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Essai Alfa Romeo Stelvio essence : notre avis sur le premier SUV Alfa

Alfa Romeo Stelvio 2017 rouge sur circuit avant droit
L'Alfa Romeo Stelvio sera commercialisé le 17 mars 2017 au prix minimum de 51 300 € (+ 2 940 € de malus). Le diesel 210 ch arrivera fin avril, et les motorisations moins puissantes (2.0 200 ch essence, 2.2 180 ch diesel 4x4 et 4x2) à l'été 2017.

Alfa Romeo a 107 ans et le premier SUV de son histoire brise aujourd'hui sa coquille. En avant-première, le Stelvio s'est laissé conduire sur ses pistes de développement, en version 2.0 280 ch à essence. Audi Q5, Jaguar F-Pace et Porsche Macan n'ont qu'à bien se tenir...

Page 1Essai Alfa Romeo Stelvio essence : notre avis sur le premier SUV Alfa 

Lundi 6 février 2017 en Italie, sur les pistes de développement Alfa Romeo de Balocco. Pour l’essai en avant-première de son SUV Stelvio, Alfa aurait pu nous faire crapahuter sur les impressionnants dénivelés du parcours 4x4, ou emprunter le circuit «confort», jonché de trous et de bosses, pour apprécier les grands débattements de suspension du nouveau Stelvio.

Alfa Romeo Stelvio 2017 rouge avant droit coucher de soleil

Finalement ? Nous arpenterons le circuit «routier». Un ruban d’asphalte saturé de pièges à déstabiliser le meilleur des coupés sportifs : grandes courbes qui se referment, délestages en appui, coulées d’eau précédant une épingle. Verdict : le Stelvio n’a rien d’un SUV. C’est une Alfa. Une vraie.

 

Stelvio, une Giulia haute sur pattes

Le Stelvio emploie la plateforme Giorgio, une structure légère qui fait briller la berline Giulia depuis l’an dernier. Elle est simplement perchée 70 mm plus haut, dont 35 mm glanés par la taille supérieure des roues (leur diamètre démarre à 18 pouces, et culmine à 20 pouces sur notre Stelvio d’essai), et 35 autres millimètres par le débattement accru de la suspension.

Alfa Romeo Stelvio 2017 rouge arrière gauche coucher de soleil

Côté transmission, le Stelvio s’appuie sur le système Q4 à quatre roues motrices (propulsion en conditions normales, et qui transfère jusqu’à 50% du couple vers l’essieu avant si besoin) déjà rencontré sur les Giulia Veloce. Pour son lancement, le Stelvio récupère d’ailleurs les deux motorisations de cette Giulia sportive : 2.2 210 ch en diesel, et 2.0 280 ch en essence.

Alfa Romeo Stelvio 2017 levier de vitesses

Les futurs Stelvio 200 ch à essence et 180 ch diesel (aussi décliné en 4x2) complèteront la gamme par le bas dès l'été 2017, et le Stelvio Quadrifoglio (2.9 V6 biturbo de 510 ch)… par le haut en fin d'année. Tous seront associés à une boîte automatique ZF à huit rapports.

 

Prix Alfa Romeo Stelvio 2017

Pour l’heure, Alfa Romeo n’a communiqué qu’un seul tarif pour son Stelvio : 57 400 € pour ce 2.0 280 ch à essence en finition First Edition (mise à jour du 1er février 2017 : lire tous les prix du Stelvio). Une série de lancement richement dotée, qui regroupe entre autres la sellerie cuir pleine fleur, les sièges avant électriques et chauffants, la navigation GPS à écran de 8,8 pouces, la caméra de recul, les radars de stationnement et les jantes de 20 pouces.

Alfa Romeo Stelvio 2017 planche de bord bois
Alfa Romeo Stelvio 2017 siège avant

Par rapport aux autres SUV du cercle premium, ce Stelvio apparaît plutôt bien placé. D’abord, car il offre davantage d’équipements que ses rivaux de même prix (Audi Q5 2.0 TFSI 252 ch S line à 59 100 €, BMW X4 28i 245 ch dès 57 700 €, Porsche Macan 252 ch dès 58 235 €). Ensuite, parce que son moteur développe une trentaine de chevaux de plus sans payer davantage de malus : 2 940 € pour le Stelvio, contre 2 610 € pour le Q5, 3 113 € pour le X4 et 4 050 € minimum pour le Macan.

 

Au volant du Stelvio 2.0 280 ch

Sur les premières photos intérieures du Stelvio, on s’imaginait conduire un clone de Giulia : volant à jante fine accueillant le bouton de démarrage, compteurs en puits, grand écran central semblant coulé dans la planche de bord. Un mobilier effectivement identique qui ne révélait rien d’une différence majeure : la position de conduite.

Entre la hauteur de caisse supérieure et l'implantation des sièges plus élevée, le conducteur d’un Stelvio navigue bien plus haut qu’à bord de la Giulia. Assise réglée au plus bas, le «pilote» aperçoit donc le bout de son capot, et le pavillon des berlines qui le jouxtent au feu rouge. Une position qui n’a rien de sportive… et pourtant.

Alfa Romeo Stelvio 2017 planche de bord en roulant

Moteur ! Le quatre cylindres s’éveille dans une sonorité feutrée mais rauque, davantage audible qu’à bord de l’aphone Giulia Veloce (lire notre essai). Toujours fort d’un couple de 400 Nm dès 2 250 tr/min, il propulse ensuite le Stelvio sans la moindre inertie, effaçant son poids supérieur de 125 kg par rapport à celui d’une Giulia (1 660 kg annoncés).

En termes de sensations, le Stelvio se place devant un indolent Audi Q5 2.0 TFSI de 252 ch. Et égale un Porsche Macan équipé du même moteur (lire notre essai Macan 2.0), qui doit cocher l’échappement Sport pour enfin présenter du caractère.

Le Stelvio 2.0 280 ch devient le SUV essence à quatre cylindres le plus dynamique du marché... Et puis, il reste le Quadrifoglio : 510 ch !

Après, pour éprouver des sensations supérieures en SUV, il faut se tourner vers les six cylindres concurrents : BMW X4 M40i (360 ch), ou versions V6 du Macan (340, 360, 400 ou 440 ch) bien plus onéreux en matière de prix et de malus (2 940 € pour le Stelvio, 10 000 € pour les deux autres)… et toujours moins puissants que le futur Stelvio Quadrifoglio de 510 ch !

Mais le Stelvio 280 ch offre déjà du tempérament et c’est logiquement le mode de conduite Dynamic qui lui sied le mieux. La boîte auto ZF à huit rapports devient presque aussi prompte qu’une robotisée à double embrayage, surtout en mode manuel (à sublimes palettes au volant en alu) qui ajoute un petit à-coup à la montée des rapports, et un petit coup de gaz à la descente.

Alfa Romeo Stelvio 2017 rouge sur circuit profil droit

Dans cet environnement sportif, seule la légèreté de la direction (pourtant affermie en mode Dynamic) apparaît déroutante. Un choix assumé des ingénieurs qui souhaitent donner la sensation d’une auto légère à conduire. Mais le Stelvio n’avait pas besoin de cet artifice pour apparaître comme l’un des plus agiles en virages…

Son train avant ? Très mordant en entrée de courbes, grâce à sa belle adhérence et le côté très directe de sa direction. Ses prises de roulis ? Limitées pour un véhicule si lourd et haut, servant l’équilibre et l’efficacité du châssis. Quant au train arrière, impertubable, il réveille rarement le discret antidérapage ESP malgré des interventions plus fréquentes qu’à bord d’une Giulia, plus basse et non équipée de pneus «SUV».

Alfa Romeo Stelvio 2017 rougeen virage avant droit
Alfa Romeo Stelvio 2017 rouge roulant arrière droit

Nous voilà à enchaîner les tours de piste, sans que le freinage ne déclare forfait, et juger le Stelvio comme s’il s’agissait d’une sportive. Si les modèles de série confirment ces dispositions, le SUV Alfa n’aura donc rien à envier au dynamisme des Jaguar F-Pace et Porsche Macan, et surpassera son cousin Maserati Levante bâti sur une vieille et lourde plateforme (2 100 kg !). En dehors d’un lisse circuit, restera au Stelvio à prouver un dernier point : son niveau de confort sur nos réseaux dégradés, qui seconderait parfaitement son habitacle accueillant.

 

Dans l'habitacle du Stelvio 2017

A 4,69 m de long, l’Alfa Romeo Stelvio mesure 3 cm de plus qu’un Audi Q5. Les passagers arrière sont ici mieux accueillis, même sans option banquette coulissante proposée par l’allemand : l’espace aux jambes est légèrement supérieur, l’assise longue et inclinée, et deux prises USB s’invitent sous les aérateurs centraux.

Alfa Romeo Stelvio 2017 banquette
Alfa Romeo Stelvio 2017 aérateurs arrière

Seule critique, par rapport à la berline Giulia plus étriquée ? Un maintien latéral bien moindre, car la banquette a été aplanie pour former un plancher moins accidenté, dossiers rabattus. Ces derniers se déverrouillent depuis l’entrée du coffre ou la base de la banquette, mais le volume en deux places reste inconnu. En configuration à cinq places, le Stelvio accueille déjà 525 l de bagages (550 l pour un Audi Q5 ou un Mercedes GLC).

Pensé pour le plaisir du conducteur, le Stelvio n'oublie pas le sens de l'accueil : bon espace arrière, modularité efficace

C’est hélas dans la soute que le Stelvio laisse apparaître son premier vrai défaut : sa qualité de fabrication, toujours en retrait des rivales visées. Le cache-bagages à enrouleur, non monté sur rails, avait déjà rayé les plastiques autour de ses points d’attache. Même aspect «usé» pour la poignée qui soulève le plancher de coffre (sous lequel on trouve quelques rangements, le kit de réparation pneumatique… et la batterie !) moulée en plastique bas de gamme plutôt qu’en inox.

Alfa Romeo Stelvio 2017 coffre
Alfa Romeo Stelvio 2017 poignée rabattage siege

Une qualité perçue perfectible qui concerne aussi l’espace avant avec, comme dans la Giulia, un levier de vitesses mal ébavuré et un plastique frêle et souple entourant la prise USB.

 
En matière d’équipements technologiques, le Stelvio n’ajoute enfin rien de plus que la berline Giulia : aide au freinage d’urgence et au maintien dans la voie certes, mais pas de caméra de stationnement à 360°, de chargeur de smartphone par induction, et de pad ou d’écran GPS tactile. Espérons que les Alfistes soient plus sensibles aux qualités du châssis qu’à la technologie…
Alfa Romeo Stelvio 2017 caméra de recul
Alfa Romeo Stelvio 2017 porte-gobelet porte-téléphone

 

Bilan de l’essai Alfa Romeo Stelvio 2.0 280

Performant en ligne droite, efficace en virages, le Stelvio prouve que son statut de «gros 4x4» n’entame rien du dynamisme qui anime aussi la berline Giulia. Après, si le bougre n’oublie pas de soigner l’accueil des familles (bel espace arrière, coffre généreux à seuil bas), son habitacle manque encore de qualité perçue et d’équipements modernes pour égaler ceux des SUV du cercle premium. Mais tout est affaire de priorités… Notre prochain essai du Stelvio sur route permettra enfin d’apprécier son confort de suspension, logiquement difficile à juger sur le circuit lisse de ce test en avant-première. A suivre !

Alfa Romeo Stelvio 2017 rouge sur circuit pleine face


On aime

  • Le plaisir de conduire
  • L’habitacle plutôt spacieux
  • Le rapport prix/équipement/malus placé dans le segment

On regrette

  • La qualité perçue à bord
  • Les sièges fermes et sans maintien à l’arrière
  • Peu d’équipements technologiques
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Commentaires
alfista

C'est bien joli tout ça, mais les clients Alfa n'ont pas l'habitude de ces grilles tarifaires. Le simple fait d'imposer la boite auto à tous les niveaux de finition plombe la note d'entré de jeux. Ensuite les énormes roues de 19 pouces (20 en option) n'arrangeront rien au poste prix-maintenance. En fait, on nous impose tout chez Alfa. Le SUV a la place du break, les gros moteurs assistés de boites automatiques et des tarifs à tomber à la renverse.C'est clairement une volonté affichée de séduire une clientèle aisée, et tant pis pour ceux qui n'ont plus les moyens de suivre. Sauf que ceux qui les ont, veulent rouler dans ce qu'ils estiment être du vrai premium, quitte a rajouter trois-quatre mille €. J'ai un Sportwagon 156 que je comptais remplacer par une Giulia Sportwagon qui n'arrivera peut-être jamais en concession, et j'en suis très déçu. Ma 156, je l'ai eu neuve il y a 16 ans. Ensemble, nous avons parcouru plus de 260000 km, ce qui en soi n'est pas exceptionnel, mais plaisant, et économiquement très viable, car elle a été, et est toujours très fiable. La mort dans l'âme je me tournerai peut-être vers autre chose, mais je n'achèterai pas de Stelvio.

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