L'automobiliste français aime jouer avec son levier de vitesse. La boîte automatique, en dépit de gros progrès, n'arrive pas à percer. Et pourtant, les constructeurs ne ménagent pas leurs efforts pour la rendre plus attrayante. Car c'est par elle que passeront les futures réductions de consommation. Naguère synonyme de gourmandise, elle permettra demain, avec l'apport de l'électronique, de sélectionner le rapport de boîte idéal, et donc de réduire la consommation.
PSA intègre aujourd'hui une fonction supplémentaire à sa boîte Auto-active : le contrôle des rapports au moyen du levier de vitesse. Cette boîte, que PSA appelle boîte Auto-active à commande séquentielle, trouve sa première application sur les deux monospaces du groupe, Citroën Evasion et Peugeot 806, qui reçoivent au passage un nouveau moteur à essence de 2 litres (lire encadré). La différence entre la boîte de vitesses automatique « classique » de l'Evasion et la nouvelle est infime. En plus des quatre positions habituelles (P = Parking, R = Recul, N = Neutre et D = Drive), on trouve une sélection nouvelle, « M », pour le mode manuel. Une fois descendu sur ce mode, le levier de vitesse peut être poussé vers l'avant pour monter les rapports, ou tiré vers l'arrière pour les descendre.
En mode automatique, le conducteur retrouve l'agrément de la boîte Auto-active apparue sur la Xantia. Une de ses caractéristiques est d'adapter son comportement à celui de l'automobiliste. Après quelques minutes de conduite douce, pédales d'accélérateur ou de frein enfoncées doucement, la boîte adopte le mode de passage « éco », qui privilégie une faible consommation. Sur route de montagne, ou en présence d'un conducteur à la conduite plus vive, l'électronique choisit le mode « sport » ou « médium », et laisse le moteur monter plus haut en régime avant de passer le rapport supérieur. Une « intelligence » qui améliore grandement le confort de conduite.
En mode séquentiel, le rapport engagé est affiché au tableau de bord. Par une simple pression sur le levier vers l'avant ou vers l'arrière, la boîte change instantanément de rapport. Le principe est simple. Quelques secondes suffisent pour se familiariser avec le maniement du petit levier. Cette nouvelle fonction sera particulièrement appréciable sur des parcours sinueux où la boîte automatique n'arrive pas toujours à suivre le rythme imposé par une succession rapide de virages.
On appréciera la fonction de descente automatique en première lorsque la voiture est arrêtée. Même si le conducteur arrive en quatrième et s'arrête à un feu, la boîte se charge de repasser en première. De même, dès que le régime moteur dépasse la limite de la zone rouge, la boîte passe d'autorité le régime supérieur.
Seuls quelques détails viennent contrarier un bilan plutôt positif : passé les premières minutes de conduite en mode séquentiel, le conducteur aura vite fait de se prendre au jeu, et de regretter que la boîte ne dispose que de quatre rapports. La quatrième, notamment, se révèle particulièrement longue, et elle aurait supporté une démultiplication supplémentaire.
Autre critique, le prix. Il en coûtera en effet 7 500 F de plus que la version à boîte mécanique à cinq rapports pour disposer de cette nouvelle transmission. Un ticket d'entrée un peu élevé pour une technique qui, il est vrai, donne à l'Evasion deux visages : celui d'un grand monospace à boîte automatique pour la famille, et celui d'un véhicule presque joueur et sportif en mode séquentiel. L'Evasion conserve, par ailleurs, toutes ses qualités routières - qui demeurent parmi les meilleures des grands monospaces disponibles sur le marché - et, hélas, sa ligne un peu trop banale.














