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Essai Lamborghini Aventador S : la performance Sublimée

L'Aventador S est disponible au cours de ce premier trimestre 2017 en France.
L'Aventador S est disponible au cours de ce premier trimestre 2017 en France.

Pas encore tout à fait présentée au public, nous voici déjà à son volant pour l'essai de la nouvelle Lamborghini Aventador S.



Page 1Essai Lamborghini Aventador S : la performance Sublimée  

Lamborghini ressuscite cette année le badge S sur son Aventador. Avant elle, Miura en 1968 ou encore Countach en 1978 avaient  eu le droit à cette appellation marquant ainsi un peu plus leurs époques. L'Aventador fera-t-elle de même ?

En seulement 5 ans, l'Aventador est un véritable carton pour Lamborghini qui en a écoulé plus de 5 500 exemplaires dans le monde.  À titre de comparaison, la Murcielago avait péniblement dépassé les 4 000 exemplaires en ... 10 ans.  La marque a donc de bonnes raisons de ne pas dévoiler tout son potentiel mais de le faire évoluer régulièrement par petites touches afin d'entretenir sa carrière. Ce modèle S est une suite logique. L'appellation ne doit rien au hasard. Comme ses aînées qui y ont eu droit avant elle, ce badge apporte un surcroît de performances.

Le poste de conduite est très aéronautique !

Le poste de conduite est très aéronautique !

Avant d'en prendre le volant, les clients Lamborghini devront débourser un peu plus de 337 000 euros. C'est une augmentation de 15 000 euros, mais qui nous semble justifiée. Souvent, les supercars évoluent peu mais font généreusement gonfler la note. Là, entre le surplus technique et les performances largement supérieures à celles du modèle de base, ce n'est pas du vol : loin s’en faut.  Elle reste même 60 000 euros moins chère que ne l'était la version SV : de quoi faire quelques pleins ...

 

Quatre roues directrices et 740 ch !

L'ADN de Lamborghini est tellement puissant que le style de cette Aventador semble assez peu évoluer par rapport à l'ancien modèle. Pourtant, un initié identifiera tout de suite le nouvel avant ou encore la nouvelle sortie d'échappement lovée dans un diffuseur plus gros. À propos de l'échappement, le designer de la marque Mitja Borkert nous a expliqué qu'il a voulu que celui-ci ressemble à celui d'une fusée. On peut dire que c'est réussi mais, une fois encore, tout n'est pas qu'une question de style.

La modification a permis de gagner 20% sur le poids de l'échappement mais elle a également un peu plus libéré la mélodie retranscrite par le V12. Il sonne clair et métallique. Ces évolutions sont aussi esthétiques que techniques. L'avant, qui ressemble à s'y méprendre à la gueule ouverte d'un serpent prêt à mordre, permet d'apporter 130% de portance en plus (à 240 km/h), de mieux refroidir les disques avant et mieux orienter le flux d'air vers les écopes arrière pour le refroidissement moteur.

Le nouvel échappement ressemble à une fusée. Surtout, il amplifie encore plus la mélodie du V12

Le moteur V12 ouvert à 60° et de 6,5 l de cylindrée reçoit 40 ch de plus pour porter la puissance à 740 ch à 8 400 tr/min. Le couple est un peu plus important avec 690 Nm à 5 500 tours, mais surtout plus constant en restant un peu plus présent à hauts régimes. Au chapitre de la puissance, on sait qu'il peut faire encore mieux avec 750 ch dans la SV disparue du catalogue mais il fallait sans doute respecter une forme de hiérarchie dans la jeune histoire de ce modèle.

Ce "déficit" de puissance ne l'empêche cependant pas de proposer des performances très proches de la SV avec un 0 à 100 en 2,9 s (2,8 pour la SV) pour un Vmax de 350 km/h. Les 200 km/h sont déjà atteints quand un SUV diesel type Peugeot 3008 n'a pas encore passé les 100 km/h. La barre des 300 est atteinte en seulement 24,2 s.  

Sur le circuit, l’apport des quatre roues directrices est tout de suite évident

Bien que détrempé, le circuit Ricardo Tormo de Valence nous a bien aidés dans l'appréhension de certaines évolutions de ce modèle S. Pour avoir conduit l'Aventador puis la SV, le changement apporté par les quatre roues directrices est tout de suite évident. Que ce soit sur un plateau de slalom ou sur un tour complet, cette technologie apporte une plus grande agilité à l'Aventador. Ce n'est pas vraiment une surprise tant on a pu depuis quelques années goûter les bénéfices de cette technologie sur les Porsche 911, BMW Série 7 ou encore Renault Mégane GT.

L'Aventador S inaugure les quatre roues directrices.
L'Aventador S inaugure les quatre roues directrices.

En d'autres termes, quand votre châssis est à bout, sortez la carte magique des quatre roues directrices. Surtout que naturellement, une quatre roues motrices sous-vire. Sous la pluie, le train avant est plus prompt à s'inscrire et conserve plus facilement la trajectoire. Même si l'Aventador S nous a gratifiés de quelques pertes de direction, le simple fait de soulager l'accélérateur et de tourner un peu plus le volant lui rendait immédiatement la bonne trajectoire dans les virages serrés. Restant assez évasif sur les données, Lamborghini avance, par la voix de Maurizio Reggiani (Responsable Technique de la marque) que l'Aventador S pourrait gagner jusqu'à une seconde par virage par rapport à l'ancien modèle.

 

L’Aventador S donne l’impression qu’on ne passe jamais assez vite…

Les roues arrière braquant dans le sens opposé poussent ainsi mieux l'avant.  À l'inverse dans les courbes rapides et malgré la piste copieusement mouillée, l'Aventador S donne l'impression qu'on ne passe jamais assez vite pour éprouver la stabilité bien aidée en plus par les quatre roues motrices qui peuvent, en un éclair, transférer jusqu'à 50% du couple sur l'avant (90 AR - 10 AV en configuration de base). En fait, il n'y a que lors des accélérations violentes que le châssis perd un peu de sa superbe dans ces conditions ! Dans la ligne droite des stands, quand à fond de trois on enclenche la quatrième, les énormes pneus Pirelli P-Zero en 355 à l'arrière semblent peiner pour distribuer la puissance pourtant passée par la transmission intégrale Borg Wagner assistée d'un différentiel à vecteur de couple fourni par Haldex.

Concentration, précision au volant de l'Aventador S !
Concentration, précision au volant de l'Aventador S !

Bien que conservant sa ligne, l'Aventador S patine encore forçant l'électronique à intervenir. Mieux vaut être prudent sous la pluie avant de supprimer les assistances. D'ailleurs, les freinages très appuyés en ligne sur cette piste détrempée ont aussi mis un peu à mal la stabilité, l'arrière donnant un peu la sensation de pousser dans le dos et semblant prêt à vouloir passer devant.

La stabilité est parfois mise à mal. Sur les freinages appuyés, l’arrière semble prêt à passer devant…

Autre grief, la boîte simple embrayage robotisée "ISR" gratifie toujours d'à-coups en mode manuel quand elle n'est pas "violentée". C'est assez désagréable quand ça vient perturber la voiture alors en appui en courbe au moment où vous passez un rapport supérieur. En fait, pour bien fonctionner, cette boîte a besoin qu'on roule très vite : normal me direz-vous, l'auto est faite pour cela. Le mode automatique a toutefois été amélioré sur le réglage Strada pour procurer un peu plus de douceur dans les bouchons le matin sur le chemin du travail.

 

Une Aventador « à la carte »

C'est également une nouveauté sur ce modèle S, on dispose enfin de la latitude de se configurer son propre mode de conduite en jouant sur la direction, les suspensions ou encore la réponse du couple moteur/boîte en plus des modes Strada, Sport et Corsa. Une solution bienvenue que cette piste mouillée a permis de mettre en exergue. Clairement, les modes Sport et Corsa ne seraient pas adaptés dans leurs totalités dans pareilles conditions.

Là, on pouvait profiter d'une direction en mode Sport, de suspensions affermies pour la piste tout en laissant le moteur dans son mode le plus "gentil". On pourrait aussi imaginer un usage route en été avec une direction et un moteur placés sur le mode Corsa tout en conservant des suspensions sur le mode le plus souple. Autre nouveauté au rayon gadgets, l'Aventador S propose un système de télémétrie. Très proche de celui vu chez McLaren, il permet l'acquisition de données en roulage piste mais aussi de télécharger les tracés des différents circuits.

 

Concurrence de l’Aventador S

Si on oublie les hypercars hybrides, cette Aventador S n'a plus vraiment de concurrentes. Ferrari propose bien sa GTC4 Lusso mais cette dernière est une routière quand la F12 TDF n'était qu'une série limitée. La vélocité apportée par les quatre roues directrices conjuguées aux qualités "naturelles" de ce modèle S le rendent aujourd'hui hors catégorie, seul au monde et sans doute plus très loin des étoiles comme une Porsche 918 sur un tour du Nurbürgring.

 

Bilan essai Aventador S

Cette conclusion m'est venue dans un des tours de décélération. Cette Aventador S est sans contestation possible le monstre le plus polyvalent jamais produit par la marque. Quasiment aussi sportif qu'une SV, le modèle S lui oppose une capacité à se plier à toutes les utilisations.  Ses futurs propriétaires disposeront d'un ticket capable de leurs procurer énormément de plaisir sans réellement se soucier du bon moment ou des bonnes conditions de route, de piste ou de météo pour en disposer ... Elle est loin l'époque de la Countach !

 

On aime

  • Le V12 expressif
  • Facilité de prise en mains
  • La polyvalence

 

On regrette

  • Difficile de lire le châssis en courbes rapides (rigidité)
  • Les à-coups de la boîte de vitesses
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Commentaires
davale76843

Excellent article comme on aimerait en lire plus souvent !

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