Fiat, tout le monde connaît, et la Punto, deuxième du nom, s'est maintenant forgée une image sympathique de voiture compacte abordable. Pour Skoda, c'est nettement moins évident. Il faudra du temps avant que tous les progrès effectués par la marque tchèque sous la houlette de Volkswagen s'imposent. Quant à la Fabia, elle va devoir se faire un nom. Pour l'y aider, Skoda France a décidé de la mettre en avant en intégrant dans son prix d'achat tous les coûts d'entretien préconisés par le constructeur pendant trois ans ou 50 000 km.
Autrement dit, son propriétaire n'aura ni main-d'oeuvre ni fournitures à payer lors des visites d'entretien, prévues à 15 000 km, à 30 000 km et à 45 000 km. Cette prise en charge de l'entretien s'ajoute à ce que proposait déjà le constructeur sur ses autres modèles, à savoir une garantie et une assistance de trois ans ou 100 000 km. En outre, Skoda garantit la peinture de la Fabia pendant trois ans, et la carrosserie pendant dix ans, contre la corrosion.
Face à ces prestations, la Punto, comme la plupart des voitures européennes, demeure en retrait : garantie et assistance de un an (pièces et main-d'oeuvre, kilométrage illimité), garantie de trois ans pour la peinture, et de huit ans pour la carrosserie.
Extérieurement, les deux voitures affirment des personnalités bien différentes. Très germanique, la Fabia peut très bien passer pour une Volkswagen, dont elle reprend d'ailleurs le petit rétroviseur droit (agaçant pour la visibilité). Ses boucliers et rétroviseurs peints dans la couleur de la carrosserie, ainsi que ses essuie-glaces dissimulés à la base du pare-brise et sa calandre à entourage chromé lui confèrent une certaine classe.
De son côté, la Punto reçoit une robe griffée à l'italienne. Elle se distingue par ses projecteurs de faible hauteur, mais surtout la coupe de son hayon, encadré de feux étroits disposés en hauteur. Ses boucliers sont aussi peints dans la couleur de la carrosserie et, comme sur la Fabia, des protections rapportées protègent des petits chocs : un bon point.
- Mécanique
En entrée de gamme diesel, la Fabia reçoit le quatre-cylindres de 1 900 cm3 à injection directe dépourvu de turbo, le SDI. Il développe 64 ch et se fait tout de suite remarquer par son bruit important, gênant à la longue, qui se calme seulement en régime stabilisé à vitesse moyenne. Il est pourtant agréable à utiliser en ville, car il est vif et souple, grâce à un couple maximal disponible de 1 600 à 2 800 tr/min. Il montre malgré tout vite ses limites sur la route, où il s'essouffle facilement. S'immiscer dans le trafic, doubler ou monter gaillardement des côtes devient difficile. En fait, ce moteur non suralimenté est victime du poids élevé de la Fabia SDI, et de la longueur des rapports de transmission.
Plus légère et dotée de rapports moins longs, la Punto D60 fait meilleure figure. Son moteur, de cylindrée équivalente, atmosphérique lui aussi, reste pourtant fidèle à l'injection indirecte, et se révèle moins puissant. Il procure cependant de meilleures reprises et accélérations. Rouler en Punto D60 est donc plus agréable, d'autant qu'elle est plus silencieuse. Sur autoroute, il est difficile de deviner qu'elle fonctionne au gazole. Reste la consommation. Dans ce domaine, on s'en doute, la Fabia SDI, malgré son poids, reprend l'avantage grâce à l'injection directe. Les rouleurs plus attentifs à leur budget carburant qu'à la nervosité de la voiture et au bruit du moteur se tourneront donc vers la Skoda. Ceux qui demandent plus de répondant et de silence préféreront la Fiat, dont le réservoir - c'est à noter - a une plus grande contenance. Par ailleurs, la commande de la boîte de vitesses de la Fabia se montre un peu plus précise et plus douce.
- Châssis
Inaugurant une nouvelle plate-forme du groupe Volkswagen, la Fabia se montre très équilibrée et pas piégeuse du tout. A la limite, elle se met à sous-virer et reste parfaitement contrôlable. Les suspensions, par rapport à celles de la Polo, dont elles dérivent, ont progressé. Elles procurent un meilleur confort mais, si la route se dégrade beaucoup, l'amortissement n'est plus suffisamment assuré, et les occupants sont ballottés. En règle générale, on voyagera quand même plus confortablement dans la Fabia que dans la Punto, dont les suspensions, assez douces au premier abord, répercutent toutes les aspérités, et entraînent un roulis un peu plus important. Dans le volant, en tout cas, on ne ressent aucun désagrément. Que ce soit avec la direction électro-hydraulique de la Fabia ou celle, électrique, de la Punto, les sensations sont bonnes, et l'assistance ne pose aucun problème en manoeuvre. Avec son système Dualdrive, l'italienne permet même, grâce à un bouton au tableau de bord (City), de tourner le volant d'un doigt. Pas de soucis non plus du côté du freinage, avec des systèmes équipés de l'ABS sur les deux voitures, et des disques avant ventilés sur la Fabia.
- Vie à bord
Dès que l'on monte dans les voitures, la différence d'atmosphère saute aux yeux : la Fabia Comfort se montre austère, et l'ambiance est rendue plutôt froide par une planche de bord dépouillée et de teinte sans éclat.
La Punto ELX est plus avenante : sa planche de bord est plus travaillée, mais il faut aimer le bleu foncé des sièges et se faire à la finition aléatoire. Dans les deux cas, la qualité des plastiques est aussi décevante.
En confort, la Fabia perd quelques points à cause de ses sièges un peu trop fermes et, contrairement à ce que l'on pourrait croire, ne gagne rien en habitabilité. Malgré sa longueur plus importante, elle n'offre pas plus de place. On remarque d'ailleurs que les deux voitures ont exactement le même empattement. La Punto s'impose en largeur, fait jeu égal en garde au toit, sauf à l'arrière, et offre un coffre de plus grand volume. Des rangements sont disséminés un peu partout à l'avant des deux voitures : boîte à gants à double fond et boîte sous le siège passager pour la Fabia, emplacements sur la planche de bord et filets dans les contre-portes pour la Punto.
- Equipements
Comfort pour la Fabia SDI, et ELX pour la Punto D60, sont les niveaux d'équipement les plus élevés disponibles avec ces motorisations. Ils sont très proches puisque les deux voitures disposent de deux airbags, de l'ABS, de la direction assistée, de vitres avant électriques, du verrouillage centralisé, de la banquette 2/3 1/3, d'un ordinateur de bord et d'un réglage en hauteur du siège conducteur. La Fabia se distingue par ses projecteurs antibrouillard, et par l'adoption d'un volant réglable en hauteur et en profondeur. Celui de la Punto s'ajuste simplement en hauteur. Hélas, des éléments de confort élémentaires aujourd'hui, comme la télécommande du verrouillage et les rétroviseurs électriques, ne sont disponibles qu'en option sur la Fabia, et ils sont carrément inexistants sur la Punto. Cherchez l'erreur. On appréciera malgré tout le dispositif qui permet la fermeture automatique des portes de la Fabia après le démarrage, et, pour la Punto, le système d'extinction temporisée des phares (de trente secondes à cinq minutes).
- Bilan
La Fabia, qui se veut plus cossue - bien que l'intérieur ne soit pas en phase avec son aspect, bénéficie de la réputation de Volkswagen. La Punto, plus dynamique, doit convaincre que Fiat a fait des progrès en fiabilité. C'est à l'usage que cela se vérifiera. L'italienne, en tout cas, est plus à même d'affronter les longs trajets, même si c'est la Fabia qui consomme le moins. Par ailleurs, cette dernière devra assumer un tarif psychologiquement plus élevé - 80 000 F tout rond - même s'il inclut le coût des premières révisions.








































































