Seat, la marque espagnole du groupe Volkswagen, manifeste des prétentions sportives. Au menu de la compétition, un engagement en Championnat du monde des rallyes avec la Cordoba WRC. Côté production, la dernière-née de la marque, la Leon, est déclinée en une version sportive forte de 180 ch.
En septembre prochain, Seat nous resservira le plat de la Cupra. Une cuisine déjà connue dans la maison espagnole pour son goût épicé.
Pour cette nouvelle édition, basée sur la version récemment restylée de l'Ibiza, les ingrédients ont été remis au goût du jour. Et, nouveau, ils embaument aussi de leurs senteurs sportives la version « sac à dos » de l'Ibiza, la Cordoba. Dès la mise en bouche, la recette semble moins piquante qu'auparavant. Ainsi, la présentation extérieure abandonne-t-elle les imposantes jantes blanches à rayons de type rallye pour des roues plus discrètes, de couleur titane. Quant aux gros autocollants Cupra, qui bariolaient les flancs de la voiture, ils ont été remplacés par un discret logo sur la calandre. Il reste tout de même une pincée d'agressivité à la nouvelle Cupra : un proéminent bouclier avant flanqué de deux lentilles en guise de projecteurs antibrouillard. Il est d'ailleurs si expressif qu'il permettra sans doute à l'Ibiza Cupra de s'aligner dans les réunions de tuning sans craindre le ridicule. Cette panoplie se complète d'une double sortie d'échappement chromée, et des étriers de freins qui exhibent leur couleur rouge entre les branches des jantes en alliage.
L'habitacle de la Cupra tranche avec son aspect extérieur. Seat joue ici la carte de l'élégance et de l'équipement à outrance. La sellerie en faux daim va de pair avec la climatisation, un volant en cuir, de discrets joncs chromés et un écran multifonction. Pour le sport, il faudra pencher la tête pour constater que le pédalier est en aluminium ou... s'installer à bord. Car s'asseoir sur les sièges avant, c'est comme s'installer sur une chaise en fer forgé sans coussin : c'est dur dur !
Ce constat donnerait-il un avant-goût de la partie mécanique de ces Ibiza et Cordoba ? Car, pour honorer ses prétentions sportives, la Cupra a vu sa caisse se rigidifier, ses barres antiroulis s'épaissir, tandis qu'elle se chaussait de performants pneus taille basse, en l'occurrence des Michelin Pilot SX 195/45R16 sur les voitures essayées.
Pour le moteur, le choix s'est porté sur le 1.8 turbo à vingt soupapes, qui exerce déjà ses talents sous les capots des Audi A3 et autres Golf GTI dans une version affichant 150 ch. Seat en voulait plus. Ce moteur de 1,8 l développe donc 156 ch pour la Cupra. Il propulse l'Ibiza de 0 à 100 km/h en 7"9', et en 8'' pour la Cordoba. C'est mieux que l'ancienne version qui réalisait cet exercice en 8"3. En vitesse maximale, la nouvelle Cupra pointe à 218 km/h.
Les reprises offrent également des belles prestations mais, plus que les dixièmes de seconde, c'est le double caractère du moteur qui est remarqué. Ce turbo de 1,8 l est agréable au quotidien par sa souplesse et par sa capacité à pratiquer l'effort en silence. Lorsque le conducteur se montre pressé, il sait être alerte au-delà de 3 000 tr/min, et il propose, dès lors, des montées en régime d'une linéarité exemplaire. C'est efficace, mais, en usage sportif, on aurait aimé un caractère plus trempé et une sonorité plus appuyée. En fait, tel qu'il s'exprime, ce moteur s'allie bien avec l'habitacle embourgeoisé de la Cupra. Alors, pourquoi une carrosserie dont les appendices spécifiques suggèrent un véhicule fort en caractère ? Et ces sièges baquets durs comme fer, sont-ils là pour le décor ? On peut le penser car, en dehors d'un train avant maniable et très directif, les Ibiza et Cordoba Cupra manquent de rigueur en usage intensif.
Voilà donc tout le paradoxe de ces nouvelles Cupra : elles veulent se montrer plus civilisées, mais sans abandonner le terrain du sport pour honorer leur logo. Au final, l'embourgeoisement l'emporte. Pour s'en convaincre, il suffit de pointer la longue liste des accessoires de série, dans laquelle on retrouve notamment la sellerie en daim synthétique, la climatisation et le contrôle de stabilité du comportement ESP. Royal ! Mais tout a un prix.
Et, si les Ibiza et Cordoba Cupra restent moins onéreuses que leurs rivales à équipement équivalent, elles sont aussi moins accessibles qu'auparavant. Elles perdent là un de leurs principaux arguments.



































































