Vous êtes ici :

Emissions des moteurs diesels dCi : le point sur l'affaire Renault

Emissions de CO2 et NOX, l'affaire Renault
Les tests réalisés par l'UTAC sur 100 véhicules démontrent que le Renault Espace dépasse de 5 à 10 fois les émissions de CO2 et de NOx. Mais ce n'est pas le seul.

Après Volkswagen, Renault est pris la main dans le sac. Si aucun logiciel tricheur n'est installé sur les modèles au Losange, Ségolène Royal confirme que les émissions de CO2 et de NOx sont largement supérieures aux limites autorisées. Retour sur une affaire qui semblait prévisible.



La révélation par la CGT des perquisitions sur plusieurs sites de Renault (centres de développement de Lardy et Technocentre et au siège social) a mis le feu aux poudres. Emmanuel Macron a précisé que la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence du Commerce et de la Répression des Fraudes) a procédé à des contrôles depuis le mois de septembre dernier afin de « vérifier la fiabilité et la qualité des informations transmises au consommateur » chez Renault, et d’autres constructeurs. Toutefois, ces perquisitions n’ont pas de liens directs avec les tests réalisés sur 100 véhicules par l’UTAC à la demande du ministère de l’Ecologie. Il s’agit de lever des soupçons de fraude suite à l’affaire Volkswagen. Difficile de croire qu’il n’y ait pas de lien.


Volkswagen incriminé

renault espace incriminé par les tests de l'UTAC

Jeudi soir, Ségolène Royal est sortie de son silence au sujet de ces fameux tests dont le protocole vient d’être validé (tests en utilisation réelle sur route). Sur les 22 premiers véhicules (PSA, Renault, BMW, Ford, Mercedes et Toyota), trois constats s’imposent : le logiciel tricheur a été détecté uniquement sur les modèles Volkswagen, le nouveau Renault Espace dépasse de cinq à dix fois les normes de CO2 et de NOx, et au moins deux autres constructeurs étrangers sont dans le collimateur.


Une norme NEDC obsolète

Comme le précise Ségolène Royal, ces dépassements remettent en cause les actuelles normes d’homologation, remplacées logiquement à l’automne 2017 par le nouveau cycle mondial WLPT.

Aujourd’hui, les constructeurs paramètrent (et optimisent) leurs moteurs pour une homologation en laboratoire qui est à des années lumières des conditions réelles d’utilisation.

Que des véhicules dépassent les valeurs d’homologation n’est pas vraiment une surprise. Les constructeurs se conforment à une norme obsolète, point à la ligne.

 

La politique de l’autruche

renault espace incriminé par les tests de l'UTAC

Malgré plusieurs alertes sur la pollution de ses moteurs, Renault a préféré faire le dos rond. Bien avant l’affaire Volkswagen, une étude de l’ADAC au début du mois de septembre 2015 pointait déjà du doigt l’Espace dCi 160. A l’époque, le constructeur a botté en touche. Alors que PSA a pris la parole durant le scandale Volkswagen, notamment en annonçant la mise en place de tests indépendants en 2016, Renault est resté muet pensant passer entre les gouttes. Pourtant, en interne, le département développement-moteurs est en alerte depuis quelques mois.

La pression est montée d’un cran suite aux tests des dix premiers véhicules par l’UTAC en octobre dernier qui a épinglé la Renault Clio 1.5 dCi. Une information qui est restée secrète. Nouvel épisode le 24 novembre lorsque l’association allemande DUH (Deutsche Umwelthilfe) a annoncé, suite à des tests, que le Renault Espace émettait de 13 à 25 fois plus de NOx que la norme. Résultats contestés par le constructeur.


A demi-mot

En réaction, Renault a annoncé le 18 décembre un investissement supplémentaire de 50 millions d’euros pour réduire les émissions de NOx de ses moteurs et les écarts entre les émissions réelles et les émissions normées. De plus, une vanne EGR améliorée (système qui retraite les gaz d’échappement et réduit les émissions de NOx) sera montée sur les véhicules produits à partir de juillet 2016. Des mesures techniques qui amorçaient un début d'aveu.


Les limites du NOx Trap

piège à nox de renault

Cette affaire met surtout en lumière que le piège à NOx, utilisé par Renault sur tous ses diesels, n’a pas l’efficacité d’un catalyseur SCR (utilisé par PSA), nettement plus cher. De plus, certains moteurs diesels commencent à avoir de la bouteille comme le 1.5 dCi. Ce n’est pas un hasard si le constructeur travaille sur une nouvelle génération de ce moteur pour répondre à la norme Euro 6.C (automne 2017). Sans le scandale Volkswagen, jamais Renault n’aurait été inquiété. Nous attendons désormais les explications du constructeur qui doit s'exprimer la semaine prochaine.

Partager cet article
À lire aussi
Mots clés
Commentaires
Théo

Renault peut bien protester que ces tests sur circuit n'ont aucune valeur légale, ils démontrent tout de même une chose : qu'il se tamponne le coquillard de nos bronches et poumons. C'est comme pour les anciens clients peu ou pas indemnisés pour des pannes récurrentes.

7 réponses
Frédéric LANGLOIS -

quand on voit le peu de fréquentation de votre site, olive, c'est plutôt vous qui vous sentez seul. En plus, vous entendre dire que je serais "Toujours aussi court en arguments" alors que vous recopiez 100 fois les mêmes erreurs au sujet de Renault, n'est-ce pas un peu fort de café ? Surtout que vous me reprochez ça au sujet du fait que vous travaillez pour VW alors que c'est vous qui tentez de faire croire depuis des mois que vous auriez des preuves que je travaille pour Renault alors qu'il vous est impossible de les fournir pour "d'obscures" (on va dire ça comme ça) raisons

Paul

700 000 Renault vont potentiellement être rappelées ! Espérons qu'elles vont passer le contrôle technique dans 4 ans.

5 réponses
Frédéric LANGLOIS -

oui et bien en attendant, quelque soit le chiffre l'ami Vincent est incapable de fournir le moindre lien où cette histoire de contrôle technique est confirmé !

jacques

dans le prolongement de ces contrôles, comment expliquez-vous la différence de prix entre le gas-oil et le super E10 qui était inférieure à 0.20 € en 2015 et est subitement passée à plus 0.25 € en 2016 alors que la taxe à augmenter de plus de 0.03 € au 1er janvier Nous devrions avoir un écart de prix de 0.15 € environ!!!!!!........ et cela dans l'indifférence médiatique le lobby diésel frappe encore

Charles

Potentiellement 700 000 renault de concernés par cette affaire. renault n'a pas triché au regard des normes mais savait qu'il n'était pas clean au regard de l'environnement. Il ne faut plus acheter renault déjà qu'elles ne sont plus francaise (twingo =slovénie, Mégane=Espagne; Kadjar=Espagne etc...).

4 réponses
Frédéric LANGLOIS -

ou de son imagination (très fertile) beniot ;)

Fred-bear

Il n'y a que vag qui a triché point barre Les autres s'arrangent avec de vieilles normes, et alors Quand aux anti diesel, je rappelle que le craquage du pétrole fournit toujours la même proportion de pr oduits finis. Alors que va t'on faire de tout ce fuel si on ne le brûle pas? Pire si tout le monde roule à l'essence la quantité de fuel produit va augmenter Alors arrêtez de lire pif gadget et instruisez vous avant de bêler Je précise que je préfère et de loin un moteur essence.

Votre commentaire
L'argus  en kiosque
Nouveau
Recevez notre newsletter !

Nos articles vous intéressent ? Abonnez-vous !

Recevez par e-mail toutes les infos de Renault