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Essai Abarth 124 Spider : notre avis sur la boîte automatique

L'Abarth 124 Spider est disponible au prix de 40 000 €, mais cette version à boîte automatique démarre à 42 000 €... avant malus.
L'Abarth 124 Spider est disponible au prix de 40 000 €, mais cette version à boîte automatique démarre à 42 000 €... avant malus.

La cousine italienne de la Mazda MX-5 a beau jouer les cabriolets sportifs en version Abarth de 170 ch, elle laisse le choix entre deux transmissions : précise boîte mécanique, ou sage automatique à six rapports. N'est-ce pas contradictoire avec son tempérament joyeux ? Réponse dans cet essai.

Voiture à l'essai : Abarth 124 Spider 1.4 MultiAir 170 BVA6

À partir de
42 000 €
1 740 € de malus

Page 1Essai Abarth 124 Spider : notre avis sur la boîte automatique 

Un 1.4 turbo de 170 ch en position longitudinale, une paire de roues arrière motrices, un différentiel autobloquant mécanique et juste 1 060 kg sur la bascule : voilà une description technique à faire trépigner les amateurs de conduite, pressés de brusquer l’Abarth 124 Spider et son court levier de boîte manuelle dans les sublimes lacets corses…

Seulement voilà : dans ce segment des roadsters à plus de 40 000 € (Audi TT, Mercedes SLC…), 50% des clients préfèrent la transmission automatique à la mécanique. Depuis son lancement fin 2016, l’Abarth 124 Spider propose donc une boîte auto classique, à convertisseur et six rapports, fournie par Aisin. La même qui équipe sa cousine japonaise, la Mazda MX-5 RF 2.0 160 ch BVA.

> En images : le Tour de Corse en Abarth 124 Spider

 

Prix Abarth 124 Spider

Disons-le tout net : l’Abarth 124 est chère, car handicapée par un processus de production bien peu rationnel. Conçu en Italie, son 1.4 turbo est d’abord envoyé au Japon, où la 124 est assemblée sur les lignes de la Mazda MX-5.

Retour à l’envoyeur ensuite, pour trois jours de travail dans les ateliers Abarth de Turin, afin d’implanter les pièces qui la différencient de la version Fiat : freins avant Brembo, capot et malle arrière noirs, inserts intérieurs en alcantara… et un volubile pot d’échappement à quatre sorties dont nous reparlerons rapidement.

A l’arrivée ? Le prix de l’Abarth 124 Spider démarre à 40 000 € minimum, soit près de 12 000 € de plus qu’une Fiat 124 «classique» à niveau d’équipement comparable (ce qui relativise l’explication industrielle…). Et cette déclinaison à boîte automatique n’adoucit guère l’addition : 2 000 € l’option, et un malus supérieur qui porte le surcoût total à 2 600 € par rapport à la boîte mécanique.

A ce prix, l’Abarth 124 Spider réclame toujours en supplément des équipements courants tels que la clim’ automatique, les connexions bluetooth et USB, et l’écran tactile… regroupés dans un onéreux pack à 2 000 € qui n’offre toujours pas la navigation GPS, encore facturée 600 € supplémentaires. Mais laissons de côté les considérations tarifaires, souvent futiles dans le cadre d’un achat «plaisir». 

 

Au volant de l’Abarth 124 Spider BVA

Avec six rapports au total (jusqu’à neuf sur un Mercedes SLC) et un classique convertisseur de couple (boîte robotisée à double embrayage sur un Audi TT ou un Porsche Boxster), la transmission automatique de l’Abarth 124 Spider pourrait sembler surannée. Une crainte hélas confirmée à la conduite, la boîte altérant l’agrément au volant dans la plupart des situations.

En mode normal, elle conserve le moteur à très bas régime pour limiter la consommation. La 124 Spider apparaît alors un peu amorphe rapportée à sa puissance (le 1.4 turbo se réveille vraiment à partir de 2 500 tr/min) et même pas reposante : le moteur évolue souvent vers 1 800 tr/min, régime auquel l’échappement, plutôt libéré, «bourdonne» de manière désagréable.

Le mode sport empêche ce défaut mais montre alors une gestion inconstante, qui passe parfois le rapport supérieur trop tôt lors d’un besoin de puissance ou, à l’inverse, le conserve jusqu’à très haut régime en descente même si l’accélérateur est peu enfoncé. Le recours au mode manuel reste l’ultime solution… mais ne règle pas tous les problèmes.

Quel que soit le mode de conduite adopté, la boîte automatique fait regretter la boîte manuelle

Si le conducteur apprécie les palettes derrière le volant ou le levier articulé dans le «bon» sens (on tire pour monter les rapports et on pousse pour les descendre, suivant les mouvements du corps à l’accélération et au freinage), il comprend aussi pourquoi la gestion automatique paraît perfectible : elle compose avec l’étagement très long des rapports, qui génère des chutes de régimes importantes entre chaque vitesse.

Comme les puces électroniques, le conducteur hésite alors souvent entre deux rapports sur routes tortueuses, et découvre d’autres défauts comme le léger glissement à la réaccélération, ou la relative lenteur changements de vitesses par rapport aux boîtes robotisées.

C’est dommage car en d’autres points, l’Abarth 124 Spider reste l’un des roadsters les plus amusants du marché. Son moteur pétillant et sonore donne la banane. Le freinage profite de la légèreté de l’ensemble pour ralentir fort et longtemps. Quant au châssis, il constitue le morceau de choix de l’Abarth, et permet de hausser le rythme sur des routes inconnues grâce à son équilibre parfait : train avant incisif, et un train arrière qui dérive facilement au lever de pied ou au freinage pour aider l’auto à tourner.

Les amateurs de légères glissades à la réaccélération ne pesteront même pas contre l’absence d’autobloquant (qui disparaît avec l’option boîte automatique…), finalement pas indispensable sur cette propulsion légère dont la suspension souple garantit une bonne motricité en sortie de virages. Mais puisque la version à boîte manuelle en dispose de série, voilà une raison supplémentaire d’opter pour cette dernière…

 

A bord de l’Abarth 124 Spider

Issu de la Mazda MX-5, l'habitacle reste étriqué mais la position de conduite au ras du sol décuple les sensations.
Issu de la Mazda MX-5, l'habitacle reste étriqué mais la position de conduite au ras du sol décuple les sensations.
Le mode manuel se commande au levier de vitesses, ou depuis ces petites palettes au volant.
Le mode manuel se commande au levier de vitesses, ou depuis ces petites palettes au volant.
Le compte-tours à fond rouge est spécifique à la version Abarth de la 124 Spider.
Le compte-tours à fond rouge est spécifique à la version Abarth de la 124 Spider.
La plaque numérotée...
La plaque numérotée...
...et le cuir embossé également.
...et le cuir embossé également.
Replier la capote prend 3 secondes maximum : il suffit de déverrouiller cette poignée, puis de "lancer" la toile derrière les sièges. Pratique !
Replier la capote prend 3 secondes maximum : il suffit de déverrouiller cette poignée, puis de "lancer" la toile derrière les sièges. Pratique !
Grâce au plancher idéalement creusé, une valise-cabine prend assez peu de place dans le petit coffre de 140 l.
Grâce au plancher idéalement creusé, une valise-cabine prend assez peu de place dans le petit coffre de 140 l.



Concurrence Abarth 124 Spider BVA

Malgré son prix élevé (42 000 € + 1 740 € de malus), l’Abarth 124 Spider est difficilement comparable avec les cabriolets «premiums», plus luxueux mais moins sportifs à ce niveau de puissance : Mercedes SLC 200 BVA9 (184 ch, 44 200 € minimum), Audi TT Roadster 1.8 TFSI S tronic (180 ch, 39 120 € minimum).

En réalité, la rivale directe de l’Abarth est aussi sa cousine technique : la Mazda MX-5 2.0, dont la récente version "RF" à toit rigide escamotable peut recevoir la même boîte automatique Aisin à six rapports. Elle démarre au prix de 35 300 € (+ 1 260 € de malus) et embarque davantage d’équipements : GPS, radar de recul, sièges chauffants en cuir, surveillance d’angle mort et alerte de franchissement de ligne sont notamment livrés de série.

Audi TT Roadster
Audi TT Roadster
Mercedes SLC
Mercedes SLC
Toyota GT 86
Toyota GT 86
Mazda MX-5 RF
Mazda MX-5 RF

Dans ce segment des sportives légères à boîte automatique, citons aussi le coupé Toyota GT 86 BVA6 (2.0 atmosphérique de 200 ch), facturé 34 090 € avant malus. Si sa transmission classique à convertisseur n’est pas beaucoup plus convaincante, elle permet de ramener l'écotaxe de 7 073 € à 3 473 € par rapport à la boîte mécanique. De quoi faire réfléchir...

 

Bilan de l’essai Abarth 124 Spider BVA

Assez lente, peu "futée" et souffrant d’un allongement exagéré des rapports de boîte par rapport à la version manuelle, la transmission automatique n’est guère conseillée sur une Abarth 124 Spider au tempérament dynamique. Sa seule qualité ? Une grande douceur de fonctionnement, qui invite la balade paisible… et demeure donc plus indiquée sur la Fiat 124 Spider, sa déclinaison plus sage (140 ch au lieu de 170 ch, échappement moins sonore, suspension plus souple) désormais disponible avec cette transmission.

 

On aime

  • L’équilibre du châssis
  • Le moteur pétillant
  • Le capotage/décapotage très rapide

 

On regrette

  • La boîte automatique inadaptée
  • Le surcoût de l’Abarth par rapport à la Fiat 124
  • L’équipement de série indigent
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