Vous êtes ici :

Essai Jaguar F-Type SVR : le blason qui change tout ?

Jaguar F-Type SVR 2016 bleu roulant sur circuit vue de pleine face
La F-Type est la première Jaguar à recevoir le blason SVR. Jusqu'alors, il n'avait équipé que des Land Rover, l'autre marque du groupe passée sous le giron de l'indien Tata en 2008.

Chez Jaguar, on a le sens du commerce : la nouvelle F-Type SVR développe 25 ch de plus que la F-Type R et se vend... 25 000 € supplémentaires ! Un prix justifié ? Réponse dans cet essai de la plus méchante des F-Type : 575 ch, poids en baisse, transmission intégrale de série.

Voiture à l'essai : Jaguar F-Type Coupe SVR

À partir de
139 500 €
8 000 € de malus

Page 1Essai Jaguar F-Type SVR : le blason qui change tout ? 

Chez Jaguar, on aime conter que la nouvelle F-Type SVR sort des ateliers SVO, pour Special Vehicle Operations. Une entité née voilà deux ans, qui cultive une certaine idée d’exclusivité : elle tapisse de laine le vaste habitacle d’un Range Rover SV Autobiography, diabolise le Range Sport SVR en lui injectant 575 ch, et dégaine désormais cette F-Type éponyme, dont les 575 ch ringardisent la « simple » F-Type R de 550 ch.

Jaguar F-Type SVR 2016 bleu garée dans la voie des stands vue avant
Jantes forgées et échappement en titane économisent 25 kg sur le poids total.

En réalité, l’anecdotique gain de 25 ch s’entoure d’évolutions cousues main : un échappement en titane, qui réduit le poids de 16 kg. Un aérodynamisme entièrement revu, qui porte la vitesse maxi de 300 à 322 km/h. Sans oublier les réglages châssis réadaptés (train arrière rigidifié, train avant assoupli), censés renforcer l’agilité de la F-Type R malgré la transmission intégrale imposée. Plus de puissance, moins de poids : la SVR serait-elle à la F-Type ce que la GT3 est à la Porsche 911 ?


Concurrence et prix F-Type SVR

Puisque Porsche a déjà épuisé son stock de 911 GT3, comparons plutôt la F-Type SVR à la 911 Turbo S. Quasi-même puissance (580 ch), transmission intégrale, mais un prix nettement supérieur pour l’allemande, fixé à 206 135 € contre 139 500 € pour la F-Type SVR. Pour redescendre d’un cran, mieux vaut donc aller toquer chez les marques un peu moins prestigieuses : une Audi R8 de 540 ch s’achète 169 600 €, une Mercedes-AMG GT S de 510 ch, 144 000 €, et une Nissan GT-R de 570 ch, dès 99 900 €

Jaguar F-Type SVR 2016 bleu garée dans la voie des stands vue arrière
Freins carbone-céramique et éléments carbone (pavillon, kit aérodynamique) sauvent encore 25 kg... en option.

Pour la F-Type SVR, la menace la plus sérieuse réside toutefois en interne : depuis 2015, la petite sœur F-Type R peut elle aussi embarquer quatre roues motrices, dispose déjà d’un sale caractère (lire notre essai), et démarre dès 114 060 € soit… 25 440 € de moins ! Reste alors à savoir si ce blason SVR bien romancé n’est pas un prétexte pour vendre les produits plus chers.


Au volant de la F-Type SVR

Si le problème du prix s’évanouit dès que la sublime F-Type croise notre regard, la pression sur le bouton de démarrage ne nous ramène pas davantage à la réalité. Le V8 5.0 s’ébrouedans un râle de félin (très) grognon, et encore, nous n’avons pas pressé la touche sport de ce fameux échappement en titane.

En mouvement, le concert continue, enrobé d’artifices : ça gronde à bas régime, crépite à mi-régime, vocifère à haut régime. Au point qu’il devient superflu de presser la touche sport précitée, qui amplifie finalement peu la symphonie initiale.

Jaguar F-Type SVR 2016 bleu roulant sur une route vue avant gauche
La "SVR" annonce 3,7 s de 0 à 100 km/h, soit 0,4 s de moins que la "R".

Cette attachante mélodie se module du pied droit, dont il vaut mieux éduquer les orteils pour ne pas se fouler la nuque à chaque accélération (notamment en mode Dynamic qui rend la pédale très sensible). Quel que soit le régime ou l’un des huit rapports engagés, la F-Type bondit vers l’avant comme un jaguar sur un zébu, effaçant les files de poids-lourds comme la tendance de la boîte à ne pas rétrograder assez tôt au freinage. Peu importe : le V8 dispose d’assez de couple pour reprendre à bas régimes et, en cas d’urgence, le rapide mode manuel répare cette petite paresse.


Arrive ensuite la première série de virages… et le prolongement de notre sourire idiot. Une fois accoutumé à la légèreté de la direction (et son manque de précision autour du point milieu), le conducteur jubile au volant d’une F-Type SVR bien plus facétieuse que sa transmission intégrale imposée ne le laissait supposer.

Jaguar F-Type SVR 2016 bleu roulant sur circuit vue arrière dans un virage
Beau bébé que cette F-Type : 1 705 kg. Mais au volant, ils ne sentent guère...

Plus survireuse que la F-Type R en entrée de virages abordé « sur les freins », la SVR enroule les courbes plus qu’elle ne les franchit et ne rechigne donc pas, malgré son poids respectable, à négocier les plus serrés d’entre eux. La transmission 4x4 ne met pas fin au spectacle à la réaccélération, car elle entretient la dérive et permet de ressortir des épingles comme une fusée, les roues déjà droites !

Ce tempérament coquin, permis par les nouveaux réglages, a toutefois son revers lors d’une escapade sur circuit : un peu moins stable, le train arrière louvoie davantage sur un freinage appuyé, et n’est pas si facile à corriger car la direction manque de limpidité. Un défaut relevé en conditions extrêmes… où peu d’acheteurs iront s’aventurer. Et comme le dit le « chef » de SVO : « la F-Type SVR peut aller sur circuit, mais nous souhaitions qu’elle reste utilisable tous les jours ».


A bord de la F-Type SVR

Une fois rassasié du ballet, le conducteur abaisse son rythme et retrouve avec la F-Type un caractère d’authentique GT. Le V8 ronronne à 2 000 tr/min à 130 km/h, la suspension efface correctement les bitumes dégradés (mais l’amortissement reste en retrait de celui d’une Audi R8), et l’insonorisation générale permet d’envisager les longs trajets. Sur ce dernier point, il faut tout de même vivre avec les bruits de roulement, importants mais logiques vu la largeur des pneus et la proximité des roues arrière avec les oreilles des passagers.

Par rapport à une F-Type R classique, les occupants apprécieront les sièges baquets à surpiqûres imitant le cuir matelassé, l’alcantara qui tapisse le pavillon, et, comble de la générosité, l’arrivée en série… du régulateur de vitesse. Comme chez Porsche, tout ou presque est optionnel, de la connexion Bluetooth à la navigation GPS, en passant par les radars de stationnement. Un dernier équipement pas inutile, vu la visibilité périphérique limitée de cet attachant matou !

Jaguar F-Type SVR 2016 vue du poste de conduite
La suédine tapissant le haut de planche de bord et le pavillon est bienvenue. Au quotidien, les rangements restent rares, et le passager se sentira un peu isolé près d'une console bâti à la gloire du «pilote».
Jaguar F-Type SVR 2016 vue des sièges baquets
Les surpiqûres de la SVR imitent une sellerie en cuir matelassé. Pourtant réglables, les bourrelets latéraux manquent de maintien aux épaules.
Jaguar F-Type SVR 2016 vue de l'écran central détaillant les modes de conduite
Neige, normal ou dynamic, ou les trois modes de conduite de la F-Type SVR. Transmission, suspension, direction et aides électroniques s'y adaptent.
Jaguar F-Type SVR 2016 bleu vue de l'aileron déployé
L'aileron se déploie à 90 km/h. Mais on peut l'extraire plus tôt via un bouton...
Jaguar F-Type SVR 2016 bleu vue de l'aileron abaissé
...ou le rentrer à haute vitesse pour atteindre la vitesse maximale de 322 km/h !

.

Bilan de l'essai Jaguar F-Type SVR

Certes plus puissante et légère que la « R », la « SVR » n’est pas à la F-Type ce que la GT3 est à la 911. Bien plus typée GT, elle demeure en fait une version d’épicuriens, capables d’en sentir les subtiles améliorations : un fabuleux V8 légèrement plus volubile, un châssis plus joueur aux limites d’adhérence, et un aérodynamisme qui permet à la F-Type de filer encore plus vite sur autoroute allemande… à défaut d’embellir sa robe. Objectivement ? La F-Type R suffit largement. Ce qui revient à dire que la F-Type SVR ne sert pas à grand-chose. Pour une certaine frange de client, elle deviendra donc indispensable.

Jaguar F-Type SVR 2016 bleu garée devant un mur de tag
La F-Type SVR existe aussi en carrosserie cabriolet, facturée 7 000 € de plus !

A VOIR > Diaporama : les plus belles photos de la F-Type SVR

 

On aime

  • La santé du V8, et sa sonorité encore plus envoutante
  • Le comportement plus joueur aux limites d’adhérence
  • Le prix assez bien placé dans la catégorie…

On regrette

  • …mais finalement élevé avec une dotation décente
  • La légère instabilité au freinage sur circuit
  • La direction manquant de précision
Partager cet article
À lire aussi
Mots clés
Soyez le premier à réagir
Envoi en cours
L'argus  en kiosque
Nouveau
Recevez notre newsletter !

Nos articles vous intéressent ? Abonnez-vous !

Recevez par e-mail toutes les infos de la Jaguar F-Type