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Essai Alpine Berlinette : on a conduit l'A110 1600 SC d'époque !

Alpine Berlinette A110 1600 SC bleue de 1973 roulant sur l'anneau du circuit de Monthléry vue avant
L'essai de l'Alpine A110 ? Un rêve devenu réalité sur le circuit de Monthléry, grâce à son propriétaire Jean-Jacques Mancel.

Ah, l'Alpine A110 : un léger coupé de sport qui a fait rêver des générations de passionnés, et que nous avons pu essayer à l'occasion de la rencontre entre la Berlinette et le concept-car Alpine Célébration de 2015. Verdict ? Du caractère à revendre, cette Alpine A110...

Suis-je en plein rêve ? Ou cobaye d’une expérience scientifique qui m’a téléporté 40 ans en arrière ?  Planté là, devant une sublime Berlinette de 1973, au pied de l’anneau de vitesse de Montlhéry où rien ne semble avoir bougé depuis des décennies, ma douce année 2015 confine au lointain souvenir. La voix rauque de Jean-Jacques Mancel me ramène toutefois à la réalité.

Alpine Berlinette A110 1600 SC bleue de 1973 garée dans la ligne droite des stands du circuit de Monthléry vue arrière gauche
Jean-Jacques Mancel dans son Alpine A110

Le bougre a les cheveux neiges, l’œil rieur. Et la passion intacte : rédacteur en chef du magazine Berlinette Mag’, il est le propriétaire de cette A110 1600 SC qui n’est autre que... sa douzième Alpine. « Je roule en A110 depuis 1971. Aujourd’hui, tout le monde se les arrache, mais ce n’était pas le cas à l’époque : il fallait déjà avoir un grain ! ». Un grain qu’apparemment, Jean-Jacques cultive encore aujourd’hui : « voilà les clefs, il n’y a rien de spécial à savoir. Amuse-toi bien ». Confiance… ou inconscience ?


L’A110 plus petite qu’une Fiat 500 !

Le rêve continue donc, et j’espère que personne ne me réveillera. Reste à savoir si j’arriverai à pénétrer dans cette coque de noix bleue france, dont les dimensions rappellent une Dinky Toys : l’Alpine A110 est 11 cm moins large et 36 cm plus basse qu’une Fiat 500 actuelle ! Se glisser dans le petit habitacle n’est pourtant pas si acrobatique, car la carcasse épaisse comme du papier à cigarette empiète bien moins ici qu’à bord des autos modernes.

Seule contrainte ? S’habituer à conduire l’épaule appuyée contre la portière gauche, sans repose-pied, les jambes décalées sur la droite. Une position de « biais » dont Jean-Jacques aime se gausser : « Cette auto se conduit en glisse. Ton corps revient donc dans l’alignement de la route quand tu roules en travers ! » précise, hilare, notre sympathique propriétaire.


La barre des 200 km/h…

La minuscule clef tourne dans le neiman presque caché sous le volant, et le quatre cylindres de Renault 16 s’ébroue dans un vacarme réjouissant. Carburateurs double corps, trompettes d’admission et ligne d’échappement inox ne sont pas étrangers à cette agréable mélodie. Première enclenchée, la Berlinette se lance enfin en broutant à peine.

Le compte-tours ayant refusé de fonctionner aujourd’hui (à son âge, l’Alpine sait devenir capricieuse), Jean-Jacques m’indique le moment opportun pour passer les cinq rapports à « l’oreille ». Sans inertie aucune, le petit 1600 (issu d’une R16 TS !) propulse la Berlinette vers l’avant, ses occupants vers l’arrière, et s’élève vite vers les 200 km/h promis par la fiche technique.

Alpine Berlinette A110 1600 SC bleue de 1973 roulant sur le circuit de Monthléry vue de profil droit
145 ch pour moins de 800 kg... Sensations garanties dans cette Alpine A110 !

« Donné pour 125 ch, mon moteur développe environ 145 ch grâce à une petite préparation », précise Jean-Jacques. Sous le pied droit, je pensais en disposer de plus de 200... Mais l’Alpine 110 pèse moins de 800 kg toute mouillée !


Pas scabreuse, l’Alpine A110 SC

Sur l’anneau très dégradé de Montlhéry, les plaques de béton forment de profonds raccords, mais la Berlinette les absorbe presque mieux qu’une voiture moderne : sur les autos légères, les amortisseurs n’ont pas à être excessivement fermes pour limiter le roulis. On comprend mieux l’efficacité de l’A110 lors d’un rallye de championnat du monde, qu’elle a d’ailleurs remporté dès sa première année d’existence.

Alpine Berlinette A110 1600 SC bleue de 1973 roulant sur l'anneau du circuit de Monthléry vue avant droite
En adoptant le train arrière de l'Alpine A310 en fin de carrière, la Berlinette est devenue plus équilibrée en virages

Après plusieurs rétrogradages ponctués d’authentiques « talon-pointe » (pour le plaisir de la poussée, et de la sonorité), j’ose plonger dans l’une des chicanes soulignant l’anneau de vitesse. Comme guidée par des rails, l’A110 change immédiatement de cap, sans l’once d’une inertie. Non assisté mais précise, la direction sert un train avant efficace et un arrière plus coopératif que scabreux : à partir de 1973, la Berlinette pouvait compter sur le train arrière à triangles superposés de l’Alpine A310, plus stable.

Alpine Berlinette A110 1600 SC bleue de 1973 roulant sur le circuit de Monthléry vue arrière droite
L'échappement en inox de l'Alpine Berlinette de Jean-Jacques anoblit les vocalises du 1.6 : quel son !

Pas de quoi grever le plaisir pris au volant d’un tel objet de collection qui, malgré ses 40 ans d’âge, offre une efficacité proche d’une petite GTi moderne pour quatre fois plus de sensations. Seul inconvénient de l’Alpine A110 : sa cote actuelle, qui dépasse les 80 000 € et l’éloigne de nombreuses bourses… Dès lors, si les scientifiques cherchent un cobaye pour un nouveau voyage dans le temps, je serai le premier dans la file. Merci professeur Mancel.


> A LIRE. Alpine A110/Alpine Celebration : réunion exclusive sur le circuit de Monthléry
 

Nous remercions chaleureusement Jean-Jacques Mancel, propriétaire de cette sublime Alpine A110 et rédacteur en chef de Berlinette Mag (www.berlinettemag.com), ainsi que l’Autodrome de Linas-Montlhéry et plus particulièrement Event et Formation en charge des évènements et de la gestion du circuit (www.utacceram.com). 

 

Un peu de technique...

Dimensions Alpine A110 1600 SC
Longueur : 3,85 m
Largeur : 1,52 m
Hauteur : 1,13 m
Capacité du réservoir  : 50 l
Pneumatiques : 165 HR 13
Poids à vide: 710 kg


Fiche technique Alpine A110 1600 SC
Moteur : Essence, 4 cylindres
Cylindrée : 1 605 cm3
Puissance : 127 ch à 6 000 tr/min
Couple : 137 Nm à 5 000 tr/min
Transmission : Aux roues arrière
Boîte de vitesses : Mécanique, cinq rapports

 

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Commentaires
Voir tous les commentaires (4)
pdebernardy795

Renault n'aurai jamais jamais dû arréter la production de sa marque emblématique même si peu de modéle étais vendu, c'étais une voiture de référence et tellement plaisante à voir, conduire et entendre rouler

jlfor08374

le train arrière hérité de l'A310 est une révolution en soi, car ce système à deux triangles superposés permettait de garder aux roues arrières un carrossage constant, quelle que soit la position de l'auto: accélération freinage, appuis. ..etc. la conduite était plus sûre et les dérives du train arrière plus faciles à maitriser, j'ai eu l'occasion dans les années 80 de partager le volant d'un ami en course de côte, avec une A110 1300S hyper allégée et très bien préparée, une vraie bombe, et quel plaisir à son volant! ... nostalgie ...

jlfor08374

J'ai eu la chance de faire quelques courses de côté début des années 80 avec une A110 version 1300S, c'était le pied! Ces autos conservées en bon voir très bon état, nous donne une sacrée nostalgie, les prix actuels ne nous permettent plus que de rêver...

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