Il y a de nombreuses années, un moteur à essence de 1 600 cm3 était de règle sur la plupart des routières de grande diffusion. En imposant de nouvelles normes sous les capots, de grandes révolutions techniques ont mis fin à ce règne. Aujourd'hui, la cylindrée de référence gravite autour de 1 800 cm3.
En conséquence, cette nouvelle Nissan Primera 1.8 vient se frotter au bataillon musclé des voitures de fond et de croisière. Peu de marques négligent ce créneau, où figurent des célébrités comme l'Alfa Romeo 156, l'Audi A4, la Ford Mondeo, l'Opel Vectra, la Toyota Avensis et d'autres encore... Avec un bel ensemble, les couleurs françaises sont défendues par la Citroën Xantia, la Peugeot 406 et la Renault Laguna, désormais cousine industrielle de la Primera. La concurrence est sans pitié et les ventes se jouent sur le capital d'agrément, l'habitabilité, la consommation et, parallèlement, sur la vitalité des pistons.
Sur certains points, presque toutes les belligérantes se sont accordées au même diapason. C'est le cas notamment de l'équipement, qui propose de manière presque unanime l'ABS, les airbags frontaux et latéraux, les verrouillages et alarmes associées, l'air conditionné et la radio.
Il convient donc de départager les candidates sur des volumes ou sur des détails. La guerre de l'agrément va jusqu'aux rangements dont le nombre, les formes et les dimensions finissent par être importants. En l'occurrence, la Primera pourrait mieux faire, la tablette sous le volant n'étant pas d'une grande utilité, et les portes arrière étant privées de bacs.
L'habitabilité traduit également l'hospitalité d'un véhicule. A cet égard, la Primera se tient sagement dans la moyenne. Les passagers arrière placeront sans doute un peu mieux leurs genoux, les coudes conserveront cependant une liberté de mouvement comparable à celle de l'ancien modèle. Mais les proportions de la carrosserie témoignent d'un certain souci du bagage embarqué. La générosité du coffre peut visiblement s'acquitter des devoirs familiaux du modèle.
Enfin, lorsque les catalogues parlent de sécurité, l'heure n'est plus aux enfantillages. Freinage et comportement représentent les qualités physiques d'une berline de confiance. L'exceptionnelle puissance des freins de la Primera, la nature perfectionniste d'un système composé d'un ABS, d'un amplificateur et d'un régulateur électronique, prouvent encore une fois que Nissan est intransigeant sur cette question.
En comparaison, les vertus du châssis sont fatalement moins nettes, surtout lorsqu'on flirte un peu trop avec les limites d'adhérence. Une vitesse excessive en virage peut conduire à des déhanchements assez brutaux. Les éléments actifs de la suspension sont en fait conçus pour des moyennes ordinaires qui s'accordent avec le confort sans exiger un pilotage talentueux.
D'ailleurs, faute d'ardeur sous le pied, le conducteur tiendra instinctivement son compteur en respect. Gratifié en théorie d'un régime de couple maximal intéressant (2 800 tr/min.), le 1.8 16V montre en pratique quelques hésitations à monter rapidement en régime, la longueur de la transmission ayant comme souvent des prétentions économiques.
Dans ces conditions, le levier de vitesses constitue le meilleur moyen d'entretenir le rythme et de maintenir le dialogue avec la mécanique. On l'aurait souhaité lui aussi plus précis et plus franc, les Japonais ayant généralement d'excellentes références en la matière. Mais il est vrai que la Primera est aujourd'hui beaucoup plus européenne qu'asiatique.






















































