Lorsque Peugeot annonce une production de 3 600 moteurs HDi par jour et lorsque les statistiques de vente font état de 57 % d'immatriculations de 406 en diesel, on comprend mieux la volonté du constructeur français de maintenir ses positions : l'enjeu est énorme. Introduire le moteur HDi de 136 ch de la 607 sous le capot de la 406 est une belle manière de renforcer sa prédominance.
Opel est un autre généraliste de poids qui a, lui aussi, son mot à dire dans la course aux Diesel puissants. Mais cette logique commerciale, qui s'adresse de préférence à des modèles comme l'Astra et la Vectra, a mis quelque temps à parvenir à maturité. Le cheval de bataille de la marque était jusqu'à présent un moteur de 82 ch dont les caractéristiques étaient un peu à la traîne. Le constructeur allemand s'est donc, tout récemment, décidé à réagir en lançant sur le marché des mécaniques plus étoffées.
D'une part, le DTi 16V de 2 l et 100 ch devient la motorisation de base de la Vectra. Il se propose de faire concurrence aux HDi de 90 ch et de 110 ch du groupe PSA. Au-delà, le nouveau DTi 16V de 2,2 l développe 125 ch pour mieux faire contrepoids aux prétentions des autres diesels rapides qui fleurissent aussi bien chez Peugeot que chez VW, BMW, Alfa, Fiat ou Lancia. Cette mécanique est, effectivement, en mesure de rivaliser avec la poigne d'une 406 HDi de 136 ch. Les prix proposés par Opel conduisent par ailleurs à ne pas sous-estimer la compétitivité d'un tel adversaire.
Mécanique
Deux écoles techniques s'affrontent ici. Si le common rail Peugeot a fait ses preuves sur le terrain, la solution de l'injection directe complétée par un turbocompresseur à géométrie variable fait également la démonstration de son efficacité sur la Vectra. L'Opel s'incline sans doute au chapitre de la consommation, mais ses prestations sont parfaitement dignes d'intérêt. Au volant, les impressions sont comparables et, malgré les différences théoriques qui opposent les deux engins, l'agrément de conduite apparaît comme l'argument capital de ce comparatif. Dans les deux cas, il convient de saluer la valeur du couple. Les 317 Nm de la 406 sont à proprement parler spectaculaires. La voiture réagit avec une étonnante souplesse sur la presque totalité de sa plage d'exploitation en dépit d'une très légère paresse à bas régime (entre 1 000 et 1 500 tr/min) qui dépend essentiellement de la longueur des rapports de boîte. L'usage de la cinquième reste très aléatoire en dessous de 60 km/h. Mais le choix d'une telle configuration évite une conduite urbaine trop brutale.
La souplesse d'utilisation de la Vectra mérite également un coup de chapeau. La docilité de la voiture à faible vitesse est remarquable, le moteur étant disponible à moins de 1 500 tr/min.
Châssis
Lorsque des automobiles revendiquent de hautes performances, les qualités dynamiques des châssis, des freins et de la direction doivent pouvoir suivre. En annonçant des vitesses maximales supérieures à 200 km/h, on se doute que ni Opel ni Peugeot n'ont négligé les impératifs de sécurité. Dans les deux cas, le système de freinage semble en mesure de supporter un rythme de conduite parfois inavouable.
A cet égard, Peugeot a donné à la 406 HDi de 136 ch toutes les capacités de séduire les conducteurs passionnés. Hormis une commande de boîte occasionnellement rétive, la berline française donne le sentiment de dominer tous les itinéraires, de se complaire dans les grandes courbes, de négocier les virages serrés sans s'écarter de la corde, et de rester rivée sur son cap à 130 km/h et plus.
De toute évidence, le train avant de la Vectra ne possède pas la rigueur de celui de la 406, principalement en raison de phénomènes de délestage à pleine accélération. Les liaisons au sol retrouvent cependant la stabilité à vitesse de croisière, secondées par la progressivité de la mécanique.
Cela étant, la Vectra s'accommode mieux d'une conduite plus coulée. Ses suspensions sont plus inégales, les impressions de confort et de comportement sont quelquefois un peu flottantes. Plus sec, l'amortissement de la Peugeot ST Pack Sport est certainement le meilleur allié de son maintien sur le bitume. Toutefois, cette particularité n'altère en rien son confort sur de longues distances.
Vie à bord
La Vectra 2.2 TDi et la 406 2.2 HDi font jeu égal en ce qui concerne la qualité de vie à bord. Il règne dans ces deux autos une atmosphère faite de sérieux, de silence et de sécurité.
Bien dessinée, la planche de bord de la Peugeot est stricte. Plus banale, celle de la Vectra est un peu austère. Mais on appréciera, dans un cas comme dans l'autre, le soin apporté à la fabrication. Cela nous confirme d'ailleurs que les constructeurs des deux modèles ne sont pas des fantaisistes, et qu'ils n'accordent pas toutes les priorités aux seules apparences. L'insonorisation, par exemple, a été manifestement au centre de leurs préoccupations, les ronrons de la mécanique et les bruits parasites étant particulièrement bien filtrés au ralenti comme à grande vitesse. Il est inutile de s'égosiller pour tenir une conversation en roulant, caractéristique fort reposante lorsqu'on couvre plusieurs centaines de kilomètres en une journée.
Disponible uniquement en carrosserie à quatre portes, la Peugeot l'emporte en habitabilité et en autonomie. Un réservoir de 70 litres, comme celui de la 406, devrait être une référence pour toutes les routières familiales. Plus étroite, la Vectra prend néanmoins sa revanche grâce au volume utile du coffre à bagages, la version à quatre portes étant du reste plus avantageuse que la version à cinq portes proposée conjointement au catalogue. Elle gagne également un petit point de rattrapage dans le domaine de la visibilité. Handicapée par la hauteur de sa malle arrière, la 406 exige quelques efforts dans les manoeuvres de stationnement.
Equipement
Le moteur 2.2 HDi de Peugeot ne s'adresse qu'aux versions SV et ST Pack Sport de haut de gamme dont les aménagements ne respirent pas la pauvreté. Tous les équipements de confort et de sécurité affichent naturellement complet, mais le seuil de prix des modèles concernés se situe toutefois à plus de 165 000 F.
Peugeot suggère à ses clients soit le tempérament grand tourisme d'une ST Pack Sport montée sur des jantes de 16 pouces, soit l'ambiance plus douillette d'une 406 SV fournie avec des sièges électriques, un chargeur de CD, du velours, des motifs en bois et avec des possibilités d'options supplémentaires, pour 7 500 F de plus.
La gamme Vectra 2.2 DTi, qui comporte trois versions, Elegance, Sport et Executive, est à la fois plus riche et plus abordable. Un niveau d'équipement standard déjà très étoffé souligne son intérêt, et il fait sérieusement concurrence à Peugeot. Le système de navigation qui figure parmi les options de l'Opel Vectra est au même tarif que celui de la 406 Peugeot (7 500 F chez les deux constructeurs).
Bilan
Les deux véhicules devraient indiscutablement répondre aux attentes des gros consommateurs de kilomètres. Les nouveaux moteurs Diesel ont une polyvalence idéale pour toutes les formes d'utilisation.
Opel et Peugeot entraîneront certainement d'autres constructeurs dans leur sillage, hormis les quelques marques qui ont déjà pris les devants. La 406 a un petit parfum élitiste, et la Vectra se flatte d'une serviabilité familiale qu'elle ne fait pas payer trop cher. On peut les considérer toutes deux comme de bons crus de l'année 2000.





















































































