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Essai Toyota Yaris GRMN (2018) : notre avis sur la GTI japonaise

Toyota Yaris GRMN travellin avant gauche
La nouvelle Yaris GRMN est produite en France, à l'usine Toyota de Valenciennes, à raison de sept unités par jour depuis novembre 2017.

Elle n'a pas de batterie sous le plancher mais se comporte comme une vraie pile électrique : à l'opposé de l'indolente Yaris hybride, la nouvelle Yaris GRMN compte devenir le cauchemar des Peugeot 208 GTi et Renault Clio RS. Crédible ?

Voiture à l'essai : Toyota Yaris GRMN

À partir de
30 700 €
6 300 € de malus

Page 1Essai Toyota Yaris GRMN (2018) : notre avis sur la GTI japonaise 

Quand il fallu enfanter une version routière de la monstrueuse Yaris WRC, Toyota s’est confronté à un sérieux casse-tête. Sous la main ? Une sage Yaris de série, née en 2011 sans la moindre ambition de devenir un jour une terreur du bitume. L’objectif : l’élever au niveau de la crème des GTI, qu’elles se nomment Clio RS Trophy, 208 GTi by Peugeot Sport, ou Ford Fiesta ST.

Toyota Yaris GRMN statique arrière avec Yaris WRC
A gauche, la Yaris WRC de 380 ch, engagée en Championnat du monde des rallyes depuis 2017. A droite, sa version routière, la Yaris GRMN de 212 ch !

 

Yaris GRMN, le casse-tête japonais

C’est en Europe, sous la responsabilité d’une micro-équipe (lire notre première prise en main Yaris GRMN), que le projet Yaris GRMN s’est concrétisé. Privée du temps -et du budget- nécessaires pour jouir d’un moteur ou d’une transmission inédite, la Yaris GRMN est née d’un sacré melting-pot technique : un 1.8 maison coiffé d’un compresseur officiant chez Lotus, une boîte six chipée dans la gamme japonaise de berlines Toyota, quatre amortisseurs Sachs aux ressorts raccourcis de 30 mm, et quatre jantes en alu forgé abritant des étriers avant fixes à quatre pistons.

Toyota Yaris GRMN moteur
Toyota Yaris GRMN jante

A l’arrivée : une Yaris de 212 ch pour 1 135 kg, filant à 230 km/h et parcourant le 0 à 100 km/h en 6,4 s, soit la meilleure accélération du segment des citadines sportives ! Une première bonne surprise pour ce « puzzle » automobile, juste altérée par les réserves liées à sa production… et à son tarif.

 

Prix et malus Toyota Yaris GRMN

Inutile de courir en concessions Toyota pour commander sa Yaris GRMN : les 400 exemplaires prévus pour l’Europe sont partis en 72H après l’ouverture des réservations sur le site web dédié. Seuls les « GTIstes » les plus rapides… du clavier se targueront donc de posséder la Yaris la plus rare de tous les temps, mais aussi la plus chère compte tenu du prix réclamé et du malus, délirant.

Toyota Yaris GRMN profil droit
400 exemplaires pour l'Europe (dont 19 pour la France...), 200 pour le Japon, et un seul coloris disponible : carrosserie blanche, toit noir, stickers noirs et rouges !

Aux 30 700 € du prix de base, il faut ainsi ajouter 6 300 € d’écotaxe qui représente plus de 20 % du prix d’achat ! Cher payé pour une citadine (les 208 GTi pointe à 113 € de malus et la Clio RS, à 613 €…), handicapée par son moteur plus tout jeune et doté d’un original compresseur volumétrique. Reste à savoir s’il tient ses promesses en matière de dynamisme.

 

Au volant de la Yaris GRMN

A l’exception de leur sonorité, les 1.6 turbocompressés des rivales précitées partagent globalement le même caractère : un joli pic de couple dès 2 000 tr/min, des montées en régime linéaires, puis une hargne qui s’émousse au-delà de 6 000 tr/min. Pas la Yaris GRMN.

Timide à 2 000 tr/min, honnête à 3 000 tr/min, sûr de lui à 4 000 tr/min, l’atypique 1.8 compressé dévoile son entier caractère à partir de 5 000 tr/min. Là, jusqu’à 6 800 tr/min et la sentence de l’attachant limiteur de régime (ta-ta-ta !), la petite puce semble aspirée vers l’avant dans une sonorité de moteur turbo en échappement libre. Grisant !

Toyota Yaris GRMN vue embarquée
Toyota Yaris GRMN vue arrière

La boîte « six » bien étagée laisse évoluer le 1.8 dans cette plage de régime alors que le freinage, aussi puissant qu’endurant, devient le précieux compagnon d’une Yaris rapidement coupable d’excès de vitesses sur les lignes droites. Seule solution : les entrecouper de virages…

En abordant la première épingle, on craint d’abord être arrivé trop vite. La direction peu directe et la suspension avant un « poil » souple participent à cette légère sensation d’inertie au placement, vite dissipée par l’efficacité de la Yaris GRMN : réactif aux transferts de masse, le train arrière facilite l’inscription, puis le train avant rejoint finalement la corde, attiré vers l’intérieur grâce à l’action de l’autobloquant mécanique à la ré-accélération.


Un comportement ludique qui n’est pas sans rappeler celui d’une 208 GTi by Peugeot Sport, laquelle prend moins de roulis mais n’absorbe pas aussi bien les bosses en appui. Rappelons que la Yaris GRMN a été développée en partie sur la boucle nord du Nürburgring (et les routes alentours, tout aussi accidentées…), expliquant cette orientation autant routière que pistarde.

Toyota Yaris GRMN actionb avant droite en glisse

Ainsi cravachée, la Yaris GRMN finit juste par présenter quelques défauts inhérents à sa conception accélérée : la position de conduite reste trop haut perchée (mais implanter les baquets plus bas exigeait de nouveaux chocs latéraux), le levier de vitesse apparaît trop long (mais un modèle raccourci aurait frotté sur le bord des sièges !), alors que la pédale d’accélérateur empêche toute tentative de talon-pointe (mais une nouvelle pièce impliquait une longue ré-homologation…).

Toyota Yaris GRMN siège avant

Rien de rédhibitoire au quotidien où, à l’exception d’un accès peu aisé à la banquette et d’un diamètre de braquage digne d’un gros SUV, la petite Yaris GRMN s’est révélée moins fatigante que prévu.

Le bruit rauque du 1.8 en charge s’atténue à vitesse stabilisée, alors que la suspension ne génère jamais les « coups de raquettes » parfois ressenties dans les Clio et 208 de pointe... Une attachante puce !

 

A bord de la Yaris GRMN

Toyota Yaris GRMN planche de bord
Un prix unique de 30 700 € et aucune option pour la Yaris GRMN : navigation GPS à écran tactile, caméra de recul, clef mains-libres et sièges baquets en suédine viennent de série. Le volant est emprunté au coupé GT 86.
Toyota Yaris GRMN logo GR sur le volant
Les logos GR (pour Gazoo Racing) fleurissent un peu partout...
Toyota Yaris GRMN bouton Start
...en bas du volant ou sur ce bouton de démarrage
Toyota Yaris GRMN pédalier
Pédales en alu... sauf pour l'accélérateur, trop décalé à droite pour permettre le "talon-pointe"
Toyota Yaris GRMN levier de vitesses
La commande de boîte est un peu haute et accrocheuse, mais plutôt rapide

 

Concurrence Toyota Yaris GRMN

En attendant la future Ford Fiesta ST (annoncée mi-2018 avec un trois cylindres de 215 ch) et en excluant la nouvelle Volkswagen Polo GTI, bien moins radicale (200 ch et 28 920 €), la turbulente Yaris GRMN devra affronter une concurrence 100 % française.

Comme la Polo, la Renault Clio RS impose la carrosserie à cinq portes et la boîte robotisée à double embrayage. Mais elle dispose d’une version de pointe Trophy, à la puissance accrue et la suspension affermie : 220 ch, 1 204 kg, 0 à 100 km/h en 6,6 s, 235 km/en vitesse de pointe et 29 900 € (+ 613 € de malus).

VW Polo GTI en virage
VW Polo GTI
Clio R.S. Trophy sur circuit
Clio R.S. Trophy
208 GTi by Peugeot Sport coupe franche
208 GTi by Peugeot Sport
DS3 Performance sur circuit
DS3 Performance

Même radicalité pour la 208 GTi quand elle revêt sa déclinaison by Peugeot Sport qui dynamise son châssis et reçoit un différentiel autobloquant mécanique : 208 ch, 1 160 kg, 0 à 100 km/h en 6,5 s, 230 km/h en vitesse maxi et 29 900 € (+ 113 € de malus).

Un rien plus confortable, la cousine DS3 Performance adopte le même contenu technique et annonce les mêmes performances pour un prix moindre en finition de base : 27 950 € (+ 113 € de malus). 

 

Bilan de l’essai Toyota Yaris GRMN

D’accord : la position de conduite est perfectible, le malus décourageant, la suspension avant un poil souple en usage extrême. Mais la Yaris GRMN fait partie de ces modèles devenus rares, dont les petits défauts s’évaporent sous l’effet du plaisir ressenti au volant. Par la hargne communicative de son moteur, par son comportement joueur et efficace, et par les anecdotes croustillantes de sa conception quasi-miraculeuse, la Yaris GRMN demeure une désirable bombinette qui ne présente finalement qu’un seul et véritable défaut : celui de ne plus pouvoir se l’offrir, faute d’un quota de production suffisant. Plus qu’à scruter les p’tites annonces !

Toyota Yaris GRMN action avant gauche

 

On aime

  • Le moteur rageur à haut régime
  • La sonorité sympathique et sans artifice
  • Le châssis joueur et le freinage efficace

On regrette

  • La position de conduite et les commandes, perfectibles
  • Le malus écologique assassin, à ce niveau de prix
  • La production déjà vendue à 100 %
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