- Fiat :
Disponible
Moteur : 54 ch
Prix : 8 500 ¤ - Daewoo :
Disponible
Moteur : 51 ch
Prix : 8 500 ¤
Il aura fallu vingt-trois ans à Fiat avant de sérieusement renouveler son offre de petite voiture populaire, sa spécialité. Pourtant, ce n'est pas les projets qui ont manqué. Tenez, lorsque Ital Design-Giugiaro propose un prototype de micro-monospace rigolo aux airs de grenouille avec cinq portes et de l'espace, Fiat le refuse, au contraire de Daewoo qui en fera la Matiz.
Avec son dessin monovolume, la coréenne offre une silhouette de monospace, ce qui a de bénéfiques répercussions sur son volume habitable, et une face avant avec de grands yeux ronds. De dimensions plus ténues, la coréenne semble menue à côté de la Fiat, large d'épaules. Plus conventionnelle, la Panda est aussi plus sophistiquée dans son dessin. La ligne supérieure arquée des fenêtres latérales, l'arrière très droit flanqué de deux feux dignes d'une Volvo break et les petites roues disposées aux quatre coins de la voiture lui donnent un aspect dynamique et sympathique. Il lui manque juste un « regard » plus expressif.
MECANIQUE. Pour ces modèles d'entrée de gamme, prix d'achat et économie d'usage sont les maîtres mots. On y trouve donc des mécaniques éprouvées à la puissance modeste. Sous le capot de la Fiat il s'agit du bloc Fire qui équipait déjà l'ancienne génération. Dans cette version de 1,1 l, il développe 54 ch, ce qui permet d'emmener les 840 kg à 150 km/h au maximum. Ce moteur est à la fois plus performant et plus sobre que le trois-cylindres d'origine Suzuki de la Daewoo. La Panda passe ainsi de 0 à 100 km/h en 15", au lieu de 17"6 pour sa rivale, avec une consommation moyenne limitée à 5,7 l aux 100 km au lieu de 6,1 l.
Au volant, cette différence n'apparaît pas de manière flagrante, d'autant que la Daewoo offre un agrément de conduite supérieur grâce à la joie de vivre communicative de son moteur de 51 ch. Très enjoué, ce dernier émet une sonorité particulière et bénéficie d'un comportement volontaire en montant dans les tours. A côté, le quatre-cylindres Fire paraît fade, même s'il a de beaux restes après plus de 10 millions d'exemplaires produits. Autant la Fiat est bien secondée par une excellente commande de boîte, avec un levier idéalement situé sur la planche de bord, autant la Daewoo gâche une partie de la fête avec une commande de boîte accrocheuse assez désagréable.
CHASSIS. La Panda a été élaborée sur une base de Punto raccourcie à l'arrière. On est donc en droit d'en attendre un comportement routier digne de la catégorie supérieure, mais ce n'est pas tout à fait le cas. Dotée d'une bonne tenue de cap, la petite Fiat manque en effet d'efficacité en virage, même si elle n'en devient pas piégeuse. Son bon amortissement lui permet de conserver de saines réactions sur les routes bosselées.
La Matiz a plus de mal à rester unie dans ces cas-là, mais elle se montre assez précise et stable. Plus incisive et encore plus légère (776 kg), la coréenne bénéficie d'une direction à assistance classique, alors que la Fiat a recours au système Dual Drive. Cette assistance électrique propose deux niveaux, dont un nommé City, théoriquement surassisté pour les manoeuvres, qui ne nous a pas convaincus. Son assistance trop puissante retire le peu de sensations au volant que la direction laisse en mode normal.
Attention, leurs freinages sans ABS (en option sur la Fiat) demandent une attention soutenue sous la pluie.
VIE A BORD. Malgré une allure plus proche de celle d'un monospace pour la Matiz, c'est dans la Panda que la position de conduite est la plus en hauteur. Elle peut être judicieusement ajustée grâce au volant réglable. Mais, au niveau de l'habitabilité, la Daewoo prend le large. Il ne manque pourtant pas grand-chose à la Fiat. Notamment l'option banquette coulissante (disponible au début de 2004 à 220 ¤), les passagers arrière manquant vraiment d'espace aux genoux. Heureusement, ils peuvent bien glisser leurs pieds sous les sièges avant. A l'avant, c'est en largeur que l'on est gêné, la faute aux contre-portes et à la console centrale envahissante.
Les rangements, répartis dans l'habitacle, sont nombreux, et les tissus des sièges de cette version Active égayent l'habitacle. En outre, la Panda affiche un niveau de qualité perçue étonnant. Le bruit mat des portes et du hayon, les arrimages costauds des différents éléments et la solide tablette arrière rassurent sur le sérieux de construction. Une impression confirmée en roulant par une bonne insonorisation et une filtration remarquable des aspérités de la route.
A côté, la Matiz semble bien rustique avec ses tôles toutes fines et son bruit de roulement supérieur. Certes, les passagers y sont plus à l'aise, et elle reçoit cinq personnes , contre quatre dans la Fiat (cinq en option), mais elle se cantonne à un usage urbain.
EQUIPEMENT. Vendues 8 500 ¤, ces citadines sont des deuxièmes voitures raisonnables qui offrent un équipement décent (voir tableau). Dans la Fiat, il faudra recourir aux options pour l'autoradio ou... la prise 12 volts, deux éléments en série sur la coréenne. En revanche, la Panda peut recevoir l'ABS. Toutes deux ont droit à une présentation extérieure soignée avec des pare-chocs peints et des baguettes de protection autour de la carrosserie, indispensables en usage urbain. Manque juste des rétroviseurs asphériques pour combler les angles morts.
CONCLUSION. Etonnamment cossue pour son prix et sa vocation, le petite Fiat est une bonne surprise. Bien conçue, agréable à vivre et bien équipée, elle offre des prestations supérieures à celles de sa rivale. Mais la Matiz conserve en ville un agrément de conduite supérieur grâce à son petit moteur original.


























