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Essai virtuel : j'ai piloté l'Alpine A450 LMP2 au Nürburgring !

Joueur installé dans un simulateur de pilotage Ellip6
Siège baquet, harnais, volant, pédalier, et trois écrans pour se sentir en immersion à bord d'une auto de course. L'ensemble bouge au gré des freinages, accélérations et appuis... Sensations garanties !

Depuis 2010, les simulateurs de pilotage dynamiques Ellip6 fleurissent dans les salles de jeux... et les écuries de course. Simple jeu vidéo ou véritable outil pour pilotes professionnels ? Pour le savoir, nous avons essayé un simulateur en présence de l'équipe de course Alpine-Signatech.



En sortant du simulateur de pilotage Ellip6, je transpire. Pour de vrai. La partie n’a pourtant duré que 10 min, ne demande pas d’efforts physiques particuliers. Mais la concentration fut à son comble pour maîtriser les 550 ch de l’Alpine A450b, au milieu d’une horde de confrères surmotivés. Nous n’avons beau piloter que virtuellement, l’esprit de compétition revient, intact, dès que les feux rouges s’éteignent…

Centre Ellip6 de Pierrelatte avec une Ford Mustang au premier plan
Les centres Ellip6 ouvrent en France et à l'étranger. Celui de Pierrelatte fut le premier.
Joueur installé dans un simulateur de pilotage Ellip6 vue du dessus
Dans la salle de jeu, la lumière est tamisée pour se sentir en immersion.

Bienvenue chez Ellip6, le centre de simulateurs de pilotage à Pierrelatte (26). Dans la salle de jeu du rez-de-chaussée, douze machines en réseau, plongées dans la pénombre, attendent d’accueillir les apprentis-pilotes. La différence, par rapport à sa console de jeu à domicile, c’est que ces machines sont montées sur vérins : sur 60 cm maximum, ces derniers font bouger la cabine entière au gré des accélérations, freinage, appuis... et crashs, parfois. Pour le pilote, l’immersion est totale.


Plus qu’un jeu vidéo

Installé dans son baquet, le joueur règle sa position de conduite avant d’enfiler les harnais, pour rester plaqué au siège. Reste à sélectionner sa discipline et sa voiture préférée, en fonction des goûts : Formule 1, proto d’endurance, voiture de rallye. Pour ce test grandeur nature, nous essaierons l’Alpine A450b qui coure en championnat d’endurance WEC. Et pour cause : toute l’équipe Signatech-Alpine est là, pour nous aider à progresser… et prouver que le simulateur Ellip6 demeure bien plus qu’un simple jeu d’arcade.

Nelson Panciatici et Paul-Loup Chatin, deux des trois pilotes officiels de l'Alpine-Signatech A450b.
Nelson Panciatici et Paul-Loup Chatin, deux des trois pilotes officiels de l'Alpine-Signatech A450.
Paul-Loup nous offre une démonstration sur un modèle reseré aux pilotes (voir vidéo ci-dessous)
Paul-Loup offre une démonstration sur un modèle reservé aux pilotes (voir vidéo plus bas)

« Vu le nombre limité d’essais, le simulateur nous aide grandement entre les courses » explique Paul-Loup Chatin, un des trois pilotes officiels de l’Alpine A450 en championnat du monde d’endurance. « Avant chaque manche, nous passons chacun une journée entière sur le simulateur pour nous préparer ». Au-delà de la mémorisation du circuit, le simulateur (dont un exemplaire est installé à demeure chez Signatech à Bourges) sert aussi à balayer quelques réglages (rapports de boîte, appui aérodynamique), ou simuler la consommation. Un outil de mise au point inattendu.


Un programme bonifié par des pilotes

C’est la volonté du fondateur, Pierre Tantot, qui a lancé ce projet de zéro voilà cinq ans : « Pour affiner la mise au point des simulateurs, nous nous appuyons des pilotes professionnels. C’est le seul moyen d’obtenir un retour fiable et de faire progresser nos machines ». Plusieurs se sont d’ailleurs offerts leur propre simulateur, pour s’entraîner chez eux : Yvan Muller, Sébastien Loeb.

Ce dernier vient même d’en commander pour son écurie (Sébastien Loeb Racing). L'exemplaire est en cours de mise au point pour adapter les volants, pédaliers et réactions des vraies voitures de l’équipe. Le budget à l’achat peut alors grimper à 100 000 € pour ces modèles « sur-mesure », au lieu de 65 000 € pour un modèle standard.

Pierre Tantot, créateur des simulateurs Ellip6
Pierre Tantot, ingénieur et fondateur d'Ellip6
Ses produits évoluent en permanence
Les produits évoluent en permanence

Dans l’atelier, les projets fourmillent. Ici, un modèle biplace, adapté aux équipages de rallye souhaitant s’entrainer à la prise de notes. Là, un châssis de moto, pour les fans du pilotage sur deux roues. Pierre Tantot, qui propose aussi un simulateur d’hélicoptère, ne manque pas d’idée pour développer son business. Depuis 2010, il est devenu le sponsor de moult pilotes…
 

A bord de l’Alpine A450b virtuelle

Retour dans la course, où je commence à m’habituer à l’Alpine. Si le graphisme n’offre pas le rendu des jeux vidéo récents, l’essentiel est bien là : sur le Nürburgring (tracé F1) sélectionné aujourd’hui, il ne manque pas une bosse, pas un raccord de goudron, pas une subtilité de trajectoire. L’Alpine reste assez facile à prendre en main, mais l’absence d’aide à la conduite (antipatinage, ABS) impose un pilotage attentionné.

Trop de gaz en sortie d’épingle ? Tête à queue. Un freinage trop appuyé sur une bosse ? Blocage de roues. Dans les virages lents, il faut soigner sa vitesse d’entrée pour ne pas tirer tout droit. Dans les « vites », l’appui aérodynamique plaque davantage la voiture au sol et la chicane rapide passe presque à fond, avec les secousses que cela implique dans les reins en appui. Sympa ! Là encore, Richard Tantot précise que tout est simulable : usure des pneus, crevaison, pluie... Bluffant.
 

A partir de 10 €

Seuls petits regrets ? Dans la direction, les retours de force manquent… de force, comme la consistance de la pédale de frein. Deux points tout à fait ajustables, et d’ailleurs ajustés pour les écuries professionnelles. La priorité est ici donnée à la facilité de prise en main, une qualité bienvenue dans ce peloton de 12 apprentis-pilotes «enragés».

Aujourd’hui d’ailleurs, mieux valait que tout ne soit pas réaliste, à commencer par les dégâts. S’ils n’avaient pas été désactivés, notre course se serait sûrement arrêtée dès le premier virage… L’avantage de la simulation, parmi d’autres : une session démarre dès 10 €.

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