L’accord Michelin-Goodyear sur le Pax System signé le mois dernier a laissé dans l’ombre un autre acteur du roulage à plat : Dunlop. Pour l’instant empêtré dans la restructuration de son outil de production, ce manufacturier avait lui aussi mis au point un pneu permettant le roulage à plat, le DSST. Mais la fusion de ses activités avec celles de Goodyear a, semble-t-il, mis un terme à l’existence d’un pneu dont les flancs porteurs en faisaient un produit proche de l’EMT de Goodyear.
Certes, Sam Gibara, patron de Goodyear, a confirmé que Dunlop aurait accès aux travaux menés en commun avec Michelin. Mais le manufacturier pouvait nourrir quelques inquiétudes sur l’avenir de ses recherches.
Troisième voie
C’était sans compter avec ce que l’on pourrait appeler la "troisième voie". Avant d’être racheté par Goodyear, Dunlop avait travaillé sur des kits de répara-tion des pneumatiques. Ces ensembles compacts et très performants permettent de réparer et de regonfler un pneu qui vient de crever. Ils sont utilisés à la place de la roue de secours. Plusieurs constructeurs ont déjà adopté cette solution, dont Mercedes (SLK), BMW (Z3, Z3M), Porsche (911 GT3) et Audi (TT et A2).D’autres devraient suivre cette année – dont Nissan, Volkswagen et General Motors.
Le succès est d'ailleurs tel que la production devrait atteindre 1,2 million de kits en 2000. Mais les ventes devraient décoller en 2001, avec l’introduction du kit de réparation sur le marché de l’accessoire.
Trois modèles ont été dérivés des kits destinés à la première monte. Les prix varient de 500 F à 700 F selon les versions. Le kit d’entrée de gamme se compose d’un compresseur séparé, d’une bonbonne de produit à visser sur l’embout du compresseur, d’un tuyau de gonfl
age et d’un manuel. Le modèle de luxe intègre tous les composants en un seul ensemble en plastique résistant.
Les kits de réparation, que Dunlop appelle pour l’instant Fill & Go, n’ont pas grand-chose à voir avec les bombes anticrevaison disponibles en stations-service. Chacun d’eux se compose d’un compresseur de haut de gamme, capable de gonfler une roue en moins de sept minutes, d’un produit vulcanisant et d’un manomètre de pression.
Le produit utilisé est de couleur blanche, tout comme celui des bombes anticrevaison. Mais la ressemblance s’arrête là. Le produit de Dunlop ne colle pas et le latex qu’il contient est centrifugé pour éviter les allergies.
Lorsqu’il est injecté dans le pneu, le produit reste liquide. Il demeure actif et réparera instantanément toute nouvelle crevaison. Pourquoi ne pas l’introduire, dès la livraison de la voiture, dans les quatre roues afin d’être tranquille ? Justement parce qu’il reste liquide, le produit crée un balourd lorsque la roue tourne. Le déséquilibre est négligeable sur une roue, même s’il peut générer des vibrations au volant. Sur les quatre roues, le problème devient beaucoup plus sensible. On se contentera donc d’utiliser ce fluide en cas de crevaison.
Des kits "limités"
Aussi performants soient-ils, les kits de Dunlop ont leurs limites. Le produit ne peut colmater un trou d’un diamètre supérieur à 7 mm. Rares, de telles crevaisons existent pourtant. Un automobiliste qui aura fait confiance au Fill & Go et qui aura laissé sa roue de secours au garage risque donc de se trouver immobilisé sur le bord de la route après une crevaison de ce type. Un pneu ayant été déchiré sur le flanc ou ayant roulé trop longtemps à plat sera lui aussi irréparable. Dunlop recommande de faire réparer dès que possible par un professionnel un pneu ayant été dépanné par un de ses kits. Mais, à la différence d’un dépannage effectué avec une bombe, le manufacturier ne préconise ni durée de vie de la réparation ni limitation de vitesse.
Les kits de réparation seront commercialisés en Allemagne dès octobre. En France, il faudra sans doute attendre la fin de l’année pour voir arriver cet accessoire attendu depuis longtemps par celles et ceux qui ne veulent plus entendre parler de changement de roue de secours.














