Lancée en octobre 2001, la gamme Stilo devait permettre à Fiat de se replacer sur le marché disputé des familiales compactes. Remplaçante des discrètes Bravo et Brava, la nouvelle venue a endossé le rôle de challengeur face aux indétrônables Volkswagen Golf, Ford Focus, Opel Astra ou Peugeot 307. Le chemin de la rédemption passait aussi par une amélioration de la qualité et de la finition. Un an et demi après son lancement, le bilan est en dessous des objectifs mais, à sa décharge, la Stilo a connu un début de carrière chaotique, entaché par les déboires du groupe italien.
Si les versions à trois et à cinq portes arborent dorénavant le même patronyme, elles affichent des styles bien distincts. Au dessin râblé et sportif du modèle à trois portes, la Stilo à cinq portes oppose un gabarit généreux et une allure plus classique. Plus longue de 7 cm et plus haute de 5 cm, cette dernière adopte, comme la 307, une architecture haute qui fait la part belle à l'habitabilité. Pour honorer son statut de familiale, la Stilo joue sur le registre de la modularité et offre des subtilités telles que la banquette arrière coulissante ou le dossier du siège passager rabattable.
En revanche, le volume de coffre, qui est plus important sur la version à cinq portes (335 l contre 305 l) n'a rien d'exceptionnel. Les sièges ne brillent pas non plus par leur confort, la recherche d'une bonne position de conduite ressemblant à un casse-tête chinois, surtout pour les grands. Le bas du dossier se creuse lorsque l'on règle la hauteur de l'assise et on ressent un point dur au niveau des reins... A l'arrière, la banquette est extrêmement ferme. Néanmoins, les efforts réalisés en termes d'assemblage et de qualité perçue sont notoires, même si l'ensemble n'est pas encore au niveau des meilleures berlines européennes. D'un côté, le revêtement de la planche de bord à l'aspect caoutchouteux est flatteur mais, de l'autre, le plastique bon marché des contre-portes et du volant est dévalorisant.
Basée sur une plate-forme inédite, la Stilo affiche une tenue de route sans histoire. Le comportement de ses suspensions rappelle d'ailleurs étrangement celui de la Golf. Dans la recherche d'un compromis entre le confort et une tenue de route irréprochable, les ingénieurs italiens ont favorisé le premier. Sans dégrader l'efficacité de la Stilo, les suspensions trop souples entraînent une prise de roulis prononcée dans les virages et un effet de pompage sur chaussée dégradée. La direction à assistance électrique reste, elle, imprécise et floue. Ce manque de rigueur est contrebalancé par le moelleux des suspensions. Une partie de ces désagréments est annihilé sur la version sportive Abarth qui a reçu un châssis incisif. Epaulée par l'électronique, la Stilo ne fournit pas de mauvaise surprise et son freinage est efficace.
L'italienne embarque des moteurs connus et fiables. Trois blocs constituent la gamme à essence : 1.6 16V de 103 ch, 1.8 16V de 133 ch et le cinq-cylindres 2.4 de 170 ch réservé à l'Abarth. En diesel, la Stilo est équipée du 1.9 JTD de 115 ch. Début 2002, elle a reçu l'appui de deux blocs d'entrée de gamme, les 1.2 16V et 1.9 JTD de 80 ch. Crédité de 62,57 % des ventes, le 1.9 JTD ne démérite pas. Très linéaire, il est agréable à utiliser et assure d'honorables performances. Seules sa sonorité à bas régime et les remontées de vibrations dans l'habitacle lui sont reprochées.
L'offre en occasion est bien présente chez les professionnels, avec surtout des véhicules de retour de location et du personnel Fiat (www.atoutfiat.com). Bien équipée et proposée à des tarifs compétitifs, la Stilo est une alternative avantageuse aux stars du marché.















































