Chaque constructeur d'automobiles possède une spécialité. Renault règne en maître dans la catégorie des monocorps. Peugeot est l'expert des cabriolets et des coupés élégants. Volvo voit souvent son nom associé aux breaks. Mais, désormais Audi est dans ce domaine un concurrent sérieux. C'est une vérité, la firme allemande construit des breaks raffinés, puissants et fiables. Le soin apporté par les dessinateurs à ce genre de voitures est tel que, parfois, la berline dont il est issu paraît moins élégante que sa version « allongée ».
La dernière-née de la gamme : l'A 6 Avant 2.4 à essence est conforme à la tradition. Malgré ses dimensions imposantes (4,8 m de long pour 1,81 m de large), l'A 6 n'est pas massive. Au contraire, ses lignes sont fluides et harmonieuses. Sans les barres de toit, les encadrements de fenêtre et le bord du hayon chromés, car trop tranchants à l'oeil, elle serait parfaite.
Les premières sensations, une fois la porte fermée et la clef tournée, sont trompeuses. D'abord, l'espace intérieur est si vaste que l'on se sent un peu perdu derrière le volant. Ce sentiment cesse dès les premiers kilomètres car, même pour les personnes de petite taille, la position de conduite est très facile à trouver, grâce au volant et à l'assise de siège réglables en hauteur. Les commandes sont à portée de la main et, très vite, s'en servir devient automatique. Ensuite, il y a une impression de masse et de solidité. Les portes sont lourdes, la voiture semble inébranlable.
Cette théorie se confirme lors des premiers kilomètres. Le V 6 de 165 ch, utilisé aussi dans l'Audi A 4, qui propulse l'A 6 Avant semble au premier abord un peu juste en puissance et en couple. Ne vous attendez pas à un foudre de guerre. Le break pèse 1 600 kg, et son décollage se fait vraiment en douceur. Pas d'accélération brutale, pas de frayeur, ni de réaction brusque, même le pied à fond sur l'accélérateur. Le moteur V 6, qui est couplé à une boîte automatique à cinq rapports, est davantage un marathonien qu'un sprinter.
Une fois lancée, la voiture est irréprochable, et le V 6 tourne comme une horloge. Pas de bruit, beaucoup de souplesse et d'autonomie. A 140 km/h, le compte-tours affiche un timide 2 800 tr/min. Dans de telles conditions, la consommation est proche de celle du chameau.
La boîte est homogène, mais c'est en montée de rapports qu'elle est le plus efficace. Elle change de vitesse dès la première petite côte pour être au bon régime. En revanche, elle est décevante au rétrogradage. Le fait de lever le pied n'enclenche malheureusement pas automatiquement un rapport inférieur. Le freinage est là pour palier l'absence de frein moteur.
Le poids de la voiture, si important soit-il, n'est pas un handicap. Ralentir, même dans une situation d'urgence ou en appui en plein virage, se fait sans la moindre angoisse. Pourtant, il est possible de disposer d'un frein moteur efficace. Et cela grâce au deuxième mode de fonctionnement de la boîte Tiptronic, le mode séquentiel.
Une fois ce mode enclenché, l'A 6 Avant entre dans une autre dimension. Après la routière performante, sûre et sobre, elle se transforme en sportive, nerveuse et particulièrement drôle à conduire. Fini l'impression de poids. Pour passer en mode séquentiel, rien de plus simple. Il suffit de pousser le pommeau du levier de vitesses sur la droite. On peut alors changer de vitesse par une simple impulsion. Vers l'avant pour monter les rapports, vers l'arrière pour rétrograder. Sur le tableau de bord, un voyant entre le compte-tours et le compteur de vitesse vous indique quel est le rapport engagé. En montagne, pour obtenir un regain de puissance avant de doubler, pour bénéficier du frein moteur, ce mode est la solution parfaite.
Ce plaisir de conduire se double de la sensation de piloter comme en F 1. L'espace intérieur, la double personnalité de la boîte, la qualité du moteur, tout respire le confort.
La seule critique concerne les amortisseurs. L'A 6 Avant tient très bien la route. Malgré sa longueur, elle ne tangue pas. Même en arrivant trop vite dans un virage, elle n'a aucune réaction suspecte.
Cette très bonne tenue de route est sans doute liée au réglage des amortisseurs. Mais, très durs, ils n'absorbent pas les hautes fréquences, et la moindre irrégularité dans le revêtement se ressent à l'intérieur.
L'Audi A 6 Avant 2,4 Tiptronic est une voiture qui cache très bien son jeu. Au premier abord, elle ressemble à un break « pépère » mais c'est une bombe qui sommeille.
Selon votre humeur, le style de vos passagers, votre conduite s'adaptera aux circonstances. Le coffre n'est pas le plus grand de sa catégorie, mais il est d'une très bonne modularité et offre une trappe à skis bien utile. Avec des véhicules de cette qualité, Audi risque fort de prendre la place de Volvo dans le coeur des amateurs de breaks.






































































































































