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Essai course : Renault RS01, la française plus rapide qu'une Ferrari !

Renault RS01 2016 jaune sur le circuit de Magny-Cours vue de pleine face
550 ch pour 1 150 kg : la Renault Sport R.S.01 affiche un meilleur rapport poids/puissance que n'importe quelle GT3 de course...

Pour battre un record sur circuit, on convoque souvent Ferrari, Porsche ou McLaren. Avec sa R.S.01, Renault Sport sait pourtant mieux faire : moteur de Nissan GT-R mais poids de Clio, et beaucoup, beaucoup d'appui aérodynamique. Essai et vidéo du monstre français sur la piste de Magny-Cours...



Voici, hors monoplace, la Renault Sport la plus performante de l’histoire. Une sorte de supercar à la française qui, sous les traits d’un sublime concept-car, fait la nique aux meilleures sportives de la planète. Porsche 911 ? Ferrari 488 ? McLaren 650S ? Audi R8 ? Ne cherchez pas : aucune ne pourrait suivre le rythme de cette fusée jaune, même dans leur version GT3 de course.

Sur un circuit comme Magny-Cours, la Renault RS01 roule entre 5 et 6 secondes plus vite qu’une GT3 avoue Paul-Loup Chatin, pilote officiel Alpine 2013-2015. Soit plus d’une seconde au kilomètre sur ce tracé long de 4,4 km. Un gouffre.

Il faut dire que cette RS01 est bien éloignée d’une Mégane RS, la plus puissante Renault Sport de série (275 ch). Elle s’approprie une cellule en carbone Dallara, une carrosserie en composite et, surtout, un moteur V6 biturbo de Nissan GT-R. Le résultat fait saliver les pervers du rapport poids/puissance : 550 ch pour 1 150 kg sur la balance, quand la supersonique Nissan -qui abat le 0 à 100 km/h en moins de 3 secondes- dépasse les 1 800 kg. Effrayant.

Renault RS01 2016 jaune garée devant des box vue arrière gauche
Renault RS01 2016 jaune vue du moteur capot retiré


Prix R.S.01 : 297 000 € hors taxes !

Arrive ensuite la qualité… et le principal défaut de cette affriolante française. Côté pile, la Renault « enrhume » ses rivales pour un prix situé entre 100 000 et 200 000 € plus bas que les GT3 précitées. Côté face, la RS01 ne peut se battre directement contre ces autos dans les championnats européens, car elle n’en respecte pas la réglementation : une GT3 de piste doit être obligatoirement issue d’une voiture de série.

Renault RS01 2016 jaune vue avant droite

« Dans sa gamme actuelle, Renault ne dispose d’aucun modèle capable de servir de base à une voiture de catégorie GT3 » explique Jean-Pascal Dauce, responsable de la compétition chez Renault Sport. « Dès lors, soit nous ne faisions rien, soit nous sortions la RS01, aux performances supérieures… et plus seulement réservée à notre championnat Renault Sport dédié ». Explications.


Un kit à 10 500 € pour « ralentir » la R.S.01

Depuis fin 2015 en effet, Renault Sport propose un kit à 10 500 € visant à dégrader les performances de la RS01. Le but ? Rendre le combat plus équitable face aux GT3, pour convaincre les organisateurs des principaux championnats d’accepter la RS01 sur la grille. Objectif atteint : en 2016, GT Tour, Blancpain GT Sports Club, VdeV et 24H Series tolèrent ces RS01 «handicapées». Un argument fort pour les écuries privées, qui pourront louer leur RS01 aux pilotes sur davantage de courses… et la rentabiliser plus facilement.

Renault RS01 2016 jaune vue du capot arrière
Appui aérodynamique réduit, bride à l'admission, disques acier au lieu de carbone (+ 25 kg), 45 kg de lest...
Renault RS01 2016vue du disque de frein
...ainsi "équipée", la RS01 peut s'engager d'autres championnats que le Renault Sport Trophy.

L’unique moyen de piloter une RS01 « full power » est donc de s’engager dans le trophée Renault Sport (voir calendrier en fin de papier), qui ouvre droit à la puissance maxi, au poids mini, aux freins en carbone et à l’appui aérodynamique maximal : 1 200 kg de charge à 270 km/h ! Pour ce premier essai, la RS01 s’est laissée pilotée dans cette version de pointe. Peu rassuré à quelques secondes d’en prendre le volant, j’ignore s’il s’agit ou non d’une bonne nouvelle…


A bord de la RS01 « full power »

Si l’installation dans le cockpit réclame une certaine souplesse (les spectaculaires porte-papillon ne s’ouvrent pas si haut…), le confort au volant surprend : les mousses de baquet réservent un relatif moelleux, le siège monté sur glissière permet de bien ajuster sa position de conduite, et le petit volant inspiré d’une F1 (ou de K2000, selon les références) assure une excellente préhension. On se verrait déjà parti pour une endurance de 24H !

Renault RS01 2016 jaune vue du cockpit
Renault RS01 2016 Pascal Eynaud donnant des instructions à Mathieu Sentis de L'argus

Assis au ras du sol derrière le pare-brise en plexi, je presse le bouton de démarrage et le V6 biturbo s’ébroue dans un feulement rauque et constant. Pas de pédale de gauche, merci à l’embrayage centrifuge : il suffit d’accélérer pour que la RS01 sorte progressivement de son box. Plus docile qu’attendu, le monstre…


Au volant de la RS01

Dès la sortie des stands, j’enfonce l’accélérateur et la RS01 demeure catapultée vers l’avant, et moi avec. La poussée, linéaire mais terrifiante, enfonce les yeux dans les orbites de 3 000 à 7 000 tr/min. L’avantage, en RS01, c’est que cette force herculéenne n’est altérée… par rien : les sept rapports de la boîte Sadev claquent comme des coups de fusils, la motricité ne laisse jamais les roues arrière patiner en ligne droite, et l’on se sent comme téléporté dans un jeu vidéo, effet lessiveuse en plus.

Renault RS01 2016 jaune sur le circuit de Magny-Cours vue avant gauche
550 ch sur les seules roues arrière... Mais la R.S.01 dispose d'un antipatinage et d'un ABS réglables.

Arrive le premier gros freinage, et l’occasion de prouver à la RS01 ce que l’on a dans le mollet : si l’ABS réglable empêche le blocage de roues (et les « plats » sur les pneus slicks facturés 500 € pièce), l’absence d’assistance hydraulique oblige à frapper la pédale comme si l’on voulait la briser. Le résultat est proportionnel à l’effort, et les plus courageux se sentiront comme aspirés par le sol, pendant que l’auto perd 200 km/h en quelques dizaines de mètres. Si-dé-rant.

L’impression d’évoluer dans une 4e dimension ne s’évanouit pas en courbes, où la RS01 présente deux visages selon l’angle du virage. Dans les épingles, on croit avoir saisi son comportement : un peu trop de vitesse en entrée, et le nez élargit progressivement la trajectoire ; un peu trop de gaz en sortie, et l’arrière suit le mouvement dans la même sagesse.

Renault RS01 2016 jaune sur le circuit de Magny-Cours vue arrière
En dépit d'un grip phénoménal, la RS01 reste facile à prendre en main car très progressive aux limites d'adhérence.

Dès lors, on se sent rassuré et presque pilote, avant d’attaquer les courbes moyennes et rapides : là, l’appui aérodynamique fait son effet, et les limites n’arrivent plus… hormis celles des muscles du cou tentant de retenir le poids du casque en virages ! Freinage, accélération, surbraquage, rien ne semble déstabiliser la RS01 en appui dès qu’elle dépasse 120 km/h environ. Sidérant bis.


L’heure du baptême en RS01

Avant de quitter notre ahurissante RS01, le talentueux Paul-Loup Chatin nous propose un baptême en passager. Dans le baquet de droite, les sensations moteur sont décuplées et nous ne parlons pas du freinage, qui fait s’imprimer les harnais dans les épaules (ou d’autres parties) en l’absence de véritable cale-pied.

A un rythme indescriptible, Paul-Loup pousse à ses vraies limites la RS01, qui accepte de survirer sur les freins pour s’aider à tourner, décoller subtilement à l’attaque des vibreurs pour grappiller quelques dixièmes, puis se ventouser littéralement au bitume dans les virages rapides, au point de faire sentir notre cerveau taper dans les tempes.

Renault RS01 2016 jaune sur le circuit de Magny-Cours vue de profil gauche
Le baptême en passager de Paul-Loup Chatin restera gravé dans nos mémoires...

Une étrange sensation qui vient particulièrement dans le premier gauche rapide du circuit de Magny-Cours : en bout de ligne droite, Paul-Loup soulage à peine l’accélérateur, jette la RS01 dans la courbe, remet plein gaz là ou j’aurais écrasé la pédale de frein puis ressort sur le vibreur extérieur, à deux cm du bac à sable, dans un subtil sous-virage déclenché à plus de 200 km/h. Quel pilote… et quelle auto !

Plus lourde et privée du même appui aérodynamique, l’Audi R8 LMS conduite par un certain Tom Kristensen ne m’avait pas tant impressionnée, lors d’un récent baptême musclé. Renault Sport n’avait pas menti. En un mot : chapeau.
 

Renault RS01 2016 jaune poussée dans son box par les ingénieurs Renault Sport
Mathieu Sentis et l'équipe Renault Sport devant deux RS01 jaunes
Renault RS01 2016 gros plan sur le phare
Renault RS01 2016 gros plan sur l'entrée d'air


Fiche technique Renault Sport R.S.01

Châssis Coque carbone et arceau-acier Dallara
Moteur V6 3.8 biturbo
Puissance 550 ch à 6 800 tr/min
Couple 630 Nm à 5 000 tr/min
Boîte Sadev à sept rapports, embrayage centrifuge
Freins Disques carbone 380 mm
Poids 1 150 kg (1 220 kg si kit BoP)
 

Calendrier 2016 du championnat R.S.01

  • Motorland (Espagne) : 16 et 17 avril
  • Imola (italie) : 13 au 15 mai
  • Red Bull Ring (Autriche) : 15 au 17 juillet
  • Paul Ricard (France) : 26 au 28 juillet
  • Spa (Belgique) : 24 et 25 septembre
  • Estoril (Portugal) : 21 au 23 octobre
     

Format des courses

- Une course d’endurance le samedi (70 minutes + 1 tour) avec un équipage pilote pro + pilote amateur
- Une course sprint le dimanche (25 minutes + 1 tour) pour le pilote amateur
- Une course sprint le dimanche (25 minutes + 1 tour) pour le pilote pro
 

Primes d’arrivée

- Pilote pro : test avec l’équipe NISMO au Japon, et 200 000 € en cash si pilote non sélectionné
- Pilote amateur : participation aux 24H du Mans en LMP2, ou 140 000 € de primes en pneus, engagements et pièce de rechange pour la saison RS01 2017.

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Commentaires
yoye32

Je voudrais savoir avec quelle auto roule ce Monsieur (Collectif REC ) peut être avec une ami 6 ? c'est désolent de lire les bêtises de certains !!! quand on sait que les ingénieurs Français sont parmi les meilleurs au monde ; respect un point c'est tout .....

fred

Nissan appartient à Renault c'est normal qu'ils prennent le moteur (réduction des coûts), je n'ai aucun doute sur la capacité de Renault à fabriquer des moteurs d'autant qu'il en a fait des biens plus prestigieux dans la compétition automobile et le chassis c'est Renault qu'il l'a conçu et l'a fait fabriqué par dallara. Après l'ensemble de la voiture est réglé et mis au point par les ingénieurs de Renault Sport donc oui pour dire que Renault c'est faire. La compétition automobile est son ADN.

sergio

Oui mais de bon designers et de bon préparateurs bravo Renault

truche

Quand il y a un article mettant en valeur une voiture française, je me dis qu'il y aura forcément quelques râleurs pour démolir celle-ci. Ça ne rate jamais. Je me demande à chaque fois si les allemands font la même chose. Du genre "Ya mais la Bugatti est fabriquée en France par des techniciens français…" Cela frise le ridicule, mais c'est très français.

ripote

dommage pour le v8 ou le v10 renault

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