Vous êtes ici :

Essai Ford Focus RS : le test au Nürburgring et sur autoroute libre !

Ford Focus RS 2016 bleue Nitrous garée devant le panneau Nurburgring vue avant droite
La Ford Focus RS 2016 est disponible au prix de 39 600 € (+ 2 200 € de malus). Après l'essai en Espagne et le comparatif avec la Honda Civic Type R, nous l'avons invitée sur le circuit le plus exigeant du monde : la boucle nord du Nürburgring.

Mégane RS, Seat Leon Cupra, Honda Civic Type R, Golf GTI Clubsport, toutes ont annoncé leur meilleur chrono sur le mythique Nürburgring. Toutes... mais pas la nouvelle Focus RS, pourtant forte de 350 ch et quatre roues motrices. Y cache t-elle un défaut ? En route vers l'enfer vert pour le savoir !

Voiture à l'essai : Ford Focus RS

À partir de
39 600 €
2 200 € de malus

Page 1Essai Ford Focus RS : le test au Nürburgring et sur autoroute libre ! 

C’était la pierre angulaire de sa communication : la Ford Focus RS 2016 deviendrait la reine du «drift», ce mode de pilotage en glisse popularisé par l’américain Ken Block et ses vidéos virales… De toutes les sportives à transmission intégrale du segment (Audi RS3, BMW M140i xDrive, Mercedes-AMG A45), la nouvelle Focus RS demeure en effet la plus amusante, en montrant l’équilibre d’une propulsion à l’accélération, motricité efficace en plus (lire notre premier essai Focus RS).

Ford Focus RS 2016 bleue Nitrous prenant un virage en drift sous la pluie

Seulement voilà : avaler les virages comme un pilote de rallye sur terre, c’est bien, mais pas le passe-temps favori de tous les acheteurs de compacte GTI. Dans un segment obsédé par l’efficacité (et leur chrono sur les 20,8 km de la boucle nord du Nürburgring…), la Focus RS devra aujourd’hui prouver qu’elle n’est pas juste une bête de foire. Direction l’Allemagne, ses autoroutes non limitées et sa mythique Nordschleife, pour juger ce que la Focus RS Mk3 a vraiment dans le ventre…


Moteur Ford Focus RS : 16/20

Le moteur en bref. Adieu, 5 cylindres turbo de 2.5 l de cylindrée. La nouvelle Focus RS convoque un 4 cylindres 2.3 qui culmine à 350 ch (305 ch pour l'ancienne). Le couple, annoncé à 440 Nm, devient même le meilleur du segment grâce à sa fonction overboost : 470 Nm disponibles pendant 15 secondes. Au-delà, rien n’empêche de relâcher puis ré-écraser l’accélérateur pour jouir d’une deuxième dose…

Ford Focus RS 2016 gros plan sur le moteur Ford Performance
Ford Focus RS 2016 gros plan sur les compteurs

Notre avis. Si la sonorité a perdu en authenticité et en coffre, le 4 cylindres de la Focus RS 2016 reste attachant à l’oreille : timbre rauque (hélas envoyé via les haut-parleurs) et crépitements à la décélération rendent l’ambiance musicale sympathique en modes de conduite Sport ou Track.

La poussée, certes linéaire, achève de convaincre : sympa dès 2 000 tr/min, le 2.3 turbo pousse franchement ensuite et affiche même un petit regain de vigueur passé 5 500 tr/min. Seul regret ? Son manque d’allonge au-delà de 6 000 tr/min. Un voyant "RS" au compte-tours conseille d’ailleurs de passer le rapport supérieur dès ce régime, malgré la zone rouge située 500 tr/min plus haut.

La preuve en vidéo. Sur cette vidéo effectuée sur autoroute allemande non limitée, la Focus RS décolle vivement grâce à sa fonction Launch Control (voir chapitre suivant). La belle santé du moteur fait vivement grimper l’aiguille du tachymètre sur chacun des rapports, mais la vitesse de pointe reste moindre qu’avec une Civic Type R : dans une légère descente, la Ford culmine à 273 km/h, quand la japonaise avait atteint 290 km/h au même endroit. Officiellement, la Focus est pourtant donnée pour 266 km/h, juste 4 km/h sous la Civic (lire notre essai comparatif Focus RS vs Civic Type R)


Boîte Ford Focus RS : 14/20

La boîte en bref. De plus en plus appréciée par le public sportif, la boîte robotisée à double embrayage n’a pas été retenue sur la Focus RS Mk3. Une transmission mécanique à six rapports officie donc, mais s’allie tout de même à une originale fonction Launch Control pour soigner les départs arrêtés. Sur le papier, cela fonctionne : la Focus RS annonce 4,7 s de 0 à 100 km/h, juste 4 dixièmes derrière l’Audi RS3 de 367 ch et sa rapide boîte S Tronic.

Ford Focus RS 2016 gros plan sur le levier de vitesses

Notre avis. Fonction Launch Control activée, le conducteur écrase simultanément les pédales d’embrayage et d’accélérateur. Le régime se cale à 5 500 tr/min environ puis, une fois l’embrayage relâché, la Focus RS détale comme un boulet de canon ! Tant mieux pour le 0 à 100 km/h, mais il restera rare d’utiliser cette fonction au quotidien…

Nous aurions préféré des aides à la conduite plus utiles, comme le double-débrayage automatique (Nissan 370Z, BMW M2), car le talon-pointe est difficile à effectuer vu la configuration du pédalier (accélérateur trop éloigné du frein). L’ergonomie souffre aussi d’un levier de vitesses implanté un peu trop bas. Dommage : sans montrer l’excellence de celle d’une Civic Type R, la commande allie rapidité, précision et fluidité.


Châssis Ford Focus RS : 17/20

Le châssis en bref. Plus que les trains roulants, c’est la transmission intégrale qui offre toute son originalité à la Focus : grâce à deux embrayages gérant la puissance envoyée à chacune des roues arrière, elle peut faire tourner la roue extérieure plus vite que l’intérieure en virages et ainsi aider la voiture à tourner, voire la faire pivoter sur elle-même ! Très sensible en mode Drift, ce tempérament est déjà marqué en mode Sport, mais moins en mode Track, dédié au circuit et la « chasse » au chrono (les suspensions se raidissent alors de 40 %).

Notre avis. La météo capricieuse nous a seulement permis d’effectuer un demi-tour sur sol sec, avant que la pluie « n’inonde » le Nürburgring ! Une session brève mais suffisante pour cerner l’agilité de l’Américaine dans son mode de conduite Sport… Malgré le poids élevé de l’ensemble (1 599 kg annoncés), la Focus RS se jette à l’intérieur des virages au braquage, s’agrippe à la trajectoire en légère dérive des 4 roues, puis ressort en force dans une motricité totale : jouissif !

L’autre satisfaction provient de l’amortissement, sautillant à doux rythme mais irréprochable sous la contrainte : bosses, raccords, vibreurs, la Focus absorbe les pires déformations sans broncher et participe à l’efficacité générale sur cette piste particulièrement dégradée. Seule obligation : laisser de côté le mode Track, dont la suspension très affermie ne convient qu’aux circuits parfaitement lisses.

Ford Focus RS 2016 bleu Nitrous roulant sur le Nurburgring sous la pluie

Enivrante sur sol sec, la Focus RS devient un rien caricaturale sous la pluie : le poids important entraîne d’abord son train avant vers l’extérieur, qui n’offre plus le même « mordant » que sur sol sec en entrée de virages. A l’accélération ensuite, la dérive du train arrière devient marquée et ce, quel que soit le mode de conduite retenu (Sport, Track, et Drift bien entendu…). Avantage : l’antidérapage ESP peut être réglé selon les niveaux de pilotage, avec un mode normal, un mode sport qui tolère une légère dérive, et un mode off qui laisse le conducteur seul maître des événements…

La preuve en vidéo. Notre session au Nürburgring démarre sur sol sec, où la Focus affiche en une tendance naturelle au survirage en mode Sport. Les dérives du train arrière prennent ensuite de l’amplitude dans des conditions humides, visibles en seconde partie de vidéo. Ultime info importante : notre Focus RS d’essai était équipée de pneus Michelin Super Sport légèrement usés, et non des Pilot Sport Cup 2 proposés en option (1 900 € avec les jantes forgées).

Freinage Ford Focus RS : 16/20

Le freinage en bref. Parfois « limite » sur la précédente Focus RS, le système de freinage a été majoré sur cette génération. A l’avant, les étriers flottants laissent place à des modèles fixes à quatre pistons signés Brembo, qui pincent des disques ventilés de 366 mm de diamètre. Les étriers bleus sont optionnels, mais ne signifient pas que le freinage devient plus efficace (pas d’option « gros freins » comme sur la Leon Cupra ou d’option carbone-céramique comme l’Audi RS3).

Ford Focus RS 2016 bleue Nitrous gros plan sur la jante forgée et l'étrier bleu

Notre avis. Nous n’avons pu parcourir que 2/3 de la boucle nord du Nürburgring dans des conditions sèches, là où le système de freinage est le plus sollicité. Mais il n’a montré aucun signe de faiblesse dans la première partie du circuit en descente : pas d’allongement de la course de la pédale ni de perte d’efficacité. Vu le poids de l’ensemble et la santé du moteur, c’est bon signe !

Seule l’aide au freinage d’urgence nous a gêné sur un ralentissement : lors d’une attaque de pédale rapide, la voiture interprète une manœuvre d’urgence et envoie la puissance maximale de freinage, empêchant tout dosage… Cette fonction demeure même si l’antidéparage ESP est mis hors fonction, mais n’est apparue qu’à une seule reprise. Conseil : ne pas « taper » dans les freins comme un forcené en début de pression.


Bilan de l’essai extrême Ford Focus RS

Non, la nouvelle Ford Focus RS n’est pas qu’un animal de « drift ». Sur un circuit aussi exigeant que l’ancien Nürburgring, elle a montré une agilité épatante pour une voiture de ce poids, un freinage suffisamment endurant, et un amortissement irréprochable en mode normal (le mode sport de la suspension se montre trop ferme pour une piste aussi bosselée). Les ressources du moteur, elles, effacent sans mal les longues côtes de la Nordschleife (inclinées jusqu’à 16 % !), et la commande de boîte rapide ne fait pas –trop- regretter l’absence de transmission à double embrayage.

Reste un équilibre moins grisant sous la pluie (train avant peu incisif en entrée de virages, train arrière volage en sortie), et une paire de baquets Recaro optionnels implantés un peu hauts à notre goût. Des défauts pas éliminatoires, et compensés par un tarif bien étudié : 39 600 € (+ 2 200 € de malus), quand les allemandes à boîte automatique ou robotisée oscillent entre 52 900 € (BMW M140i) et 61 900 € (Audi RS3) malus compris…

Ford Focus RS 2016 bleue Nitrous garée devant le panneau Nurburgring vue arrière gauche

On aime

  • Le moteur percutant jusqu’à 6 000 tr/min
  • L’agilité du châssis en mode Sport sur sol sec
  • L’amortissement irréprochable sur piste bosselée (suspension en mode normal)

On regrette

  • La position de conduite pas idéale (sièges Recaro optionnels trop hauts, levier de vitesse trop bas)
  • Le train avant moins incisif sous la pluie
  • L’autonomie limitée sur circuit
Partager cet article
À lire aussi
Mots clés
Commentaires
allavena.axel926

Voiture sympa (hatchback, 5 portes!) mais qui n'apporte rien de révolutionnaire par rapport à une WRX STI 10 de 2008 par exemple qui peut se transformer en 4RM, traction ou prop.... Train avant évolué (double pivot semble t-il) sur cette Focus mais qui ne score pas, train arrière banal (U de torsion) , beaucoup d'électronique ce qui questionne sur la fiabilité à venir, marque Ford banale... Cela dit des pro de l'automobile qui comparent des 4RM comme celle-là avec des tractions ou des propulsions...faut qu'ils fassent n autre métier....

julienbaugnies385

Il serait intéressant de savoir quelle monte pneumatique équipait la focus essayée, car il existe deux montes pneumatiques d'origine, toutes deux Michelin. Mais la différence importante entre le sec et le mouillé vient fort probablement de là...

Réagir à cet article
Envoi en cours
L'argus  en kiosque
Nouveau
A Lire aussi
Recevez notre newsletter !

Nos articles vous intéressent ? Abonnez-vous !

Recevez par e-mail toutes les infos de la Ford Focus