- Réplique de la GT 40 lancée en 1964
- Produite à 101 exemplaires pour l'Europe (7 en France)
- Livraison au printemps 2005
- 170 000 ¤ env.
Comme on le dit souvent les légendes ne meurent jamais. Si certaines restent à tout jamais gravées dans les mémoires, il y en a d'autres qui renaissent un jour ou l'autre au gré de la volonté d'un constructeur. Pour Ford, la célébration du centenaire de la marque fut l'occasion de faire revivre l'une de ses plus belles créations : la GT 40, quatre fois victorieuse aux 24 Heures du Mans, de 1966 à 1969, mettant fin à la domination de Ferrari et de Porsche. Signe du destin, la GT réintègre, quarante après son illustre aînée, le cercle fermé des voitures d'exception. Quelques mois avant sa livraison, la GT a fait escale en France. L'occasion rêvée pour essayer l'unique exemplaire disponible pour l'heure en Europe sur le circuit de Mortefontaine, au nord de Paris. Un rendez-vous qu'aucun amateur d'automobiles n'aurait raté pour rien au monde.
D'emblée, la filiation avec la GT 40 est flagrante. Pourtant la version 2005 est loin d'être une copie conforme puisqu'elle fait appelle à des techniques d'avant-garde (châssis en treillis en aluminium rigide, suspension à double triangulation...). Toute la difficulté a été de concevoir une voiture moderne sans dénaturer le style du modèle originel. Le résultat est éblouissant. Pourtant, les ingénieurs ont du se résoudre à de menus sacrifices pour améliorer le confort intérieur avec une ligne de toit surélevée de 17 mm et une longueur portée à 4,643 m, soit 46 cm de plus que l'ancienne.
Une fois à bord, c'est une autre chanson. L'habitacle, résolument moderne, a délaissé l'ambiance spartiate du modèle des années 60 pour une ambiance plus confortable : sellerie en cuir, inserts en aluminium brossé, etc.). De même, au niveau de l'équipement, la GT s'est embourgeoisée en proposant la climatisation, la radio CD, l'ordinateur de bord... Malgré cela, le cockpit respire la sportivité, même si l'on peut regretter que le mélodieux V8, trop insonorisé, ne donne pas à bord la quintessence de sa partition. Engoncé dans le siège baquet, le pilote ne peut que s'extasier en voyant dans le rétroviseur intérieur la mécanique de l'américaine.
Une fois démarrée, la GT surprend par sa prise en main aisée mais les 550 ch du coeur de la bête et surtout les 677 Nm de couple calment tout excès de zèle. D'autant que la puissance n'est transmise qu'aux roues arrière et que les aides à la conduite sont aux abonnés absents.
Virile, la direction se révèle d'une précision chirurgicale alors que les commandes de boîte et d'embrayage font dans la douceur et la progressivité. Moins puissante que ses rivales italiennes et allemandes, la Ford arrive, par son poids contenu à 1 597 kg, à proposer des performances de tout premier plan, avec une vitesse de pointe de 330 km/h et une accélération de 0 à 100 km/h avalée en 3,9 s. Des chiffres qui lui permettent de tenir la dragée haute à la Lamborghini Murcielago, à la Mercedes SLR et à la Porsche Carrera GT, excusez du peu.
Facturée environ 170 000 ¤, la Ford GT dispose du meilleur rapport entre prix et performances de la catégorie. D'ailleurs les amateurs de supercars ne s'y sont pas trompés puisque, sur les sept exemplaires prévus pour la France, ce sont plus de soixante clients qui se sont manifestés auprès du constructeur. Ce qui pourrait peut-être pousser Ford à produire plus de véhicules que prévu face à l'engouement suscité par cette légendaire sportive.














