- Fiat :
Moteur 1.4 16v de 95 ch (6 CV)
Prix : 15 100 ¤ (emotion) - Ford :
Moteur 1.6 16v de 100 ch (6 CV)
Prix : 16 250 ¤ (plus)
Après avoir conquis les grands voyageurs, puis les amateurs de véhicules compacts, la mode des monospaces descend en ville. Dans le sillage de l'Opel Meriva, et avant le « minispace » Renault dérivé de la future Clio, Fiat livre son interprétation de la citadine du XXIe siècle avec l'Idea. Cette italienne haute du chapeau se taille une silhouette de monospace et une position de conduite légèrement surélevée. Conçue à partir de la plate-forme technique de la Punto, elle présente un gabarit ramassé (3,93 m) et un style combinant le meilleur (partie avant) et le moins bon (partie arrière).
Proposer un véhicule plus habitable à partir d'une base existante, c'est aussi l'exercice auquel s'est livré Ford avec la Fusion (base de Fiesta). Ici, point de référence au monde des monospaces. Longue de 4,02 m, la Fusion est plutôt un break surélevé aux allures de petite baroudeuse.
Dans les deux cas, la ville est leur terrain de prédilection, et leur position de conduite, légèrement en hauteur, favorise une meilleure appréhension de l'environnement. Mais, comme il faut aussi prendre la route, ces deux modèles sont dotés de leur motorisation à essence les plus puissantes.
MECANIQUE. Le bloc Fire 1.4 à seize soupapes de l'Idea affiche une puissance de 95 ch, une « cavalerie » qui semble honnête pour un véhicule si compact. En ville, tout se passe bien : les relances permettent de s'insérer dans le trafic avec aisance, et les routes périphériques sont avalées avec bonhomie. En revanche, au moment d'emprunter les grands axes, l'italienne se montre moins dégourdie. A cause de rapports de boîte un peu longs en quatrième et en cinquième, elle est un peu à la peine, surtout dans les longues rampes autoroutières. En outre, le couple peu généreux du 1,4 l n'aide pas à la relance, et l'architecture haute de la carrosserie pénalise l'aérodynamisme.
Pour sa part, la Fusion n'a pas une silhouette de missile, mais son moteur 1.6 16V, fort de 100 ch pousse l'air avec vigueur. Cette mécanique alerte est rarement prise en défaut et travaille dans la discrétion. Du coup, la Fusion apparaît mieux adaptée aux escapades de week-end et aux voyages. En revanche, si la campagne semble plus lointaine avec l'Idea, celle-ci consomme moins que la Fusion (environ 0,5 l de moins aux 100 km).
CHASSIS. En accord avec sa vocation d'urbaine à tout faire, l'Idea profite d'une direction très souple en ville (fonction City) qui facilite les manoeuvres et l'agilité.
Relativement étroite, la Fiat se glisse sans mal dans des trous de souris. Sur route, l'italienne file bon train en toute décontraction. Tout juste peut-on lui reprocher une direction qui gomme trop le travail des roues avant. Pas idéal pour bien sentir la route. De même, il faut composer avec quelques trépidations de la suspension au détriment du confort et un roulis un peu trop prononcé. Rien de rédhibitoire toutefois. L'Idea souffre en fait de la comparaison avec la Fusion, dont le châssis propose une bonne répartition entre confort de roulement, stabilité et précision de conduite. Nos deux rivales peuvent en outre être dotées d'un antidérapage ESP, celui de la Fiat étant toutefois moins cher (450 ¤ contre 600 ¤).
VIE A BORD. En gagnant de la hauteur, le but du jeu est de proposer une meilleure sensation d'espace et, par là même, d'améliorer le bien-être des passagers. Ici, l'Idea toise franchement sa concurrente (de 13 cm). Il faut dire que, avec 1,66 m de long, l'italienne bat des records, 4 cm de plus, par exemple, que la Renault Scénic, qui appartient à la catégorie supérieure ! Disposer d'un vaste habitacle, c'est bien ; l'exploiter à bon escient, c'est mieux. Sur ce point, l'Idea rend une belle copie. La planche de bord est agréable à l'oeil, la présentation générale est flatteuse, et la finition ne prête pas le flanc à la critique. La position de conduite est facile à trouver grâce aux réglages amples du volant, en hauteur et en profondeur, et les accoudoirs, en série sur cette finition Emotion, sont bien pratiques.
Dans la Fusion, le volant ne se règle qu'en hauteur, et sur une amplitude plus faible, mais cela n'empêche pas d'être bien installé. En revanche, les plastiques durs, les teintes sombres des matériaux et la planche de bord sans saveur contribuent à créer une ambiance bien plus terne que dans l'Idea.
A bord de cette dernière, les rangements foisonnent. Lunettes de soleil, cartes routières, sodas, téléphone portable, boîte de mouchoirs, CD... chaque chose trouvera sa place, que ce soit dans les deux grands bacs au-dessus de la planche de bord, dans les « rigoles » de part et d'autre de la console centrale, dans la capucine, ou encore dans les petits compartiments situés au niveau du plafonnier. En face, la Fusion est beaucoup plus pingre. Certes, il existe un réceptacle en haut de la planche de bord, mais nous ne sommes pas parvenu à le déverrouiller ! Cette finition Plus offre aussi un grand module amovible clipsé à l'arrière, mais qui condamne une place en supprimant le coussin central !
La modularité est l'autre raison d'être de ces voitures. Avec ses dossiers arrière inclinables et ses assises de sièges arrière coulissantes, la Fiat est encore un ton au-dessus. En revanche, une fois pliés, les sièges arrière fractionnables en 2/3-1/3 restent encombrants. Pour faciliter la manoeuvre de pliage, les vérins de maintien sont bienvenus.
Sur les deux modèles, il est aussi possible de plier en deux le siège avant du passager pour transporter de longs objets. Question chargement, la Fusion profite de sa longueur supérieure pour proposer un meilleur volume de coffre, mais celui de la Fiat est modulable grâce à la banquette coulissante. Enfin, l'Idea pense aux familles en proposant la déconnexion de l'airbag du passager avant, impossible sur la Fusion.
EQUIPEMENT. Présentée ici dans sa finition la plus haute - Emotion -, l'Idea fait le plein d'équipement. Une dotation digne d'un véhicule de la catégorie supérieure, avec une climatisation automatique à deux zones, un radar de recul et quatre vitres électriques. Si l'on veut la moderniser, le prix des options est en outre raisonnable (voir tableau). Un conseil, optez pour les commandes de la radio au volant (70 ¤) car la touche de réglage du volume sur le poste est d'une préhension peu aisée. Si cet équipement est en série sur la Fusion Plus, c'est bien le seul avantage de la Ford. La Fusion est moins bien dotée, et certains équipements de la Fiat lui sont interdits (capteur de pluie et climatisation automatique, par exemple). Quand on sait que son tarif est plus salé (16 250 ¤ contre 15 100 ¤), on réalise à quel point la Fusion Plus présente un rapport entre prix et équipement défavorable face à une italienne qui réalise ici un sans-faute.































