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Duo de charme

Pierre DAUBROSSE Photos de Marc FRANCOTTE 
Jeudi 5 juillet 2001
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Le nouveau Cabrio Astra est assurément plus moderne que le cabriolet 306. Mais ce dernier, né il y a déjà sept ans, résiste encore esthétiquement... Et à un prix plus abordable.

Au royaume des voitures découvertes, la raison n'a pas vraiment son mot à dire. On craque sur un coup de foudre, une envie soudaine, un caprice. Il est d'ailleurs déjà arrivé que des clients venus acheter une berline repartent en cabriolet. Ce n'est pas l'effet « turbo », mais l'effet « coup de vent ». Il touche aussi les hautes sphères des constructeurs, où l'on encourage parfois l'éclosion d'un cabriolet pour dynamiser tous les modèles d'une gamme.

Chez Peugeot, c'est une longue tradition, et en 1994, la 306 l'a perpétuée, toujours avec la complicité de Pininfarina. Chez Opel, la coopération avec Bertone a débuté en 1987 avec le lancement du Cabrio Kadett. Elle s'est poursuivie en 1993 avec la première génération du Cabrio Astra, qui vient de céder sa place à la seconde. Pour sa part, le cabriolet 306 continue sa carrière dans l'ombre de la 206 CC, alors que Peugeot n'a pas fait mystère qu'une 307 CC naîtrait certainement un jour. Mais à une date pas encore fixée...

Dire que la 306 découvrable fait de la résistance n'est donc pas exagéré. Elle n'a pourtant pas pris une ride, et arbore toujours des lignes fines et élégantes, non perturbées par la présence d'un arceau. De plus, ses phares à glace lisse et son troisième feu stop, bien intégré dans le couvercle de coffre, maintiennent sa présentation tout à fait actuelle. Un peu plus long et bien lissé, le Cabrio Astra fait plus costaud, il se remarque à son pare-brise très incliné ainsi qu'à sa poupe un peu massive. Ses boucliers, entièrement peints dans la couleur de la carrosserie, lui donnent fière allure, mais ils apparaissent ainsi beaucoup plus vulnérables aux petits chocs.

Sa capote triple épaisseur bien ajustée intègre une lunette arrière en verre avec dégivrage et se replie de la façon la plus simple qui soit. Pour tout dire, c'est un vrai bonheur, car il n'y a rien à faire ! Il suffit de garder le doigt sur la touche de déverrouillage de la télécommande, et, en une demi-minute, la capote disparaît sous son couvercle. L'opération peut donc s'effectuer de l'extérieur de la voiture, mais aussi de l'intérieur grâce à deux boutons placés sur la console verticale : l'un commande les quatre vitres électriques, et l'autre le mécanisme électro-hydraulique.

Par comparaison, le système équipant le cabriolet 306 paraît ringard, alors qu'il est tout aussi performant. Il permet, en tout cas, de mesurer l'évolution rapide de la technique. La capote se manoeuvre aussi électriquement, mais, avant d'appuyer sur le bouton, il faut la déverrouiller par deux poignées placées en haut des montants de pare-brise, puis la lever à la main d'une dizaine de centimètres. Ensuite, elle se range également automatiquement sous un couvercle. La remise en place nécessite de la tirer manuellement en phase finale et, bien sûr, de refermer les poignées.

On notera aussi que les trois boutons commandant la capote et chaque vitre arrière sont placés trop en retrait, entre les sièges avant. Et puis la lunette arrière - souple - ne bénéficie que d'un système de désembuage par soufflerie. Bref, on est un peu dans un autre monde, et il n'y aura que les nostalgiques pour regretter la trop grande facilité proposée par Opel et Bertone. Une fois découvertes, la 306 et l'Astra offrent à la vue des lignes très pures, sans capote débordante ni arceau disgracieux. Opel n'en a pas moins cherché à améliorer la sécurité en cas de tonneau en montant deux petits arceaux faisant office d'appuis-tête aux places arrière. Deux adultes peuvent y prendre place et utiliser le coussin masquant la trappe à skis comme accoudoir.

La petite banquette arrière de la Peugeot 306 compte également deux places, mais il est difficile d'y trouver une position satisfaisante, et même ceux de taille moyenne seront gênés par la place en hauteur trop juste. A l'avant, les deux voitures offrent des sièges munis de réglages lombaires et en hauteur, et malgré cela, on regrette - surtout dans la 306 - d'être assis encore trop haut. Les coussins de la Peugeot sont cependant plus confortables, et la mémoire des deux sièges constitue un atout pratique non négligeable au moment de les remettre en place après avoir fait monter ou descendre les passagers arrière.

En roulant capoté, le Cabrio Astra se montre moins bruyant grâce à sa capote plus épaisse, bien alignée avec le pare-brise. Et, une fois décapoté, il permet de rouler sans prendre trop de vent. Mais on constate que, vitres baissées, comme sur le cabriolet 306, le vent s'engouffre dans le logement de la ceinture de sécurité et la fait vibrer sur l'épaule. On peut, en revanche, rouler assez vite vitres relevées sans être véritablement gêné par les courants d'air, en montant le filet antiremous, proposé en option à 1 700 F. Il est efficace, et il se range très facilement dans le coffre sans l'encombrer. Sur la 306, les déflecteurs des portes avant prolongent le pare-brise, mais les remous d'air viennent plus généreusement par l'arrière entre les sièges avant. Peugeot propose également un filet coupe-vent, vendu en accessoire chez les concessionnaires. Pour les bagages, le Cabrio Astra, plus volumineux, réussit à offrir un espace de 330 litres, contre 274 litres à la 306. Mais, à cause de la place nécessaire au rangement de la capote, les deux coffres se montrent peu logeables.

Dynamiquement, on peut compter sur les moteurs de ces deux cabriolets pour se déplacer dans de bonnes conditions. Avec 100 ch, les performances restent modestes, mais suffisantes pour se faire plaisir. La plus grande vitalité du seize-soupapes Opel compense le poids plus important du véhicule, sans lui permettre toutefois de prendre le meilleur en termes de consommation. L'agrément de conduite est en tout cas bien présent, d'autant que les commandes de la boîte de vitesses se manient facilement, avec un petit avantage pour l'Astra. Mais, en manoeuvre, la direction des deux modèles mériterait d'être un tout petit peu plus assistée.

C'est sur les mauvais revêtements que l'écart de génération entre les deux voitures saute le plus aux yeux. Bien plus rigide, l'Astra Cabrio ne laisse passer des vibrations dans le volant qu'en cas de grosses dégradations de la route. La 306, en revanche, répercute très facilement les inégalités du sol dans sa structure. C'est désagréable, et cela incite à lever le pied à l'approche d'un virage. D'autant que la suspension, presque trop souple, surprend quand on est habitué aux liaisons au sol de Peugeot. Mais le confort demeure de bon niveau, tout comme sur l'Astra Cabrio, au tempérament sous-vireur marqué.

Intérieurement, la 306 marque aussi son ancienneté par sa planche de bord au dessin vieillot, dont la partie centrale façon aluminium n'est cependant pas désagréable. Elle bénéficie aussi de pares-soleil de taille convenable, ce qui n'est pas le cas sur le Cabrio. Celle-ci est non seulement dotée d'un volant réglable en hauteur - comme sur la 306 - mais également en profondeur. Quant à la planche de bord Opel, elle gagne en gaîté grâce à une console centrale de couleur claire Gold. Le cuir fait partie de la finition Pack, alors qu'il est facturé 7 400 F chez Peugeot, qui demande aussi 7 700 F pour l'air conditionné, et 2 400 F pour les jantes en alliage, des équipements montés de série sur le Cabrio Bertone Pack. Ce dernier reste cependant plus cher, puisqu'il atteint 155 000 F, contre 127 000 F en prix de base pour le cabriolet 306. Les deux voitures, disposent de quatre airbags, celui du passager étant déconnectable par clé sur la 306. Mais que représente l'équipement d'un cabriolet quand on l'achète, avant toute autre considération, d'abord pour son allure ?

Une chose est certaine, chez Peugeot, la 306 n'incarne pas vraiment l'avenir, et c'est sans doute ce qui plaira aux irréductibles séduits par son charme...

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