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Essai Mercedes Classe S 400 d (2017) : Elle fait sauter la banque !

La Mercedes Classe S restylée sera disponible en septembre 2017, avec trois nouveaux moteurs : six-cylindres en ligne 3.0 en diesel (286 ch, 340 ch) comme en essence (367 ch), V8 essence 4.0 469 ch.
La Mercedes Classe S restylée sera disponible en septembre 2017, avec trois nouveaux moteurs : six-cylindres en ligne 3.0 en diesel (286 ch, 340 ch) comme en essence (367 ch), V8 essence 4.0 469 ch.

Le restylage de la Mercedes Classe S ? Discret. L'important se passe ailleurs. Trois nouveaux moteurs dont le plus puissant diesel conçu par Mercedes : six cylindres en ligne, 340 ch. Et toujours cette magie : l'équilibre entre luxe et dynamisme. Le règne de la Classe S n'est pas près de s'achever.

Page 1Essai Mercedes Classe S 400 d (2017) : Elle fait sauter la banque ! 

Depuis 1951 et son ancêtre 300 S, la Classe S est le vaisseau-amiral de la flotte Mercedes, son porte-drapeau, le modèle symbole qui exprime toutes les valeurs de la marque à l’Etoile : luxe, espace, confort, puissance. BMW et Audi ont bousculé la Classe C et la Classe E. Pas elle, qui reste, et de loin, la limousine la plus vendue au monde. Sa dernière génération, lancée en 2013, marque une évolution dans la saga : ligne élancée (toit à 1,50 m), flancs sculptés, tempérament plus dynamique. Et une innovation majeure, le « magic body control » : lecture du revêtement par des caméras et réaction la suspension pneumatique par anticipation.

La Mercedes Classe S a adopté lors de son restylage des feux arrière à effet cristal. Un toit posé plutôt bas (1,50 m) pour sa taille (5,13 m en version courte) et des flancs sculptés concourent à son allure dynamique.
La Mercedes Classe S a adopté lors de son restylage des feux arrière à effet cristal. Un toit posé plutôt bas (1,50 m) pour sa taille (5,13 m en version courte) et des flancs sculptés concourent à son allure dynamique.

L’heure venue de son restylage, la Classe S n’a donc pas changé grand-chose sur la forme : calandres à trois lames épaisses au lieu de cinq minces, inversion du losange de la prise d’air du bouclier, feux avant à trois lignes verticales de diodes, feux arrière à effet cristal. Mais elle a enrichi son contenu technologique : un cran plus loin dans la conduite autonome, châssis qui s’incline vers l’intérieur dans les virages, fonction « Energizing » qui adapte divers paramètres de l’atmosphère intérieure selon l’humeur.

Mercedes passe au moteur à six cylindres en ligne avec cette S400 diesel.
Mercedes passe au moteur à six cylindres en ligne avec cette S400 diesel.

La Classe S 2017 a aussi modifié sa gamme de moteurs, avec trois nouveaux blocs : un six-cylindres en ligne 3.0 en diesel (286 ou 340 ch) comme en essence (367 ch), un V8 biturbo essence 4.0 469 ch. En attendant sa version hybride rechargeable, attendue pour décembre avec une autonomie de 50 km en mode 100% électrique. A l’essai, la version 400 d bien sûr : le diesel le plus puissant jamais commercialisé par Mercedes.

 

Prix Mercedes Classe S 400 d

Attachez vos ceintures… La Classe S restylée débute à 91 500 € en 350 d 285 ch BVA9. Demande 94 900 € avec ce même moteur en transmission intégrale. Puis passe à 98 700 € en 400 d 340 ch. Côté essence, c’est pire encore : 102 100 € en S 450 avec son nouveau 6 cylindres de 367 ch, et 124 800 € pour le V8 469 ch de la S 560, uniquement disponible en finition haute Fascination. S’il vous faut davantage d’espace au second rang, voici la version Limousine : quatre places, 5,26 m, empattement rallongé de 13 cm et tarif de 5 000 €.

Si la puissance vous parait courte, voici la Classe S  AMG : 186 000 € en S 63 et V8 612 ch (3,5 s de 0 à 100 km/h), 238 000 € pour le V12 de la S 65 qui envoie 630 ch aux roues arrière (4,3 s). Enfin, si une Classe S vous paraît trop commune, voici la Limousine Maybach : 165 300 € en S 560, 215 200 € en S 650 qui reprend le V12 et la transmission arrière de la S 65 AMG. Mais n’oubliez pas le malus. Modéré au département diesel, il s’envole au rayon essence : 2 610 € pour la S 450, 10 000 € ailleurs.

Bien sûr, la finition Fascination sied comme un gant à la Classe S : conduite autonome, sièges climatisés, toit ouvrant auto-teintant, accès et coffre mains libres, caméras 360° etc… Mais il faut ajouter un billet de 9 000 €. Ce n’est pas fini : même à cette altitude, vision tête haute, cuir Nappa bicolore et tous les dispositifs transformant la cellule arrière en salon/bureau roulant sont encore sur la liste des options. Ou figurent également de délicieuses flûtes à champagne argentées, avec insert dans le vide-poche et support : 3 900 €. Ne rêvez pas, elles sont réservées aux versions Maybach.

 

Au volant de la Mercedes Classe S 400 d

Plus de deux tonnes en mouvement, empattement au-delà des trois mètres : et pourtant, la Mercedes Classe S n'est pas pataude dans les enchaînements de courbe... Elle dispense même un plaisir de conduite qui va au-delà du confort.
Plus de deux tonnes en mouvement, empattement au-delà des trois mètres : et pourtant, la Mercedes Classe S n'est pas pataude dans les enchaînements de courbe... Elle dispense même un plaisir de conduite qui va au-delà du confort.

Normalement, au volant d’une Classe S, il y a un chauffeur. Le propriétaire est assis à l’arrière droit. Ce qui soulève d’ailleurs une question. Aucun modèle ne va si loin dans la conduite autonome. La Classe S ne suit pas simplement le profil de la route, ou cale sa vitesse en fonction des panneaux de limitation. Caméras et GPS savent aussi estimer le profil d’une courbe, analyser la largeur d’un rond-point : elle réduit son allure pour franchir l’obstacle avant de reprendre son rythme de croisière. Mais alors, à quoi bon un chauffeur devenu superflu ? A jouer avec lui à la bataille navale pendant le trajet ? Même pas : il doit quand même garder les mains sur le volant, sinon le système de gestion autonome se déconnecte…

La Classe S s'incline de 2,65° vers l'intérieur du virage pour préserver le confort des passagers...

Bon, en France tout au moins, un chauffeur a droit à des jours de congés. Là, il faut bien conduire. Un tel monument s’aborde avec circonspection. 5,13 m, 2 005 kilos et 3,04 m d’empattement n’annoncent pas des mœurs de ballerine. Mais Mercedes connaît son métier, et la fée électronique a gratifié la Classe S de tous ses bienfaits. La suspension pneumatique ne maintient pas seulement l’assiette dans les courbes : prévenue par les caméras, elle s’adapte aux inégalités de la route qu’elle détecte par anticipation. Le résultat est sidérant. La Classe S semble flotter à 20 cm au-dessus du bitume, mais garde du mordant à l’inscription en courbe : direction ferme et précise, châssis qui ne fléchit.

Elle peut mieux faire encore : un nouvel équipement introduit lors de son restylage l’incline de 2,65° maxi vers l’intérieur du virage afin de contrecarrer les forces transversales s’exerçant sur ses occupants. Mais cette fonction, réservée pour l’heure aux versions propulsion, n’est pas disponible en France. Mode Sport enclenché, nul besoin de recourir aux palettes de commande manuelle : la BVA9 choisit avec vivacité et entrain le rapport adéquat. Le nouveau six-cylindres 400 d ajoute la note finale : 350 ch, 700 Nm de couple, 5,4 s de 0 à 100 km/h. Marier fort tonnage, confort de palais et comportement dynamique, tel est le miracle réalisé par la Classe S.

 

Dans l’habitacle de la Classe S restylée

La Mercedes Classe S reste fidèle à ses deux écrans géants 12,4'', placés côte à côte sous casquette et vitre communes : l'un pour l'instrumentation numérique, l'autre pour le GPS et les fonctions multimedia.

La Mercedes Classe S reste fidèle à ses deux écrans géants 12,4'', placés côte à côte sous casquette et vitre communes : l'un pour l'instrumentation numérique, l'autre pour le GPS et les fonctions multimedia.

Le rang arrière de la Mercedes Classe S est largement aménageable : deux sièges individuels séparés par une console (limousine, 1 400 €), écrans multimedia (4 000 €), sièges latéraux massants (2 000 €) ou climatisés (1 400 €), siège arrière droit inclinable jusqu'à 44° (1 200 €), tablettes cuir extr

Le rang arrière de la Mercedes Classe S est largement aménageable : deux sièges individuels séparés par une console (limousine, 1 400 €), écrans multimedia (4 000 €), sièges latéraux massants (2 000 €) ou climatisés (1 400 €), siège arrière droit inclinable jusqu'à 44° (1 200 €).

 

L'option Energizing (300 €, disponible en décembre) adapte l'habitacle de la Mercedes Classe S selon humeur avec six atmosphères...
L'option Energizing (300 €, disponible en décembre) adapte l'habitacle de la Mercedes Classe S selon humeur avec six atmosphères...
Fraîcheur, Joie, Chaleur, Vitalité, Bien-être, Remise en forme. Avec musique, climatisation et éclairage d'ambiance différents, voire massage !

 

 

Concurrence Mercedes Classe S 400 d

Une Classe S ne connait que deux rivales : Audi A8 et BMW Série 7. Mais auprès de la population qu’elle vise, son crédit et sa renommée restent bien supérieurs : 701 Classe S vendues en France en 2016, contre 638 Série 7 et 223 A8.

Lancée en 2009, l’actuelle A8 (5,14 m, à partir de 89 760 € en V6 3.0 TDI 262 ch quattro) sera remplacée à l’automne. L’A8 génération IV mesurera 5,17 m, offrira quatre roues directrices, et un système de conduite entièrement autonome lorsque la circulation est ralentie sur autoroute ou voies rapides séparées par un terre-plein. Enclenchable en appuyant sur un bouton, il laissera au conducteur le loisir de retirer les mains du volant. Elle débutera aux alentours de 90 600 € en version V6 3.0 TDI 286 ch.

Dernière née, en 2015, la Série 7 (5,10 m) se distingue par un poids plus bas que ses rivales. Elle vient d’enrichir sa gamme d’une version 2.5d quatre cylindres 2.0 231 ch deux roues motrices qui abaisse son premier prix à 84 800 €, et évite le malus.

 

Bilan essai Mercedes Classe S 400 d

C’est devenu un jeu entre journalistes : attendre, lors de la présentation d’une Mercedes, que l’homme au micro la désigne « nouvelle référence mondiale ». D’habitude, l’attente n’est jamais longue, la modestie n’étant pas le point fort de la maison. Mais avec la Classe S, on ne joue plus : elle est effectivement la référence mondiale de sa catégorie, le summum de ce qu’une berline peut offrir en luxe, beauté, efficacité, et haute technologie. En ce dernier domaine, la Classe S a repoussé encore lors de son restylage les limites de la connaissance automobile.

Telle est aussi sa mission : défricher, notamment en matière de conduite autonome, des territoires qui demain seront visités par l’ensemble de la production. Le progrès vient par elle, et descend ensuite en gamme. Mais il y a mieux encore : son nouveau six-cylindres en ligne diesel, époustouflant par sa vigueur (340 ch et 700 Nm de couple en 400 d), sa sobriété (147 g de CO2/km pour un véhicule de plus de deux tonnes), son silence de fonctionnement.  Certes, il y a aussi son prix. Il peut sembler indécent. En vérité, il est accessoire, puisque la Mercedes Classe S n’est pas conçue, ou si peu, pour le marché français. L’important est ailleurs : tant que la Classe S existera, tant qu’un modèle montera si haut, dans tous les registres, l’automobile sera encore un bonheur.

 

On aime

• Luxe, puissance et volupté
• Son silence de cathédrale
• Le summum de la technologie embarquée

 

On regrette

• Le prix, stratosphérique après détour par la liste des options
• Son goût pour la décoration intérieure tapageuse
• Sa contradiction : voiture de chauffeur à conduite autonome
 

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