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Essai Isuzu D-Max (2017) : le plus fidèle ami de l'homme

Isuzu D-Max restylé
L'Isuzu D-Max restylé se reconnaît à la virgule de diodes qui souligne ses phares ainsi qu'à son antenne requin. Il sera disponible à partir du mois de mars, avec, tradition D-Max, des prix qui sonnent comme un défi aux oreilles de ses rivaux : à partir de 27 468 € en version double cabine 164 ch.

Les fioritures, ce n'est pas son style. L'Isuzu D-Max célèbre toujours les mêmes valeurs : efficacité, robustesse, et prix ultra-serrés. Mais introduit lors de son restylage un nouveau diesel 1.9 qui présente le meilleur rapport cylindrée/puissance de la catégorie des pick-up !



Page 1Essai Isuzu D-Max (2017) : le plus fidèle ami de l'homme  

En France, l’écotaxe a torpillé les 4x4… au profit des pick-up exonérés de malus et de TVS à titre de véhicules utilitaires : leurs ventes vont pour la première fois cette année franchir les 15 000 unités ! Le D-Max profite de cette embellie, mais n’a jamais été de la race des coquets. Son restylage est donc discret : logement des antibrouillards élargi et bordé de chrome, calandre légèrement modifiée en sa partie supérieure, antenne requin. Rien qui vienne bouleverser la physionomie de ce modèle lancé en 2012, cinquième maillon d’une lignée de pick-up Isuzu née en 1963.

Le changement est plus profond à l’intérieur. Le D-Max adapte sa dotation de série aux mœurs du temps : feux de jour à diodes, contrôle de vitesse en descente, aide au démarrage en côte. Et surtout, a donné un coup de balai sous son capot : nouveau moteur, nouvelles boîtes. Avec le 1.9 164 ch qui remplace le 2.5 163 ch, Isuzu, dieseliste réputé, innove en deux points : meilleur rapport cylindrée/puissance de la catégorie, collecteur de NOx plutôt que réservoir d’AdBlue pour satisfaire aux normes Euro 6. La boîte mécanique, à six rapports, est désormais conçue par Isuzu, et non plus par Aisin. La boîte automatique reste une Aisin, mais passe de cinq à six rapports.

Isuzu D-Max restylé
La valeur d'un pick-up se juge aussi à ses capacités d'emport. L'Isuzu D-Max n'offre pas la benne plus longue de la catégorie : 1,50 m. Mais se distingue par sa charge utile (1 010 kg) et sa charge remorquable (3 500 kg).


Prix Isuzu D-Max

Le D-Max est un petit poucet du marché français, mais un géant sur la planète des pick-up : 400 000 unités produites par an sous label Isuzu, châssis repris par le groupe GM sous enseigne Chevrolet ou Holden. Fort de sa culture industrielle (camions, bus, moteurs diesels), Isuzu sait de surcroît maintenir ses prix au plus bas en allant à l’essentiel. Dès lors, le D-Max s’est toujours posé un net cran en dessous de ses rivaux sur l’échelle des tarifs. Sa version restylée poursuit cette tradition : à partir de 27 468 € TTC en double cabine, 35 496 € dans sa finition haute Quasar (GPS, sellerie cuir, siège conducteur électrique), 1 400 € supplémentaires pour la BVA6.

Comme bon nombre de pick-up, le D-Max est proposé sous deux autres carrosseries, à prix encore plus doux. Il débute en finition Satellite à
17 160 € HT (20 592 € TTC) en simple cabine 4x2 (benne longue de
2,31 m), et 22 030 € HT (26 436 €) en cabine approfondie 4x4 (benne
de 1,80 m, strapontins au 2e rang, minces portes latérales à ouverture antagoniste). A l’occasion de son restylage, le D-Max a étiré de deux ans sa durée de garantie : elle est maintenant de cinq ans, comme sur Nissan Navara, Mitsubishi L200 et Fiat Fullback.


Au volant de l’Isuzu D-Max

Isuzu D-Max restylé
L'Isuzu D-Max est bâti pour les travaux de force et le franchissement : garde au sol de 23 cm, réducteur de boîte, contrôle de vitesse en descente, soubassements protégés.

Isuzu l’affirme, la réduction de cylindrée de son diesel a allégé le D-Max de 60 kg, avec des effets vertueux dans tous les compartiments du jeu : confort, tenue de route. C’est possible. Mais reste à vérifier : le D-Max
1.9 164 ch
était dépourvu de plaques d’immatriculation lors de sa première prise en mains, donc impropre à la circulation ! L’essai a eu lieu sur un circuit automobile, cadre qui dessert un pick-up. Un véhicule de deux tonnes à empattement long et centre de gravité élevé s’avère forcément pataud dans cet exercice qui n’est pas fait pour lui : roulis, reprises molles. De surcroit, le revêtement d’un circuit, lisse comme un galet, ne permet pas de juger le défaut inhérent aux pick-up : leur tendance à ricocher sur les inégalités du bitume en raison d’un train arrière rigide taré pour la charge…

Isuzu D-Max restylé

Seul enseignement à retirer, le nouveau 1.9 est moins bruyant que son prédécesseur 2.5 163 ch. D’après Isuzu, il est également plus vif (11,5 s de 0 à 100 km/h au lieu de 12,8 s) en dépit d’un moindre couple (360 Nm contre 400 Nm). Et la réduction de cylindrée profite à la consommation : 6,8 l/100 km en cycle homologué (8,4 l pour le 2.5), ce qui accroit l’autonomie, d’autant que la capacité du réservoir est passée de 69 à 76 l.

Le D-Max se montre sous un jour plus favorable dans les travaux de force, transmission 4x4 enclenchée : boîte aux premiers rapports courts et assortie si besoin d’un réducteur, garde au sol de 23 cm, contrôle de vitesse en descente pour affronter sans crainte les pentes boueuses.
Sa longueur de benne (1,50 m en version double cabine) est dans la moyenne basse du segment (1,58 m pour le Navara), mais sa charge utile (1 010 kg) dans la moyenne haute. Et il peut remorquer jusqu’à 3 500 kg, ce que seuls savent faire avec lui Amarok, Navara et Ranger.

 

Dans l’habitacle de l’Isuzu D-Max

Isuzu D-Max restylé

Il est des planches de bord plus gaies que celle de l'Isuzu D-Max. L'écran tactile vient en finition Solar (32 652 €), le GPS en finition Supernova (34 488 €).

Aucun changement dans l’habitacle du D-Max restylé, sinon une calligraphie différente sur l’ordinateur de bord ! L’atmosphère intérieure est austère, la finition strictement fonctionnelle : partout, des plastiques durs, même en finition haute Quasar. Mais le souvenir du prix du pick-up Isuzu, ainsi que sa dotation de série (climatisation, radio, feux de jours à diodes), ramènent le sourire chez les occupants du D-Max. Et la sellerie cuir (à partir de Solar Plus) ajoute une note de gaieté : six couleurs au choix.

Isuzu D-Max restylé

L’espace ne manque pas au rang arrière, ou trois adultes peuvent voyager : les assises ne sont pas trop dures, le dossier présente assez d’inclinaison pour ne pas fatiguer les reins. La banquette offre un brin de modularité, afin de pouvoir abriter davantage de bagages lors d’un déplacement à deux : elle ne se fractionne pas mais se rabat, et les assises se relèvent, découvrant deux logements discrets pour ranger des objets loin des regards : ils sont hélas minuscules, et à même la tôle car non aménagés.


Concurrence de l’Isuzu D-Max

Isuzu D-Max restylé

Nés pour des fonctions de labeur, les pick-up ont étendu leur registre à un public venu du 4x4, habitué à un certain luxe, et attiré par les fonctions familiales des versions double cabine. Le Volkswagen Amarok (5,32 m) illustre cette mutation : rien à moins de 41 856 € TTC et V6 3.0 204 ch BVA8 ! Le Ford Ranger (5,36 m), leader du marché français avec plus de 5 000 ventes en 2016, sait lui aussi monter haut en puissance et hospitalité : à partir de 38 850 € en 3.2 200 ch. Mais il débute à 31 190 € dans une plus sage version 2.2 130 ch.

Le Toyota Hilux (5,33 m), vedette historique du segment, propose une version d’attaque à 30 700 € en 2.4 150 ch. Pour disposer d’un équipement décent (climatisation), il faut toutefois grimper à la finition Legend : 35 000 €. Le Nissan Navara (5,33 m) démarre à 33 850 € en
2.3 160 ch, le Mitsubishi L200 (5,29 m) à 31 900 € en 2.4 181 ch, et le Fiat Fullback, qui reprend son châssis, à 34 450 € avec ce même moteur mais un équipement plus douillet. L’Isuzu D-Max n’est pas le plus raffiné de la bande. Mais reste le moins cher, et de beaucoup !

 


Bilan essai Isuzu D-Max

Isuzu D-Max restylé

Le D-Max joue dans l’orchestre des pick-up la même partition que le Dacia Duster chez les SUV compacts : pas de poudre aux yeux, rien que l’essentiel, mais des prix bien inférieurs à ceux de ses rivaux. Cette musique lui a toujours valu, en dépit de la minceur du réseau Isuzu, une position flatteuse dans la hiérarchie des ventes de pick-up en France : 4e place derrière Ranger, Hilux et Navara. Un rang que sa version restylée devrait garder. L’augmentation des tarifs D-Max est en effet faible (de 600 à 1 000 € en fonction des finitions) au regard des améliorations apportées : équipement de série enrichi, nouveau moteur plus sobre et plus discret, garantie portée à 5 ans. Son public sait ce qu’il vient trouver au volant d’un D-Max : un pick-up fiable et efficace, qui ne fait rien moins que les autres dans ses fonctions utilitaires. Une nouvelle fois, il ne sera pas déçu.

On aime

  • Le prix, le plus bas de la catégorie, et la garantie 5 ans
  • La sobriété du nouveau 1.9 diesel
  • La capacité de charge et de remorquage

On regrette

  • Comportement, finition intérieure : en deçà de ses rivaux
  • L’étagement, court en bas, trop long en haut,
       et le guidage de la boîte mécanique
  • 25 départements de France sans point de vente Isuzu
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Commentaires
Pilloix

Le problème de tous les pick-up est que l'on ne peut pas rouler en court sans avoir de central bloqué.

BTY

L'article (ou Isuzu) ne donne pas suffisamment de détails, on aurait aimé en savoir un peu plus sur le FAP (quel type), la sural (TGF, TGV,...), le type d'homologation (VP, VU banc à rouleaux, VU banc moteur) et le niveau crit'air auquel ce véhicule peut prétendre

nowis07

Bonsoir, monter un 1.9 sur un véhicule de 2 tonnes, avec 163 cv, me paraît un peu osé ! Dans l'histoire la perte de 40Nm de couple ne sera pas anecdotique dans les passages difficiles et à forte charge. En outre le choix de la "dépollution" par un collecteur à NOx, ou "piège à NOx" ne me paraît pas aller dans le bon sens. Les normes EURO 6 ne sont atteignable que par le biais d'un système SCR (selective catalytic reaction) avec l'utilisation de l'AD Blue, comme dans tous les vrais diesels modernes (toute la flotte poids lourd par exemple ainsi que l'industrie). ISUZU n'innove donc pas en terme de dépollution. Mais il est vrai que si il est relativement simple et peu onéreux d'augmenter la puissance d'un diesel, il revient beaucoup plus cher de le dépolluer, n'est-ce-pas M. Renault.

1 réponse
BTY -

Excellentes remarques pour la SCR

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