plus maniable que son aîné, débarrassé en partie d'une certaine lourdeur de la direction. Le châssis montre parfois quelques signes d'indiscipline, mais ces sautes d'humeur sont assez passagères. Il convient donc de tenir un rythme prudent, de lever le pied lorsqu'il pleut, et de conduire la machine dans le style décontracté que suggère la formule cabriolet.
Au reste, le Sportage Cutback n'est pas un mauvais cheval. Son appétit reste un peu élevé lorsqu'il circule en ville, son tonus n'est pas toujours celui d'un pur-sang sur les rapports longs, mais ses freins et sa commande de boîte n'appellent aucune critique. Il n'est pas désagréable à conduire en pleine circulation, là où les cabriolets font généralement étalage de leur coquetterie. Cela est d'ailleurs encore plus vrai en ce qui concerne une version automatique qui n'est malheureusement proposée qu'en deux roues motrices.














