Coincés entre une image vieillotte et le développement des monospaces de tous gabarits, les breaks soignent leur présentation afin d'accréditer la thèse selon laquelle ils restent des berlines, mais en proposant des volumes habitables et de chargement plus vastes. C'est le point de vue de Ford qui enjolive, par des épaisses moquettes claires, l'habitacle géant de son nouveau Clipper - n'allez surtout pas demander la version break !
Pendant que Ford fait le coquet, Peugeot joue sur le côté « professionnel » de la formule, en proposant une voiture pratique et efficace pour la version break de sa 406. Ces deux véhicules sont motorisés par des blocs à essence de deux litres, et,
pour le prix, Ford reste très raisonnable avec une offre à 138 000 F et un équipement alléchant, alors que la Peugeot, pourtant moins luxueuse, réclame un supplément de 5 000 F.
Moteur
Sur le papier, les mécaniques à essence de deux litres sont ultramodernes. Sous le capot du Clipper, le nouveau bloc Ford, utilisé sur la berline, développe une puissance de 145 ch et une très belle valeur de couple. Face à lui, la mécanique EW développée par Peugeot et qui anime déjà les 406 depuis deux ans et les 206 S 16, offre pour sa part une puissance de 138 ch à 6 000 tr/min et 190 Nm de couple à 4 100 tr/min.
Si, sur le papier, Ford semble avoir l'avantage, en réalité les choses sont un peu différentes, le Clipper, plus lourd et plus encombrant, ne devance pas sa concurrente. En reprise, sur le dernier rapport, la Mondeo prend son temps, la rétrogradation n'est pas indispensable, mais bienvenue pour un minimum d'efficacité. De manière générale, le Clipper se déplace efficacement et discrètement,
acceptant docilement les petits régimes et chuchotant à voix basse. Le bilan sonore se trouve malheureusement handicapé par de nombreux bruits aérodynamiques, notamment en provenance des rétroviseurs qui ternissent la note globale en matière de confort. Précise et franche, la commande de boîte complète une bonne impression générale sur les performances de ce nouveau Clipper.
Chez Peugeot, la 406 offre le petit quelque chose qui manque à sa concurrente. Un brin de nervosité supplémentaire et une réserve de puissance suffisante pour dépasser en toute sécurité les véhicules lents. Ce break est parfaitement dans le coup pour rouler loin, en charge et efficacement. Des qualités qui ne se payent pas à la pompe, face à un Clipper glouton (12,5 l aux 100 km) là où la 406 consomme à peine 11 litres et dispose d'un réservoir d'une capacité supérieure de 12 litres, qui lui permet 150 km en plus d'autonomie.
Châssis
Sur ce point, la bonne surprise nous vient de chez Ford qui s'offre un Clipper diablement efficace et
agréable. Les liaisons au sol, concrétisées par de grandes roues de 16 pouces, garantissent une tenue de route sécurisante, précise et agile. La direction, parfaitement assistée, se montre légère à basse vitesse et précise à vitesse soutenue. Les freins rassurent par un sentiment de puissance et l'ABS reste discret. En action, la voiture se montre donc efficace aussi bien sur une petite route que sur parcours autoroutier. Face à la Peugeot 406, qui fait office de référence sur le sujet, la Mondeo fait a peu près jeu égal. Une petite réserve, toutefois, pour la qualité de l'amortissement qui manque de rigueur pour contenir tous les mouvements de caisse, notamment en virage. Nous avons relevé également quelques problèmes de motricité sur une chaussée détrempée. Ces remarques révélées par une conduite active n'affectent heureusement que le confort, mais pas le comportement du Clipper.
La version break de la 406 reprend les qualités de la berline. Techniquement, seule la barre antidévers diffère par un diamètre inférieur (22 mm au lieu de 22,5 mm).
Vie à bord
Les imposantes dimensions extérieures sont parfaitement exploitées chez Ford ; le Clipper, avec sa carrosserie cubique, offre un habitacle géant. Joli coup de crayon au niveau du hayon qui, malgré une position verticale, profitable au volume intérieur, reste agréable à l'oeil. Plus vaste, l'habitacle de la Mondeo, notamment pour les jambes des passagers arrière et du coffre, offre une présentation plus soignée, notamment avec ses moquettes claires, ses petites touches de chrome (poignées de porte et crochets d'arrimage) et un pare-chocs peint au niveau du seuil de chargement. Incontestablement élégant, trop peut-être pour ceux qui transportent autre chose qu'un sac de golf une fois par semaine. Pour les empilages sans ménagement, le break 406 est plus adapté grâce à une construction solide et moins bourgeoise. A noter aussi que la Peugeot présente un accès nettement plus facile aux places arrière, avec des portes plus grandes. En matière de modularité, elle prend également l'avantage par une banquette entièrement escamotable (assise comprise) qui permet un plancher parfaitement plat. Nos deux protagonistes disposent d'un cache-bagages, souple et facile à utiliser chez Ford, semi-rigide et plus encombrant à l'usage pour la Peugeot.
Au volant de ces deux breaks, leurs vocations distinctes se retrouvent également sur la planche de bord. Sobre et élégante sur le Clipper, elle est égayée de plastiques claires dans sa partie inférieure et d'inserts couleur aluminium sur le volant. La finition trébuche sur quelques détails, notamment sur le choix de certains matériaux ou la présence d'une montre analogique.
Sur la 406, l'ensemble est traité de façon plus uniforme, austère au goût de certains, mais
l'ergonomie et l'ensemble des commandes ne soulèvent aucune critique. Dans les deux cas, ces automobiles invitent confortablement au voyage cinq personnes. Toutefois, le conducteur de la Ford profite d'un siège parfaitement dessiné avec un très bon maintien latéral. A noter que, sur option, la 406 peut offrir sept places. Dans ce cas, le compartiment de charge abrite une petite banquette escamotable « dos à la route ». Cette solution, réservée aux enfants, présente l'avantage de disparaître complètement sous le plancher, sans empiéter sur le volume intérieur.
Equipements
Fidèle à sa philosophie, Ford marque les esprits avec un tarif calculé au plus juste et un équipement complet. Ainsi la finition Ghia affichée au prix de 138 000 F propose en série : la climatisation automatique, les jantes en alliage, l'ordinateur de bord, le lecteur CD, les vitres et les rétros électriques, les projecteurs antibrouillard, les six airbags, et le réglage en hauteur électrique du siège conducteur. Chez Peugeot, ce niveau d'équipement correspond à la finition SV commercialisée à 158 500 F. Sur la version ST, affichée à 143 000 F, les jantes en alliage, et le réglage électrique du siège conducteur passent à la trappe. Côté finances, choisir son camp est donc assez rapide, le Clipper Ghia, moins cher, est mieux équipé, et les options restent rares : alarme (1 000 F), ESP (4 000 F), sellerie en cuir (8 000 F), toit ouvrant (4 000 F), peinture métal (2 500 F).
Bilan
Le tarif de la Mondeo Clipper reste son point fort, d'autant qu'elle possède d'autres atouts : une mécanique efficace, un confort agréable, une présentation soignée et une habitabilité record. Sur quelques points, la Peugeot 406 break fait mieux, notamment en action, mais l'écart est minime vu la différence de prix. Cet écart, injustifié, bénéficie incontestablement à Ford qui a visé juste avec sa nouveauté et qui remporte tous les suffrages.
















































