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Essai Mercedes Classe E 300 Coupé (2017) : sa majesté a un défaut...

Mercedes Classe E 300 Coupé (2017)
La nouvelle Mercedes Classe E Coupé arrive sur le marché français en ce mois de mars 2017. Elle est ici à l'essai en version essence E300 de 245 ch facturée de 57 900 à 71 600 €.

Beauté, luxe et confort qualifient la Mercedes Classe E Coupé. Mais, défaut inhérent à son genre, s'extraire des places arrière requiert de la souplesse. Dès lors, en France, sa voie paraît étroite : à en juger par le succès des SUV coupés quatre portes, son public a commencé à regarder ailleurs.

Page 1Essai Mercedes Classe E 300 Coupé (2017) : sa majesté a un défaut... 

C’est une tradition Mercedes, solidement ancrée : depuis la première du nom, en 1993, la Classe E donne immanquablement vie à un coupé et à un cabriolet. Mais la nouvelle version coupé, née un an après la berline, marque une franche rupture par rapport à son aînée. D’abord, le précédent coupé Classe E reposait sur un châssis Classe C. D’où son format plutôt bref : 4,70 m. Le nouveau coupé dérive directement de la Classe E, et en profite pour prendre de l’ampleur : 4,83 m.

Mercedes Classe E 300 Coupé (2017)
Double échappement, feux hauts et très plats, épaulement marqué, extracteurs d'air de chaque côté du bouclier, petit becquet en bout de malle : une carrure d'athlète pour la face arrière de la Mercedes Classe E Coupé.

Ensuite, Mercedes ne s’est pas contenté d’enlever deux portières à la Classe E. Le coupé bénéficie d’un traitement privilégié : empattement raccourci de 7 cm (2,87 m) et garde au sol réduite de 2 cm (11 cm) pour accroître sa vivacité, capot à double nervure, partie arrière étrécie par un épaulement prononcé. Toit bas (1,43 m), absence de pilier central et vitres latérales sans encadrement ajoutent la dernière note : malgré son important porte-à-faux arrière, rançon d‘un coffre de bon volume, le coupé Classe E produit une forte impression visuelle, à la fois par son gabarit et la pureté de ses lignes. 

 

Prix Mercedes Classe E 300 Coupé

Noblesse oblige, le coupé Classe E fait l’impasse sur le premier niveau de finition de la berline, et sur sa boîte mécanique. Il ne connaît qu’une BVA9 et entre dans la carrière à l’échelon Executive. : 53 150 € en E 200 184 ch, 55 000 € en E 220d 194 ch, pour l’instant seul diesel de la gamme, 57 900 € pour la version E 300 245 ch ici essayée, et 69 300 € en E 400 333 ch à moteur V6 et transmission intégrale. A moteur et finition identiques, le Coupé E 300 coûte ainsi 1 400 € que la berline.
Et 4 200 € de plus que son prédécesseur dans sa formulation la plus proche, E 250 211 ch.

Mercedes Classe E 300 Coupé (2017)
Une horloge ronde à aiguilles, au centre de la console centrale : une touche d'élégance rétro, dans un univers technologique à instrumentation digitale.

Le nouveau Coupé Classe E peut avancer quelques arguments pour justifier cette augmentation de prix : puissance et gabarit supérieurs, BVA9 plutôt que BVA7, écran multimédia plus grand (8,4 pouces au lieu de 5,8 pouces), feux full LED, jantes de 18 pouces, freinage automatique d’urgence et banquette 40/20/40 de série. Mais tout de même, pour passer d’une génération à l’autre, la marche est haute. D’autant que le malus guette le coupé E 300 au tournant : 1 373 €. L’ancienne E 250, plus leste, n’en payait pas.

 

Au volant de la Classe E 300 Coupé

Mercedes Classe E 300 Coupé (2017)

Toutes vitres latérales baissées, le coupé Classe E attire les regards, avec sa longue ellipse vide cerclée de chrome. Revers de la médaille, l’absence de pilier central, élément qui participe à la rigidité du châssis, oblige à renforcer les longerons. Opération que le coupé Classe E 300, malgré son empattement réduit, paie sur la balance : 1 685 kilos. Dès lors, il ne saurait offrir dans ses changements d’appui, l’agilité d’une ballerine. Sa direction, trop démultipliée pour être incisive, l’atteste : même si son moteur a du punch (6,4 s de 0 à 100 km/h), même si son comportement reste très sain à allure soutenue, le coupé E 300 n’est pas de tempérament dynamique. Le passage en mode Sport+ n’y change d’ailleurs pas grand-chose.

Mercedes Classe E 300 Coupé (2017)
La suppression du pilier central sur la Mercedes Classe E Coupé produit, vitres latérales baissées, un effet saisissant : une longue ellipse vide, bordée de chrome.

Le coupé Classe E ne cherche pas, comme d’autres coupés, à être l’expression la plus sportive d’une berline. Son discours est différent, mais cohérent : confort, luxe et grand format. Il révèle le meilleur de lui au rythme d’une balade à deux, ou sur un long voyage : suspensions moelleuses, silence de cathédrale. En conséquence, le 220 diesel 194 ch lui suffit : 7,4 s de 0 à 100 km/h pour 2 500 € de moins que la version
300 essence. Et pas de malus : 4,2 l aux 100 km/h en cycle normalisé, contre 6,6 l pour la version 300 essence.

Mercedes Classe E 300 Coupé (2017)

Comme toutes les Mercedes de son rang, le coupé Classe E propose
une conduite automatique, dans les embouteillages ou sur autoroute (pack à 2 300 €) : il sait alors tourner, accélérer, freiner et garder seul ses distances, sans intervention du conducteur dont l’unique action consiste à garder une main sur le volant, sinon le système se déconnecte. Une fonction utile en ville. Mais qui requiert, sur autoroute, un temps d’adaptation avant de se sentir en confiance.

 

A bord de la Mercedes Classe E 300 Coupé

Mercedes Classe E 300 Coupé (2017)

Le traitement intérieur de la Classe E Coupé est raffiné : placages en bois, buses d'aération en forme de turbine. Mais l'intégration des deux écrans de 12,3 pouces (pack à 3 150 €) manque d'élégance : une longue dalle digitale sous une casquette droite.

Six buses d’aération en forme de turbine, large console centrale
plaquée de bois qui descend en pente douce, touche rétro avec une délicieuse petite horloge ronde à aiguilles, planche de bord en simili-cuir, soixante-quatre couleurs au choix pour l’éclairage d’ambiance, sièges enveloppants, qualité de finition irréprochable : le coupé Classe E sait accueillir. Il ne tourne pas pour autant le dos à la modernité : instrumentation virtuelle et écran multimédia géant (pack à 3 150 €).
Leur intégration manque d’élégance : deux dalles digitales de 12,3 pouces posées l’une à côté de l’autre sous une casquette à bord droit. Dans le genre, Audi fait mieux.

Mercedes Classe E 300 Coupé (2017)
Seulement deux places au rang arrière de la Mercedes Classe E Coupé. Elles sont confortables, bien dessinées, l'espace ne manque ni pour la tête ni pour les jambes.

Plus longue (+ 13 cm) et haute (+ 3 cm) que sa devancière, dotée d’un empattement supérieur (2,87 m, + 11 cm), la Classe E Coupé offre un bel espace à ses deux passagers arrière, assis dans des sièges bien dessinés. Les grands gabarits éprouvent toutefois un sentiment de confinement : la chute de l’arche de toit masque leur vision latérale. Mais le véritable défaut du coupé Classe E est ailleurs : il faut être jeune et souple pour s’extraire de ses places arrière, posées au bas du sol. A ce niveau de prix, son public appartient majoritairement à la catégorie senior. Pour emmener dîner des amis du même âge, mieux vaut une berline à portes latérales arrière, ou, mieux encore, pour rester dans l’univers des coupés, un SUV coupé à quatre portes.

Mercedes Classe E 300 Coupé (2017)
La nouvelle Mercedes Classe E Coupé offre 425 l de volume de coffre. Son aînée, plus courte, n'en disait pas tant : 400 l. Les dossiers arrière se rabattent à plat, pour permettre le transport d'objets longs.

Le coupé Classe E introduit dans la liste de ses options un dispositif inauguré par la Classe S, au nom un peu pompeux : « Magic Vision Control » (400 €). Le liquide lave-glace n’est plus projeté par des gicleurs posés en bas du pare-brise, mais par des buses disposées le long des balais. L’avantage est double : le liquide reste chaud, et ne masque plus la vue du conducteur avant le passage des essuie-glaces.

 

Concurrence Mercedes Classe E Coupé

Mercedes Classe E 300 Coupé (2017)
Les suspensions de la Mercedes Classe E Coupé effacent pavés et plaques d'égout. Mais son gabarit (4,83 m) ne la prédispose pas à s'aventurer dans les rues étroites.

La BMW Série 4 (4,64 m) procède de la Série 3, l’Audi A5 (4,67 m) de l’A4. Dès lors, le coupé Classe E n’a pas de rival direct. En revanche, la gamme Mercedes est riche en propositions alternatives. Le coupé Classe C, par exemple. Il est plus court (4,69 m), donc moins hospitalier au second rang. Est-ce vraiment important ? Les places arrière sont rarement occupées sur un coupé. Il est surtout moins cher : 51 800 € en C 300 Executive. Et plus vif : 6,0 s de 0 à 100 km/h. La CLS (4,94 m) garde la ligne fluide d’un coupé tout en offrant, avec ses quatre portières, une accessibilité directe au rang arrière. Mais débute très haut, puisqu’elle ignore les quatre-cylindres : 79 500 € en V6 333 ch.

Enfin, il n’est pas interdit de penser que le public du coupé Classe E peut être intéressé par les versions coupé du GLE (4,90 m, 78 850 € en six-cylindres 333 ch 4x4) ou du GLC (4,73 m, 59 000 € en version 300 Executive) : à partir d’un certain âge, il est plus facile de descendre du rang arrière d’un SUV que de s’extraire de sièges posés très bas en passant par la porte avant…

 

Bilan essai Mercedes Classe E 300 Coupé

Mercedes Classe E 300 Coupé (2017)

Un porte-à-faux arrière long ne nuit pas à l'équilibre de son profil. Toit en arche, vitres latérales étroites, absence de pilier central, format long : la Classe E Coupé est peut-être la plus belle des Mercedes.

Le coupé Classe E ne commet aucune faute : ligne majestueuse, confort princier, finition parfaite, moteurs puissants. Mais il correspond peu aux mœurs européennes : ses premiers marchés sont ailleurs, en Asie et aux Etats-Unis. Car malgré sa prestance, il souffre d’une contradiction : à quoi bon offrir de l’espace aux places arrière sur un coupé où, par définition, l’accès au second rang est malaisé ? Le cabriolet Classe E, qui arrivera cet été, garde sa pertinence. Le coupé Classe E, c’est moins certain : le succès des versions coupé quatre portes du GLC et du GLE, ou du BMW X4, dit bien l’attraction qu’exercent désormais ces SUV de genre nouveau sur le public des coupés de grand gabarit.

On aime

  • La ligne, fluide et majestueuse
  • Son espace habitable et son volume de coffre
  • Son confort et son silence de fonctionnement

On regrette

  • Son poids, qui bride ses performances
  • La difficulté à s’extraire du rang arrière
  • L’arche du toit masque la vision latérale au second rang
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Commentaires
Hatinguais

Tout est dit. Pour moi le seul point negatif est le dessin de la planche de bord. (J ai un CLS) Sinon splendide voiture

alainsimon100156

Belle bête ! Il est vrai que les deux dalles juxtaposées ne sont pas dans le ton de la voiture, et nommer "magic vision control " un bête système de buses de lave-glace intégré aux balais comme dans la CACTUS et le payer 400€ c'est exagéré. ..

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