Vous êtes ici :

Essai Mégane RS (2018) : notre avis sur la nouvelle Mégane RS 280 EDC

Renault Mégane RS orange tonic travelling avant droit
La Mégane 4 RS 2018 démarrera au prix de 37 600 € en boîte manuelle en avril. Cette version à boîte EDC réclame 39 400 €, et sera commercialisée dès février 2018.

Désormais encerclée d'une concurrence surdouée, la Renault Mégane RS devait se réinventer. Elle l'a fait : châssis à quatre roues directrices, boîte robotisée à double embrayage en option, style plus agressif que jamais. Essai de la nouvelle Mégane 4 RS 280 ch à boîte EDC et châssis Sport.

Voiture à l'essai : Renault Megane R.S. EDC

  • Moteur Essence | Puissance : 280 ch
  • Lancement : février 2018
À partir de
39 400 €
3 113 € de malus

Page 1Essai Mégane RS (2018) : notre avis sur la nouvelle Mégane RS 280 EDC 

En signant, dès 2008, le meilleur temps des GTI sur la boucle nord du Nürburging, la Mégane RS n’imaginait pas une telle riposte. Ford Focus RS, Seat Leon Cupra, Honda Civic Type R, Volkswagen Golf GTI, toutes ont rapidement cherché à battre ce chrono, chaque fois avec succès… Focus exceptée.

Renault Mégane RS EDC zoom phare
Renault Mégane RS EDC zoom echappement

Dès lors, quand la Mégane RS lance une troisième génération visuellement impressionnante (ailes élargies de 60 mm à l’avant et 45 mm à l’arrière, canule d’échappement si vaste qu’elle pourrait gober un ballon de rugby…), le petit monde des "GTIstes" est suspendu à son essai comme à une séance de tirs aux buts lors d’une finale de Coupe de monde. Surtout avec une telle fiche technique…

 

Deux boîtes et deux châssis pour la Mégane 4 RS 2018

Pour tenir les rivales en respect, la Mégane RS 2018 annonce ainsi une foule d’évolutions : un 1.8 turbo de 280 ch chassant l’ancien 2.0 turbo 275 ch, une inédite boîte à double embrayage (en plus de la boîte mécanique), des amortisseurs à butées hydrauliques, des freins majorés (avec disques avant à bol alu en option).

Sans oublier la reconduction des deux châssis, Sport de série ou Cup, en option, avec suspension affermie de 10 % et différentiel autobloquant mécanique (lire notre essai Mégane RS 280 châssis Cup BVM). La bonne nouvelle culmine avec l’arrivée en série des quatre roues directrices, reparamétrées par rapport à celles de la Mégane GT 4Control.

Renault Mégane RS orange tonic filé en virage

Leur principe ? Braquer à l’opposé des roues avant sous 60 km/h (100 km/h en mode Race) pour renforcer l’agilité en épingles, puis dans le même sens au-delà pour servir la stabilité en grandes courbes. Un contenu technique unique à ce niveau de gamme… qui pèse -un peu- sur les prix.

 

Malus et prix Mégane RS EDC

En rejetant 155 g de CO2 par km, la nouvelle Mégane RS n’est pas la meilleure amie du malus 2018 : 3 113 € d’écotaxe, voire 3 660 € une fois cochées les roues de 19 pouces optionnelles à 1 000 €, plus énergivores (voir fiche technique en page 2). Avec un tarif de base à 39 400 € en boîte EDC, le prix réel grimpe ainsi à 42 500 € minimum, au-delà du commun des compactes sportives (voir plus bas chapitre concurrence).

La Mégane 4 RS est certes la seule à combiner de série le châssis à quatre roues directrices, l’écran GPS de 8,7 pouces, l’alerte de franchissement de ligne et la caméra de recul, mais elle réclame en option d’autres équipements plaisants au quotidien : régulateur de vitesse adaptatif (300 €), affichage tête-haute (400 €), système audio Bose (600 €), sellerie en Alcantara (1 500 €), toit ouvrant (800 €).

Renault Mégane RS EDC planche de bordplanche de bord oblique
Renault Mégane RS EDC zoom jante

Quant au pack Cup à 1 500 € alliant suspension affermie de 10 % et différentiel autobloquant mécanique, il est pour l’heure réservé à la Mégane RS à boîte manuelle, et ne pourra s’associer à cette transmission EDC qu’en fin d’année. C’est l’occasion de vérifier si la Mégane RS châssis « classique » tient déjà toutes ses promesses…

 

Au volant de la Mégane 4 RS EDC

Notre voyage démarre en mode de conduite « Neutral » et pour l’heure, rien ne diffère vraiment d’une « simple » Mégane GT 1.6 turbo 205 ch : le 1.8 turbo 280 ch apparaît docile et inaudible, la boîte EDC égrène ses rapports à bas régimes et en douceur, la suspension avale les bosses dans un confort correct.

Une docilité comparable à celle des autres compactes sportives au quotidien, qui marque toutefois un net progrès par rapport à l’ancienne Mégane RS Coupé (commandes fermes, piètre visibilité périphérique)

Avec sa caméra de recul de série et son diamètre de braquage réduit (merci aux roues arrière directrices), la nouvelle Mégane RS fait déjà trembler les citadines ! Mais, elle n’est pas exactement née pour cela…

Renault Mégane RS orange tonic travelling de face
Renault Mégane RS EDC vue embarquée
Renault Mégane RS orange tonic filé droit

D’une pichenette sur le bouton R.S. Drive sous l’écran tactile, la Mégane RS bascule en mode Sport (voire Race avec un appui long) et commence progressivement à ressembler à une Renault Sport, une vraie : la boîte EDC dynamise ses temps de passages qui deviennent, à pleine charge et dans le mode le plus radical, comparables à ceux d’une boîte DSG.

L’accélérateur apparaît plus réactif, et commande un moteur offrant un joli coup de pied aux fesses à 2 400 tr/min. Quant à la sonorité, elle prend de l’ampleur au fil des modes de conduite : faux bruit d’admission à bas et mi-régimes, "déflagrations" dans le silencieux d’échappement au passage de rapport supérieur, discrets gargouillis à la décélération. On a connu plus naturel, mais l’illusion demeure.

Performant dès 2 400 tr/min en mode Sport ou Race, le 1.8 TCe 280 ch se calme à l'approche de la zone rouge 

Restera à confirmer les performances sur nos bases habituelles car malgré ses belles promesses (390 Nm de couple, 0 à 100 km/h en 5,8 s), notre Mégane RS d’essai, certes mal rodée avec à peine 500 km au compteur, ne semblait pas beaucoup plus performante qu’une Peugeot 308 GTi (330 Nm et 6,0 s), et un peu moins qu’une Seat Leon Cupra 300 (380 Nm et 5,8 s). Mais, assez parlé de lignes droites…

Facile. C’est l’adjectif qui colle immédiatement à la nouvelle Mégane RS, après quelques virages effacés à son volant. Malgré la piètre adhérence des routes andalouses lors de notre essai, la française s’est toujours montrée incisive au braquage, réactive du train arrière au lever de pied pour aider à tourner, et jamais brutale une fois atteintes ses limites d’adhérence.

Renault Mégane RS orange tonic action arrière gauche

Reparamétré par rapport à celui de la Mégane GT, le système 4Control de la Mégane RS se montre lui plus discret dans ses interventions, mais pas moins efficace : imperturbable en grandes courbes (où l’ancienne Mégane RS pouvait se montrer vive de l’arrière…), l’auto brille tout autant dans les épingles où, plutôt que de s’écraser sur son train avant, pivote autour de son axe pour s’extraire comme une fusée malgré l’absence de différentiel à glissement limité (l’antipatinage se contente de freiner la roue intérieure).

Pour les amateurs de conduite sportive (et à fortiori en utilisation sur piste), il manquera toutefois deux choses : la sensation de resserrer la trajectoire à l’accélération offerte par un véritable autobloquant, et une suspension mieux tenue que celle, assez souple et à grands débattements, de la Mégane RS châssis Sport.

Renault Mégane RS orange tonic action avant
Renault Mégane RS orange tonic action arrière

Ainsi, à gros rythme sur chaussée dégradée, nous avons tapé les butées de suspension à plusieurs reprises. Hydrauliques, ces butées évitent un choc brutal (préjudiciable au confort comme à l’adhérence après le « rebond »), mais l’idéal reste de ne pas les rencontrer du tout !

Pas une tare : Renault Sport propose un châssis Cup à 1 500 € qui, précisément, offre un différentiel autobloquant mécanique et une suspension affermie. L’occasion d’organiser un nouvel essai de Mégane RS, sur circuit cette fois…

 

A bord de la Mégane 4 RS 2018

Renault Mégane RS EDC planche de bord
Des logos Renault Sport fleurissent sur le volant, les sièges, les baguettes de planche de bord et les tapis de sol. Le grand écran vertical de 8,7'' vient de série.
Renault Mégane RS EDC zoom boite
Pour supporter le couple important du 1.8 turbo (390 Nm), la boîte EDC6 à six rapports est empruntée aux versions dCi 160 avec un étagement revu.
Renault Mégane RS EDC zoom palette
Comme les Clio RS et Mégane GT, elle dispose de l'aide au départ arrêté, et du rétrogradage multiple en gardant la palette gauche tirée vers soi.
Renault Mégane RS EDC zoom ecran Multi Sense
L'antidérapage devient plus permissif en mode Sport et se coupe en mode Race. Mais le nouveau mode de conduite Perso permet de régler chaque élément indépendamment.
Renault Mégane RS EDC zoom ecran mode Perso
Gestions moteur, boîte, direction, sonorité à l'échappement ou via les haut-parleurs, graphisme des compteurs, couleur d'éclairage, tout est paramétrable !
Compteurs mode Sport
Compteurs mode Sport
Compteurs mode Race
Compteurs mode Race
Renault Mégane RS EDC siege avant
Repris de la Mégane GT, les sièges généreusement creusés maintiennent bien en virages. Une option Recaro viendra fin 2018.
Renault Mégane RS EDC zoom volant
Avec l'option sièges en Alcantara à 1 500 €, le volant en est lui aussi recouvert, même si du cuir subsiste sur la moitié de sa jante.
Renault Mégane RS EDC banquette arrière
Bel espace aux jambes, dossiers légèrement creusés, accès facilité par les portes arrière...
Renault Mégane RS EDC coffre
...la Mégane 4 RS devient enfin envisageable comme véhicule familial.

 

Concurrence Mégane RS EDC

Quand elle emploie sa boîte mécanique, la nouvelle Mégane RS ne manque pas de rivales : Volkswagen Golf GTI Performance (245 ch), Peugeot 308 GTi (270 ch), Hyundai i30 N (275 ch), Seat Leon Cupra (300 ch), Honda Civic Type R (320 ch), Ford Focus RS (350 ch)…

Mais la concurrence se raréfie en boîte robotisée, puisque seules les sportives du groupe Volkswagen laissent le choix entre les deux transmissions.

Peugeot 308 GTi coupe franche face à la Mégane RS orange
Peugeot 308 GTi vs Mégane RS BVM, ou LE match à suivre en 2018 !
Seat Leon Cupra 300
VW Golf GTI Performance
Seat Leon Cupra 300

Contre toute attente, la Golf GTI Performance DSG7 est moins onéreuse que la Mégane RS EDC : 39 900 € malus compris, contre 42 500 € pour la française. Mais malgré son différentiel à glissement limité de série, la Golf se montre moins sportive : 6,2 s de 0 à 100 km/h (contre 5,8 s), ESP non débrayable et comportement plus facile que réellement agile.

Finalement, la cousine Seat Leon Cupra DSG6 se montre plus encombrante : 300 ch au lieu de 280 ch, 5,7 s de 0 à 100 km/h, et un équipement de série plus complet (amortissement piloté, différentiel à glissement limité, jantes 19’’, chargeur par induction) pour moins de 41 000 € écotaxe incluse. Vivement les premiers comparatifs…

 

Bilan de l'essai Mégane RS 280 EDC

Par rapport à la Mégane 3 RS, la Mégane 4 RS progresse dans deux domaines à priori contradictoires : meilleur confort de conduite (suspension relativement souple, boîte robotisée), et tenue de route encore plus efficace grâce au châssis à quatre roues directrices. Voilà le choix idéal pour qui utilise sa compacte sportive au quotidien… mais dont le léger manque de caractère mécanique et châssis pourra frustrer la clientèle radicale. Pas de panique, Renault Sport a tout prévu : châssis Cup en option, version Trophy de 300 ch en fin d’année. A suivre !

 

Renault Mégane RS orange tonic statique avant gauche
Cette version à châssis Sport (et non Cup) se veut moins radicale que la précédente. Renault Sport espère ainsi toucher une nouvelle clientèle, et faire grimper le châssis de série à 50 % des ventes contre 30 % pour l'ancienne Mégane RS.

 

 

On aime

  • Le châssis efficace et facile, et le confort préservé
  • La boîte EDC plutôt rapide en mode Race
  • La présentation extérieure (« vraies » ailes élargies !)


On regrette

  • Renault Mégane RS EDC logo R.S.
    Le prix élevé, malus compris
  • Le manque de caractère moteur à haut régime
  • L’absence d’autobloquant de série, présent chez les rivales 

 

 

Partager cet article
À lire aussi
Mots clés
Commentaires
shooby136

La reine est morte, vive le reine

Réagir à cet article
Envoi en cours
L'argus  en kiosque
Nouveau
Recevez notre newsletter !

Nos articles vous intéressent ? Abonnez-vous !

Recevez par e-mail toutes les infos de la Renault Megane